Huile essentielle de Lemongrass (Cymbopogon flexuosus)

Résumé : L’huile essentielle de Lemongrass, ici l’espèce originaire de l’Inde de l’est (Cymbopogon flexuosus), est distillée à partir des parties aériennes d’une graminée tropicale du genre Cymbopogon. Sa composition, largement dominée par les aldéhydes terpéniques du citral (néral et géranial), lui confère des propriétés digestives, vasodilatatrices, anti-inflammatoires et sédatives bien documentées par la littérature aromathérapeutique de référence, ainsi qu’un usage traditionnel dans l’accompagnement de la cellulite et des troubles neurovégétatifs. Son appellation anglo-saxonne « lemongrass » est fréquemment confondue en français avec la citronnelle, alors qu’il s’agit d’espèces botaniquement distinctes aux profils et précautions d’emploi différents.

Note : les informations ci-dessous sont données à titre documentaire et ne remplacent pas un avis médical ou pharmaceutique. Toute utilisation d’huile essentielle, y compris par voie cutanée diluée, doit tenir compte du terrain de la personne, de son âge et de ses antécédents.

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Qu’est-ce que l’huile essentielle de Lemongrass ?

Le Lemongrass, botaniquement Cymbopogon flexuosus (Steud.) Wats., est une plante herbacée vivace de la famille des Poacées (graminées), originaire des régions tropicales d’Asie, en particulier de l’Inde, où elle est cultivée à grande échelle : c’est cette origine, « l’Inde de l’est », qui caractérise l’huile traitée dans cette fiche. La plante présente de nombreuses feuilles longues et étroites, retombantes, aux bords coupants, pouvant atteindre deux mètres, de teinte vert clair, ainsi que des tiges et des inflorescences linéaires. Le froissement des feuilles dégage une forte odeur citronnée, à l’origine de son appellation parfois rencontrée de « citronnelle ». L’huile essentielle est obtenue par distillation à la vapeur d’eau de l’herbe (les parties aériennes).

C’est précisément cette proximité de nom qui entretient une confusion fréquente en français : le terme anglais « lemongrass » est parfois employé à tort comme simple synonyme de « citronnelle », alors qu’il s’agit d’espèces botaniquement distinctes au sein du même genre Cymbopogon. Le Lemongrass regroupe en réalité deux espèces très proches, parfois considérées comme synonymes par certains auteurs : Cymbopogon citratus, plus originaire d’Amérique latine et d’Afrique, et Cymbopogon flexuosus, cultivée principalement en Inde et souvent désignée comme « Lemongrass de l’Inde ». C’est cette seconde espèce, Cymbopogon flexuosus, qui correspond au Lemongrass de l’Inde de l’est traité dans cette fiche. Le Lemongrass ne doit pas être confondu avec la Citronnelle de Java (Cymbopogon winterianus), une autre espèce du même genre dont l’huile essentielle est dominée par le citronnellal et non par le citral, ni avec la Litsée citronnée (Litsea cubeba), une huile également très riche en citral mais issue d’un arbre lauracée sans aucun lien botanique avec les Poacées. Ces trois huiles essentielles, bien que parfois confondues par leur odeur citronnée commune, ne sont pas interchangeables sur le plan de la composition ni des précautions d’emploi.

Bienfaits et propriétés

Propriétés principales

  1. Vasodilatatrice. C’est l’une des propriétés les plus fortement cotées de cette huile essentielle par la littérature aromathérapeutique de référence, qui la situe à un niveau très élevé.
  2. Sédative. Une action apaisante sur le système nerveux également cotée à un niveau très élevé, cohérente avec son usage traditionnel dans l’accompagnement du stress et des dystonies neurovégétatives.
  3. Tonique digestive. Une activité de soutien de la fonction digestive et hépatique, cotée à un niveau élevé, qui explique son usage traditionnel dans les insuffisances digestives et hépatiques.
  4. Anti-inflammatoire. Une propriété cotée à un niveau élevé par la littérature de référence, et confirmée par des travaux scientifiques récents portant spécifiquement sur des cellules humaines exposées à cette espèce.
  5. Antalgique. Une action sur la douleur, rapportée par voie orale comme par voie locale, en particulier dans le cadre des douleurs articulaires et de la sphère ORL.
  6. Anti-infectieuse à spectre étroit. Une activité antibactérienne et antifongique, décrite comme notable bien que ciblée sur un spectre restreint de germes, avec des travaux scientifiques récents confirmant une action antifongique et anti-inflammatoire conjointe.

