Hydrolat de Myrte vert (Myrtus communis, chémotype cinéole)
Résumé : L’hydrolat de Myrte vert est le coproduit aqueux de la distillation à la vapeur d’eau des feuilles de Myrtus communis, un arbuste du maquis méditerranéen. Il est traditionnellement rattaché au chémotype à cinéole de cette espèce, celui-là même dont est issue l’huile essentielle de Myrte vert à cinéole, ce qui le distingue du myrte rouge sur le plan botanique. Il est reconnu par la littérature spécialisée des hydrolats pour un usage doux sur les voies respiratoires hautes, un effet apaisant sur les yeux irrités et une action tonique sur les peaux mixtes à grasses. Nettement moins concentré que l’huile essentielle, il convient à un usage quotidien, y compris en accompagnement doux de la sphère ORL de l’enfant.
➤ Note : Cette fiche a une visée exclusivement informative et éditoriale. Elle ne remplace pas un avis médical, en particulier chez le jeune enfant, pendant la grossesse et l’allaitement, ou en cas d’affection persistante.
Tout savoir sur l’hydrolat de Myrte vert – Navigation rapide dans l’article
- Qu’est-ce que l’hydrolat de Myrte vert ?
- Bienfaits et propriétés
- Utilisations pratiques
- Comment utiliser l’hydrolat de Myrte vert ?
- Synergies recommandées
- Précautions d’emploi
- Profil aromatique
- Références bibliographiques
- Foire aux questions
Qu’est-ce que l’hydrolat de Myrte vert ?
Myrtus communis est un arbuste buissonnant toujours vert du bassin méditerranéen, où il pousse spontanément en maquis et en garrigue. Il peut atteindre plusieurs mètres de hauteur, porte des feuilles opposées, ovales et vernissées, et développe de mai à octobre selon les régions des fleurs blanches solitaires très odorantes, suivies de petites baies bleu foncé à pourpre noir. Dans l’Antiquité méditerranéenne, la plante occupait une place symbolique importante : les Grecs la consacraient à Aphrodite, déesse de l’amour et de la beauté, et la tradition de couronner les jeunes mariées de myrte remonte à cette époque. Le myrte est également cité dans des textes bibliques, où il entre dans la composition du loulav, un bouquet rituel utilisé par les Hébreux lors de la fête juive des Tabernacles, aux côtés du palmier, du saule et du cédrat.
L’hydrolat, aussi appelé eau florale, est le coproduit aqueux obtenu lors de la distillation à la vapeur d’eau des feuilles et des jeunes rameaux feuillés de la plante : la vapeur charge une partie des molécules aromatiques hydrosolubles, qui se retrouvent dans cette eau après condensation et séparation de l’huile essentielle. Il conserve ainsi une fraction des composés actifs de la plante, mais dans une concentration très inférieure à celle de l’huile essentielle, ce qui en autorise un usage plus doux et plus large, y compris chez des publics pour lesquels l’huile essentielle est déconseillée. Son odeur est décrite comme verte, fraîche, légèrement camphrée et mentholée, et sa saveur comme amère avec une légère note de menthe.
Myrtus communis existe sous plusieurs chémotypes, c’est-à-dire des variantes biochimiques d’une même espèce botanique selon l’origine géographique et les conditions de culture. Le myrte vert, parfois désigné myrte commun à cinéole, correspond au chémotype dont la biochimie est dominée par le 1,8-cinéole, un composé de la famille des oxydes terpéniques. C’est ce même chémotype qui donne l’huile essentielle de Myrte vert à cinéole déjà présentée sur ce site. Il se distingue, uniquement sur le plan botanique et géographique, du myrte rouge, un autre chémotype de la même espèce, dominé par l’acétate de myrtényle, un ester terpénique, et généralement originaire d’Afrique du Nord, tandis que le chémotype à cinéole est plutôt associé au sud de la France, à la Corse et à la Turquie. Ces deux chémotypes ne doivent pas être confondus, y compris pour leurs hydrolats respectifs, dont les usages traditionnels ne se recoupent pas totalement.
