Huile essentielle de Myrte vert à cinéole (Myrtus communis CT cinéole)
Résumé : L’huile essentielle de Myrte vert à cinéole est obtenue par distillation des feuilles de Myrtus communis, un arbuste du maquis méditerranéen de la famille des Myrtacées. Cette fiche traite exclusivement du chémotype à cinéole, dit myrte vert, dont la biochimie dominée par le 1,8-cinéole et l’alpha-pinène diffère nettement de celle du myrte rouge et du myrte citronné. Elle est reconnue en aromathérapie pour une action anticatarrhale et expectorante particulièrement marquée sur la sphère respiratoire et ORL, ainsi que pour une propriété relaxante favorisant l’endormissement. Elle est également documentée pour son action décongestionnante veineuse, lymphatique et prostatique, et pour un tropisme endocrinien sur la thyroïde.
➤ Note : Les informations présentées dans cette fiche sont fournies à titre documentaire et ne remplacent en aucun cas un avis médical ou la consultation d’un professionnel de santé qualifié en aromathérapie. Une huile essentielle est un produit concentré et actif : respectez systématiquement les dilutions, les voies d’administration et les précautions d’emploi indiquées plus bas, et demandez conseil avant toute utilisation chez la femme enceinte ou allaitante, chez l’enfant, ou en cas de pathologie ou de traitement en cours.
Tout savoir sur le Myrte vert à cinéole – Navigation rapide dans l’article
- Qu’est-ce que le Myrte vert à cinéole ?
- Bienfaits et propriétés
- Utilisations pratiques
- Comment utiliser le Myrte vert à cinéole ?
- Synergies recommandées
- Précautions d’emploi
- Composition biochimique
- Références bibliographiques
- Foire aux questions
Qu’est-ce que le Myrte vert à cinéole ?
Myrtus communis est un arbuste buissonnant toujours vert, originaire du pourtour méditerranéen, où il pousse spontanément en maquis et en garrigue jusqu’à plusieurs centaines de mètres d’altitude. D’une hauteur pouvant atteindre 5 mètres, ses feuilles sont opposées, ovales, coriaces, luisantes et parsemées de glandes à essence visibles par transparence lorsqu’on les observe à la lumière. Sa floraison, blanche et solitaire, s’étale de mai à octobre selon les régions, et ses fruits sont de petites baies noires utilisées localement, notamment en Corse, pour la fabrication d’une liqueur traditionnelle. L’huile essentielle est obtenue par distillation par entraînement à la vapeur d’eau des feuilles et des jeunes rameaux feuillés. Le point le plus important à retenir concerne la précision chémotypique : Myrtus communis existe sous plusieurs chémotypes, dont la biochimie et donc les propriétés diffèrent sensiblement. Cette fiche traite exclusivement du chémotype à cinéole, dit myrte vert ou myrte commun à cinéole, caractérisé par une teneur élevée en 1,8-cinéole associée à une proportion notable de pinènes. Selon Dominique Baudoux, ce chémotype provient principalement de Corse et de Turquie, tandis que d’autres sources situent également son origine au Maroc ; cette variation reflète la diversité géographique bien documentée de l’espèce, dont la composition évolue fortement selon le terroir. Il s’oppose, sur le plan botanique et biochimique, au chémotype à acétate de myrtényle, dit myrte rouge, plus riche en esters terpéniques et généralement originaire d’Afrique du Nord. Une distinction essentielle à ne jamais perdre de vue : trois huiles essentielles portent, dans le langage courant, un nom évoquant le myrte, et elles ne doivent jamais être substituées l’une à l’autre dans une synergie. Le myrte vert à cinéole, traité ici, est le chémotype de Myrtus communis dominé par le 1,8-cinéole et l’alpha-pinène, à tropisme principalement respiratoire et ORL. Le myrte rouge est un autre chémotype de la même espèce botanique, dominé par l’acétate de myrtényle, dont le tropisme est avant tout circulatoire, veineux et digestif, avec une biochimie et des indications sensiblement différentes de celles présentées dans cette fiche. Le myrte citronné, ou myrte ou tea tree citronné, n’est quant à lui pas un chémotype de Myrtus communis mais une plante distincte, riche en aldéhydes terpéniques (néral et géranial, dits citrals), dont le profil est principalement anti-infectieux à large spectre et apaisant sur le plan cutané et nerveux, sans lien biochimique avec le myrte vert à cinéole. Confondre ces trois huiles essentielles, que ce soit à l’achat ou dans une formulation, revient à substituer des profils thérapeutiques très différents.Bienfaits et propriétés
Propriétés principales- L’huile essentielle de Myrte vert à cinéole possède une action anticatarrhale et expectorante considérée comme l’une des plus puissantes de cette huile essentielle par la littérature aromathérapeutique de référence. Elle fluidifie les sécrétions bronchiques et facilite leur évacuation, ce qui en fait une huile de premier plan pour les affections respiratoires productives.