Propriétés énergétiques

Dans le registre traditionnel de l’aromathérapie énergétique, le Lemongrass est présenté comme une huile essentielle négativante, qui contribue à rééquilibrer un système nerveux sympathique en état de suractivation et à apaiser les tensions internes. Ce registre relève du savoir traditionnel en aromathérapie énergétique et non d’une validation scientifique.

Autres bienfaits

  • Répulsive vis-à-vis de certains insectes piqueurs, dont les moustiques, en usage traditionnel
  • Assainissante en diffusion atmosphérique, pour purifier l’air intérieur
  • Traditionnellement associée au confort circulatoire (artérite) en complément d’une prise en charge médicale adaptée

Utilisations pratiques

Confort digestif et hépatique. C’est l’une des indications traditionnelles les mieux établies de cette huile essentielle : en usage cutané dilué, en massage sur le foie ou l’abdomen, elle accompagne les paresses digestives et hépatiques, les coliques et la dyspepsie, toujours en synergie avec d’autres huiles essentielles digestives.

Cellulite et confort circulatoire. Le Lemongrass est traditionnellement utilisé en massage local, dilué dans une huile végétale, pour accompagner la cellulite et les difficultés circulatoires de type artérite, en complément d’un suivi médical pour cette dernière indication.

Dystonie neurovégétative et stress. Sa double action sédative et négativante en fait une huile essentielle traditionnellement mobilisée pour accompagner les dystonies neurovégétatives, la nervosité et les états de fatigue psychique, en diffusion atmosphérique ou en application cutanée diluée.

Répulsion des insectes. Le Lemongrass entre dans la composition de synergies répulsives contre les moustiques, en application cutanée très diluée ou en spray sur les textiles, toujours associé à d’autres huiles essentielles et jamais utilisé pur en raison de son potentiel irritant. Pour un panorama plus large des huiles essentielles utilisables contre les insectes, voir cet article dédié au répulsif insecte et aux huiles essentielles, qui présente notamment une synergie associant le Lemongrass au géranium rosat.

Sphère ORL et cutanée. Les ouvrages de référence en aromathérapie rapportent un usage traditionnel du Lemongrass, en synergie et fortement dilué, pour accompagner les inflammations de la sphère ORL et certaines affections cutanées à composante virale, toujours sous réserve d’un encadrement par un professionnel de santé formé à l’aromathérapie pour ce type d’usage.

Comment utiliser le Lemongrass ?

Mode d’utilisationDilution / dosage indicatifConseils
Cutanée (voie de prédilection)Diluée dans une huile végétale, sans dépasser 30 % de la préparationNe jamais appliquer pure compte tenu de son potentiel irritant ; test de tolérance préalable recommandé
Diffusion atmosphériqueQuelques gouttes en synergie, par courtes séquencesPièce ventilée, éviter les diffusions prolongées en continu
BainQuelques gouttes dans un dispersant adaptéNe jamais verser directement dans l’eau du bain
OraleRéservée à un encadrement professionnelÀ proscrire en autogestion compte tenu du potentiel irritant sur les muqueuses digestives

Les repères de dilution par voie et par public, rapportés par Dominique Baudoux pour le Lemongrass, donnent les indications suivantes : voie cutanée non recommandée chez le bébé de moins d’un an, puis 5 % de un à trente mois, 10 % chez la femme enceinte ou allaitante, et jusqu’à 20 % chez les patients au terrain neurologique fragilisé ; voie orale ou sublinguale non recommandée avant trente mois, puis réservée à la femme allaitante (15 %) ou aux patients neurologiquement affectés (20 %) ; voie rectale non recommandée avant un an, puis de 10 à 20 % selon l’âge et le terrain ; voie olfactive de 10 à 20 % selon les publics. Ces pourcentages désignent la proportion maximale d’huile essentielle dans le mélange final, à adapter au cas par cas et, pour les voies internes, sous encadrement professionnel.