Bienfaits et propriétés
Propriétés principales
- Mucolytique, expectorant et apaisant pour les voies respiratoires hautes : c’est l’usage le plus documenté de cet hydrolat dans la littérature spécialisée. Il est traditionnellement employé pour dégager les voies nasales et calmer les toux grasses, en cas de rhinite, de sinusite ou de bronchite.
- Décongestionnant et apaisant oculaire : l’hydrolat de myrte est cité parmi le très petit nombre d’hydrolats considérés comme adaptés à un usage en bain oculaire, aux côtés de la camomille romaine, de la camomille allemande et du bleuet, pour soulager les yeux irrités, fatigués ou touchés par une inflammation.
- Tonique et astringent cutané : il est traditionnellement utilisé comme tonique pour les peaux mixtes, grasses, ternes ou dévitalisées, ainsi que sur les peaux à tendance acnéique.
- Purifiant et antifongique léger : il est associé, en usage traditionnel, à un effet purifiant sur la peau en cas de mycose ou de rosacée, généralement en complément d’autres soins.
Propriétés énergétiques
Dans le registre traditionnel de l’hydrolathérapie énergétique, présenté ici à titre culturel et non scientifique, l’hydrolat de Myrte vert est associé à une action purifiante et équilibrante face aux émotions extrêmes, à la nervosité et à l’agitation. Cette approche traditionnelle le décrit comme un soutien possible dans l’accompagnement de dépendances diverses et des attitudes marquées par la rigidité ou l’obstination, en aidant à retrouver davantage de souplesse et d’ouverture d’esprit.
Autres bienfaits
- Un usage traditionnel en infusion, pour un effet rafraîchissant associé à un soutien du confort respiratoire.
- Une cure interne de quarante jours, traditionnellement proposée en hydrolathérapie pour accompagner le sevrage tabagique, en complément d’autres approches.
Utilisations pratiques
Confort respiratoire (voies hautes) En cas de rhinite, de sinusite ou de rhume, l’hydrolat de Myrte vert est traditionnellement utilisé en spray nasal pour dégager les voies respiratoires hautes, ou en inhalation de vapeur pour compléter cette action. Il peut également être pris en cure interne diluée dans de l’eau, sur une période limitée, pour accompagner un épisode hivernal ou une bronchite productive.
Confort cutané Vaporisé pur ou appliqué à l’aide d’un coton, il sert de tonique pour les peaux mixtes ou grasses, dans une routine visant à resserrer l’aspect des pores et à redonner de l’éclat à un teint terne. Il peut aussi être utilisé en compresse locale sur des zones à tendance acnéique ou sur une peau irritée.
Sphère ORL douce chez l’enfant La littérature consacrée aux hydrolats décrit un usage en friction sur le thorax et le haut du dos de l’enfant en cas d’encombrement respiratoire, un mode d’application externe considéré comme plus doux que la voie interne ou l’inhalation directe. Cet usage reste à adapter selon l’âge de l’enfant, et un avis professionnel est recommandé en cas de doute ou de symptômes persistants.
Confort oculaire En bain oculaire ou en compresse, généralement en mélange à parts égales avec de l’eau distillée stérile ou avec un hydrolat de camomille romaine, il est traditionnellement utilisé pour apaiser les yeux irrités, secs ou fatigués. Une hygiène rigoureuse du contenant et du produit est indispensable pour tout usage oculaire, afin d’éviter tout risque de contamination.
Comment utiliser l’hydrolat de Myrte vert ?