- Elle est également reconnue pour une action relaxante marquée, qui prépare au sommeil : cette propriété, rapportée de façon concordante par plusieurs sources aromathérapeutiques, en fait une huile essentielle appréciée dans l’accompagnement des troubles de l’endormissement.
- Elle présente une action anti-infectieuse notable sur la sphère respiratoire, même si les sources consultées ne s’accordent pas totalement sur l’intensité exacte de cette propriété : certaines la situent à un niveau élevé, d’autres à un niveau modéré. Elle est en tout état de cause reconnue comme utile en complément d’autres huiles essentielles anti-infectieuses lors des épisodes hivernaux.
- Elle est décrite comme décongestionnante veineuse, lymphatique et prostatique, une propriété documentée de façon notable, bien que moins intense que sa fonction respiratoire. Elle est utilisée en complément dans l’accompagnement de la sensation de jambes lourdes, des troubles circulatoires légers et du confort prostatique.
- Elle possède une action hépato-stimulante, rapportée par plusieurs sources comme une propriété secondaire mais réelle, en cohérence avec le rôle plus général du foie dans le métabolisme des huiles essentielles riches en oxydes terpéniques.
- Elle est reconnue comme stimulante endocrinienne, en particulier sur le plan thyroïdien, propriété confirmée par plusieurs sources de façon concordante et notable. Certaines sources élargissent ce tropisme hormonal à l’axe ovarien.
- Elle possède enfin une action antispasmodique légère, tonique et astringente pour la peau, ainsi qu’une action antitussive, propriétés secondaires mais bien réelles qui complètent son profil respiratoire et cutané.
Propriétés énergétiques
Dans le registre traditionnel de l’aromathérapie énergétique, présenté ici à titre culturel et non scientifique, le Myrte vert à cinéole est associé à une action de clarification du souffle et de la parole. Il est traditionnellement utilisé pour accompagner le sevrage du tabac, l’odeur fraîche et boisée de cette huile essentielle étant décrite comme apaisant l’envie de fumer en olfaction. Il est également rattaché, dans cette approche traditionnelle, au soutien de la communication et à l’expression de soi, en particulier lorsque les tensions de la sphère ORL ou respiratoire sont vécues comme un frein à la parole. Cette dimension symbolique, propre au chémotype à cinéole, est distincte du registre énergétique attribué au myrte rouge, davantage centré sur le cœur et les émotions.Autres bienfaits
- Une odeur fraîche, herbacée, boisée et légèrement mentholée, appréciée en diffusion atmosphérique hivernale.
- Un usage cosmétique traditionnel pour les peaux matures, en raison de ses propriétés toniques et astringentes.
- Un usage traditionnel décrit pour fortifier les cils et sourcils clairsemés, en application locale très diluée.
- Une huile essentielle documentée pour un usage par plusieurs voies (cutanée, orale encadrée, olfactive), ce qui en fait un outil polyvalent en aromathérapie familiale, sous réserve du respect strict des précautions d’usage.