Synergies recommandées

Huiles essentielles associées

  • Thym à thujanol, pour les synergies de la sphère ORL en cas d’angine ou de laryngite
  • Menthe poivrée, pour les synergies cutanées locales sur les affections virales de la peau
  • Niaouli, pour renforcer l’action anti-infectieuse en synergie cutanée
  • Camomille matricaire, pour l’apaisement cutané en complément de l’action anti-inflammatoire
  • Hélichryse italienne, pour les synergies circulatoires en cas d’artérite
  • Épinette noire, en complément des synergies circulatoires et toniques
  • Géranium rosat, pour les synergies répulsives contre les moustiques

Huiles végétales associées recommandées

  • Huile végétale de noyau d’abricot, comme support de dilution pour les préparations orales encadrées ou cutanées
  • Huile de calendula (macération), pour les applications locales apaisantes sur peau sensible

Précautions d’emploi

Aucune contre-indication majeure n’est rapportée aux doses physiologiques par les ouvrages de référence en aromathérapie, mais cette huile essentielle demande une vigilance réelle en raison de sa forte teneur en aldéhydes terpéniques (citral). Ces molécules exposent à un risque d’irritation cutanée en cas d’usage pur ou trop concentré : la dilution dans une huile végétale est impérative, sans dépasser 30 % de la préparation selon les repères rapportés par Dominique Baudoux. Le Lemongrass contient par ailleurs des allergènes et impose, chez les personnes à terrain allergique, un test de tolérance préalable au pli du coude avant toute application cutanée.

Sur le plan toxicologique, la dose létale 50 (DL50) rapportée par voie orale comme par voie dermique est supérieure à 5 g/kg, une valeur qui situe cette huile essentielle parmi les huiles essentielles à faible toxicité aiguë. Une partie de la littérature professionnelle en aromathérapie déconseille son usage durant les trois premiers mois de la grossesse. Au-delà de cette période, comme chez la femme allaitante, le nourrisson, le jeune enfant et les patients présentant une fragilité neurologique, l’usage reste possible selon les repères de dilution donnés plus haut, mais doit être encadré par un professionnel de santé formé à l’aromathérapie.

Cette huile essentielle doit être conservée à l’abri de la lumière et de la chaleur, dans un flacon bien fermé, et tenue hors de portée des enfants.

Composition biochimique

L’huile essentielle de Lemongrass (Cymbopogon flexuosus) doit son profil biochimique et olfactif à une très forte proportion d’aldéhydes terpéniques, en particulier le citral, constitué de ses deux isomères géranial et néral, accompagnés d’alcools monoterpéniques et sesquiterpéniques minoritaires.

Famille biochimiqueConstituants principauxProportion approximative
Aldéhydes monoterpéniquesCitral (géranial environ 46 à 50 %, néral environ 28 à 35 %)60 à 85 %
Alcools monoterpéniquesAlpha-terpinéol, bornéol, géraniol, nérolEnviron 5 à 10 %
Alcools sesquiterpéniquesFarnésolEnviron 13 %
Aldéhydes sesquiterpéniquesFarnésalEnviron 3 %
Esters terpéniquesAcétate de néryleEnviron 5 %

Les proportions exactes de géranial et de néral varient selon les sources consultées et selon l’origine géographique des lots, un phénomène courant pour les huiles essentielles de graminées tropicales. C’est cette dominance très nette du citral qui explique à la fois les propriétés anti-inflammatoires et antifongiques du Lemongrass, et son potentiel irritant et allergisant à l’état pur.

Références bibliographiques

Ouvrages

  • Franchomme P., Jollois R., Pénoël D., L’aromathérapie exactement, Roger Jollois Éditeur, 2001.
  • Baudoux D., Aromathérapie : se soigner par les huiles essentielles, Éditions Amyris / Dunod, 2017.