| Usage | Mode d’application | Dilution ou dosage indicatif |
|---|---|---|
| Cure interne (confort respiratoire) | Dilué dans de l’eau à boire dans la journée | Deux cuillères à soupe dans un litre d’eau, cure de dix à vingt jours |
| Spray nasal (rhinite, sinusite) | Vaporisation nasale directe | Pur, plusieurs fois par jour |
| Inhalation (encombrement respiratoire) | Inhalation de vapeur | Deux à quatre cuillères à soupe dans un bol d’eau bouillante |
| Friction thorax et dos (enfant et adulte) | Application cutanée directe | Pur, en friction, deux fois par jour |
| Bain oculaire ou compresse (yeux irrités) | Compresse ou bain oculaire avec œillère | Mélangé à parts égales avec de l’eau distillée stérile, une à deux fois par jour |
| Tonique cutané (peau mixte à grasse) | Vaporisation ou application au coton | Pur, une à deux fois par jour |
| Bain aromatique | Ajouté à l’eau du bain | Cinquante à cent millilitres d’hydrolat par bain |
Synergies recommandées
L’hydrolat, phase aqueuse, ne se mélange pas naturellement à une huile essentielle ou une huile végétale, lipophiles. Pour un usage respiratoire, l’huile essentielle se diffuse ou s’inhale séparément de l’hydrolat ; sur la peau, appliquer l’hydrolat en compresse puis l’huile essentielle diluée dans une huile végétale une fois la zone sèche.
Huiles essentielles associées
- Myrte vert à cinéole, pour renforcer l’action respiratoire de l’hydrolat lorsqu’une action plus concentrée est nécessaire, en respectant les précautions propres à cette huile essentielle.
- Eucalyptus radié, réputée pour sa bonne tolérance et son tropisme respiratoire, en complément dans un contexte familial.
- Niaouli, autre myrtacée à l’action antiseptique reconnue sur la sphère ORL, en complément de l’usage oculaire et respiratoire de l’hydrolat.
- Ravintsara, en synergie hivernale classique pour soutenir le confort respiratoire et immunitaire.
Huiles végétales associées recommandées
- Huile végétale de jojoba, régulatrice de sébum, en complément du soin des peaux mixtes à grasses accompagnées par l’hydrolat.
- Huile végétale de noisette, à la texture fine, pour compléter un soin du visage sur peau terne ou dévitalisée.
Précautions d’emploi
- Les sources consultées pour cette fiche ne rapportent pas de contre-indication spécifique et documentée pour l’hydrolat de Myrte vert lui-même, en dehors de la prudence générale déjà mentionnée en tête de cette fiche pour la grossesse, l’allaitement et le jeune enfant.
- Comme pour tout hydrolat, l’usage interne doit être réservé à un produit certifié de qualité alimentaire, conservé à l’abri de la lumière et de la chaleur.
- Pour tout usage en bain oculaire, une hygiène stricte du contenant et du produit est indispensable afin d’éviter tout risque de contamination microbienne.
- En cas d’affection respiratoire, oculaire ou cutanée qui persiste au-delà de quelques jours ou qui s’aggrave, il est recommandé de consulter un professionnel de santé plutôt que de prolonger seul l’usage de l’hydrolat.
Conservation : la durée de conservation usuelle de cet hydrolat, dans de bonnes conditions, est de l’ordre de douze mois. Il doit être conservé à l’abri de la lumière et de la chaleur, flacon soigneusement refermé après chaque utilisation, hors de portée des enfants, et idéalement réfrigéré après ouverture.
Profil aromatique
D’après la littérature spécialisée sur les hydrolats, les familles aromatiques majoritaires retrouvées dans l’hydrolat de Myrte vert sont des alcools terpéniques, notamment le terpinéol, le linalol et le myrténol, aux côtés du 1,8-cinéole, un oxyde terpénique qui constitue le marqueur du chémotype cinéole. Ce composé n’est présent qu’à l’état de traces dans l’hydrolat, très loin des teneurs observées dans l’huile essentielle du même chémotype, où le 1,8-cinéole et l’alpha-pinène forment l’essentiel de la composition. Cette différence de concentration explique pourquoi l’hydrolat, bien qu’issu de la même plante et du même chémotype que l’huile essentielle, présente un profil d’usage beaucoup plus doux.
Le pH indicatif de l’hydrolat de Myrte vert se situe entre 5,7 et 6,0 selon les mesures publiées, une valeur proche de la neutralité qui le rend bien toléré par la peau et les muqueuses. Sa durée de conservation usuelle, dans de bonnes conditions de stockage, est de l’ordre de douze mois.
Références bibliographiques
Ouvrages
- Dalmas, Patricia. Guide des eaux florales et hydrolats. Éditions Médicis, 2012 (rééditions 2016, 2019).