Utilisations pratiques
Confort respiratoire et ORL (usage principal) C’est l’usage le plus documenté de cette huile essentielle. En cas de rhume, sinusite, bronchite productive ou toux grasse, l’huile essentielle de Myrte vert à cinéole est traditionnellement appliquée diluée en massage sur le thorax et le haut du dos, ou diffusée dans l’atmosphère pour assainir l’air ambiant en période d’épidémie hivernale. Elle est fréquemment associée à d’autres huiles essentielles à tropisme respiratoire pour renforcer son action expectorante. Sphère ORL de l’enfant Le myrte vert à cinéole est une huile essentielle particulièrement citée dans la littérature d’aromathérapie familiale pour l’accompagnement des affections respiratoires productives de l’enfant, notamment en cas de bronchite ou d’encombrement nasal. Sa teneur en 1,8-cinéole impose toutefois une vigilance particulière chez le jeune enfant : comme pour toute huile essentielle riche en cinéole, son usage chez l’enfant doit rester encadré, en dilution adaptée à l’âge et toujours en synergie avec des huiles essentielles ne contenant pas elles-mêmes de cinéole, jamais en application concentrée près du visage. Sommeil et détente En cas de difficulté d’endormissement, quelques gouttes diluées peuvent être appliquées sur la voûte plantaire ou le plexus solaire au coucher, en synergie avec d’autres huiles essentielles à tropisme relaxant. Cette propriété inductrice de sommeil, rapportée de façon concordante par plusieurs sources, distingue le myrte vert à cinéole de nombreuses autres huiles essentielles à cinéole, généralement plutôt toniques. Confort circulatoire et prostatique En massage local, diluée dans une huile végétale, elle peut être appliquée en mouvements doux sur les jambes en cas de sensation de jambes lourdes, ou utilisée en complément dans l’accompagnement du confort prostatique, en synergie avec d’autres huiles essentielles à tropisme circulatoire ou urinaire. Soutien thyroïdien En cas d’hypothyroïdie légère, l’huile essentielle de Myrte vert à cinéole est traditionnellement appliquée diluée à la base du cou, sur la zone thyroïdienne, en synergie avec d’autres huiles essentielles à tropisme endocrinien. Cet usage doit être encadré par un professionnel de santé, en particulier en cas de pathologie thyroïdienne diagnostiquée ou de traitement hormonal en cours. Usage cosmétique Très diluée dans une huile végétale, elle est utilisée en application locale sur les peaux matures pour son effet tonique et astringent, ou sur les cils et sourcils clairsemés en application ponctuelle avec un applicateur adapté, en évitant tout contact avec l’œil.Comment utiliser le Myrte vert à cinéole ?
| Usage | Voie d’administration | Dilution / dosage indicatif |
|---|---|---|
| Massage thoracique et dorsal (confort respiratoire, adulte) | Voie cutanée | Diluée entre 10 et 20 % dans une huile végétale, en massage sur le thorax et le haut du dos, deux à trois fois par jour |
| Application chez l’enfant (sphère ORL) | Voie cutanée, toujours diluée | Fortement diluée en synergie avec des huiles essentielles sans cinéole, sous réserve d’un avis professionnel préalable pour les enfants de moins de six ans |
| Application plantaire ou plexus (endormissement) | Voie cutanée localisée | Quelques gouttes diluées à 20 % dans une huile végétale, au coucher |
| Massage circulatoire (jambes lourdes) | Voie cutanée | Diluée entre 10 et 20 % dans une huile végétale, en massage doux et ascendant |
| Application locale (zone thyroïdienne) | Voie cutanée localisée | Diluée à 10 ou 20 % dans une huile végétale, application à la base du cou, sous avis professionnel |
| Diffusion atmosphérique | Voie olfactive | Quelques minutes, en mélange avec d’autres huiles essentielles, plusieurs fois par jour, hors présence de nourrisson ou d’animal domestique dans la pièce |
| Usage cosmétique (peaux matures, cils et sourcils) | Voie cutanée localisée | Très fortement diluée dans une huile végétale, application ponctuelle avec un applicateur adapté |
| Voie orale | Voie orale | Usage documenté dans la littérature professionnelle, à réserver à une prescription ou un encadrement par un praticien formé |
Synergies recommandées
Huiles essentielles associées- Ravintsara, en synergie antivirale et immunostimulante classique lors des infections respiratoires hivernales.