Études scientifiques (PubMed)

  • Han X., Parker T.L., « Lemongrass (Cymbopogon flexuosus) essential oil demonstrated anti-inflammatory effect in pre-inflamed human dermal fibroblasts », Biochimie Open, 2017. PMID 29450147. Étude in vitro sur des fibroblastes dermiques humains préalablement inflammés, montrant une inhibition de plusieurs biomarqueurs inflammatoires (dont VCAM-1) par l’huile essentielle entière de Cymbopogon flexuosus.
  • Boukhatem M.N. et al., « Lemon grass (Cymbopogon citratus) essential oil as a potent anti-inflammatory and antifungal drugs », Libyan Journal of Medicine, 2014, 9:25431. PMID 25242268. Étude portant sur l’espèce Cymbopogon citratus, proche du Cymbopogon flexuosus, montrant une activité antifongique contre Candida albicans, Candida tropicalis et Aspergillus niger, ainsi qu’une action anti-inflammatoire.
  • Tiwari M. et al., « Evaluation of repellent activities of Cymbopogon essential oils against mosquito vectors of malaria, filariasis, and dengue fever », Journal of the American Mosquito Control Association, 2010. PMID 23195906. Étude comparant plusieurs espèces de Cymbopogon, dont le Lemongrass, sur leur activité répulsive vis-à-vis d’Anopheles stephensi, Culex quinquefasciatus et Aedes aegypti, en laboratoire et sur le terrain.

Foire aux questions

Peut-on appliquer l’huile essentielle de Lemongrass pure sur la peau ?

Non. Sa forte teneur en citral, un aldéhyde terpénique, expose à un risque d’irritation en cas d’usage pur. Elle doit toujours être diluée dans une huile végétale, sans dépasser 30 % de la préparation, et un test de tolérance préalable est recommandé chez les personnes à terrain allergique.

Le Lemongrass est-il utile contre la cellulite ?

C’est l’une de ses indications traditionnelles les mieux établies par la littérature aromathérapeutique de référence. Il est traditionnellement utilisé en application locale diluée, en massage, souvent en synergie avec d’autres huiles essentielles à visée circulatoire.

L’huile essentielle de Lemongrass repousse-t-elle les moustiques ?

Des travaux scientifiques ont évalué l’activité répulsive de plusieurs espèces de Cymbopogon, dont le Lemongrass, contre des moustiques vecteurs du paludisme, de la filariose et de la dengue, avec une efficacité de niveau modéré à élevé selon les espèces testées. Cette action reste toutefois traditionnellement associée à d’autres huiles essentielles en synergie, jamais utilisée pure sur la peau.

Peut-on utiliser le Lemongrass pendant la grossesse ?

La prudence est de mise. Une partie de la littérature professionnelle en aromathérapie déconseille son usage durant les trois premiers mois de la grossesse. Au-delà, un usage cutané très dilué reste envisageable selon les repères de dilution donnés dans cette fiche, mais doit être discuté avec un professionnel de santé formé à l’aromathérapie.

Quelle est la différence entre le Lemongrass et le Palmarosa ?

Les deux appartiennent au même genre botanique Cymbopogon, mais le Palmarosa (Cymbopogon martinii) est dominé par le géraniol, un alcool monoterpénique, ce qui lui confère un profil beaucoup plus doux et cutané. Le Lemongrass, dominé par les aldéhydes du citral, est plus irritant à l’état pur et orienté vers l’action digestive, vasodilatatrice et anti-inflammatoire.

Lemongrass, Citronnelle de Java, Litsée citronnée : comment ne pas les confondre ?

Ce sont trois huiles essentielles distinctes, souvent confondues en raison de leur odeur citronnée commune et de la traduction anglaise approximative du mot « citronnelle ». Le Lemongrass (Cymbopogon flexuosus, ou Cymbopogon citratus selon les origines) est une graminée dont l’huile est dominée par le citral (géranial et néral). La Citronnelle de Java (Cymbopogon winterianus) appartient au même genre botanique mais son huile est dominée par le citronnellal, une molécule différente bien que chimiquement apparentée. La Litsée citronnée (Litsea cubeba) est, quant à elle, une Lauracée sans aucun lien botanique avec les Poacées, bien que son huile soit elle aussi très riche en citral. Ces trois huiles essentielles ne sont pas interchangeables : leurs propriétés dominantes, leurs cotations traditionnelles et leurs précautions d’emploi diffèrent, même si elles partagent une famille chimique proche (aldéhydes terpéniques citronellal/citral).