- Bosson, Lydia. Hydrolathérapie. Bruxelles : Éditions Amyris, 2015.
- Catty, Susanne. Hydrosols: The Next Aromatherapy. Healing Arts Press, 2001.
- Baudoux, Dominique. Aromathérapie. Dunod, 2017.
- Faucon, Michel. Traité d’aromathérapie scientifique et médicale, les hydrolats. Éditions Le sang de la Terre, 2018.
Études scientifiques (PubMed)
- Ben Hsouna A. et al., « Myrtus communis Essential Oil: Chemical Composition and Antimicrobial Activities against Food Spoilage Pathogens », Chemistry & Biodiversity, 2014. PMID 24706627. Étude portant sur l’huile essentielle des feuilles, pas sur l’hydrolat lui-même.
- Bouzabata A. et al., « Myrtus communis L. as source of a bioactive and safe essential oil », Food and Chemical Toxicology, 2015. PMID 25446467. Étude également centrée sur l’huile essentielle.
La recherche indexée sur PubMed consacrée spécifiquement à l’hydrolat de Myrtus communis reste très limitée : la grande majorité des publications disponibles portent sur l’huile essentielle ou sur des extraits de feuilles, de fruits ou de fleurs, et non sur le coproduit aqueux de distillation. Les données propres à l’hydrolat proviennent donc essentiellement des guides spécialisés en hydrolathérapie cités ci-dessus.
Foire aux questions
Quelle est la différence entre l’hydrolat de Myrte vert et l’hydrolat de Myrte rouge ?
Ce sont les coproduits aqueux de deux chémotypes distincts de la même espèce botanique, Myrtus communis. Le myrte vert correspond au chémotype à cinéole, dont la biochimie est dominée par le 1,8-cinéole, tandis que le myrte rouge correspond au chémotype à acétate de myrtényle. Cette fiche traite exclusivement de l’hydrolat de Myrte vert.
Le chémotype cinéole de cet hydrolat est-il confirmé ?
La désignation courante de cet hydrolat, parfois formulée comme myrte commun à cinéole, le rattache au chémotype à cinéole de Myrtus communis, celui-là même dont est issue l’huile essentielle de Myrte vert à cinéole. Les hydrolats étant toutefois beaucoup moins riches en molécules aromatiques que les huiles essentielles, cette information doit être comprise comme une indication d’origine botanique plutôt que comme une garantie d’une teneur précise en 1,8-cinéole, qui n’est présente qu’à l’état de traces dans l’eau florale.
Peut-on utiliser l’hydrolat de Myrte vert chez l’enfant ?
La littérature spécialisée décrit un usage externe en friction sur le thorax et le dos en cas d’encombrement respiratoire chez l’enfant, un mode d’application doux. Les sources consultées pour cette fiche ne détaillent pas de posologie interne spécifique par tranche d’âge : un avis professionnel est recommandé avant tout usage interne chez le jeune enfant.
L’hydrolat de Myrte vert peut-il remplacer l’huile essentielle du même chémotype ?
Non. L’hydrolat contient une fraction hydrosoluble des mêmes familles de molécules, mais en concentration très inférieure à celle de l’huile essentielle. Il convient à un usage doux et quotidien, notamment chez des publics pour lesquels l’huile essentielle est déconseillée, mais ne présente pas la même intensité d’action.
Peut-on utiliser cet hydrolat en bain oculaire ?
Il fait partie du très petit nombre d’hydrolats traditionnellement considérés comme adaptés à un usage en bain oculaire, avec la camomille romaine, la camomille allemande et le bleuet. Une hygiène stricte du contenant et du produit reste indispensable pour ce type d’usage.
Existe-t-il des études scientifiques spécifiques à l’hydrolat de Myrte vert ?
Les publications indexées sur PubMed concernant Myrtus communis portent presque exclusivement sur l’huile essentielle ou sur des extraits de la plante, et très rarement sur l’hydrolat lui-même. Les informations propres à l’hydrolat s’appuient donc principalement sur les guides de référence en hydrolathérapie.