- Eucalyptus radié, pour renforcer l’action décongestionnante sur l’ensemble de l’arbre respiratoire.
- Niaouli, en association pour son action anti-infectieuse complémentaire sur la sphère ORL.
- Pin sylvestre, pour compléter l’action tonique et décongestionnante en cas de bronchite.
Huiles végétales associées recommandées
- Huile végétale de noisette, appréciée pour sa texture fine et sa bonne pénétration lors des massages thoraciques.
- Huile végétale de calophylle inophylle, classiquement utilisée en massage pour compléter l’action sur le confort circulatoire.
- Huile végétale d’amande douce, comme base neutre et bien tolérée pour les dilutions cutanées courantes, y compris chez l’enfant plus grand.
Précautions d’emploi
L’huile essentielle de Myrte vert à cinéole est riche en 1,8-cinéole. Comme pour toutes les huiles essentielles présentant cette caractéristique biochimique, elle est déconseillée par voie respiratoire non diluée ou en application proche du visage chez l’enfant de moins de six ans, en raison d’un risque de spasme des voies respiratoires largement documenté pour cette famille de composés. Chez l’enfant plus âgé, un usage cutané dilué, toujours en synergie avec des huiles essentielles ne contenant pas elles-mêmes de cinéole, reste préférable à un usage isolé, et l’avis d’un professionnel de santé formé à l’aromathérapie est recommandé. Par prudence, elle est déconseillée durant les trois premiers mois de la grossesse ainsi que pendant l’allaitement, sauf avis contraire d’un professionnel de santé qualifié. En raison de sa propriété stimulante sur l’axe endocrinien thyroïdien, documentée de façon concordante par plusieurs sources, la prudence est recommandée en cas de pathologie hormono-dépendante ou de traitement hormonal en cours ; un avis médical préalable est alors conseillé. Les personnes asthmatiques ou épileptiques doivent également demander un avis médical avant toute utilisation, comme pour l’ensemble des huiles essentielles riches en oxydes terpéniques. Les données toxicologiques disponibles rapportent une dose létale médiane (DL50) de l’ordre de 2,65 g/kg par voie orale et de 2,45 g/kg par voie cutanée chez l’animal, ce qui correspond à un profil de toxicité aiguë faible aux doses physiologiques usuelles. Comme pour toute huile essentielle, il convient néanmoins de respecter scrupuleusement les dilutions recommandées, d’éviter tout contact avec les yeux et les muqueuses, et de réaliser un test cutané au pli du coude avant une première utilisation. Conservation : à conserver à l’abri de la lumière et de la chaleur, flacon soigneusement refermé après chaque utilisation, hors de portée des enfants.Composition biochimique
| Famille biochimique | Composés principaux | Teneur indicative |
|---|---|---|
| Oxydes terpéniques | 1,8-cinéole (marqueur du chémotype) | De l’ordre de 45 à 50 % selon Dominique Baudoux ; d’autres analyses publiées situent cette teneur plutôt entre 20 et 30 % selon l’origine géographique |
| Monoterpènes | Alpha-pinène, bêta-pinène, limonène | De l’ordre de 20 à 25 % selon Dominique Baudoux ; certaines analyses publiées sur des échantillons corses ou tunisiens rapportent une teneur en alpha-pinène pouvant dépasser 50 %, faisant de ce composé le premier constituant selon l’origine |
| Alcools terpéniques | Linalol, myrténol, alpha-terpinéol | De l’ordre de 10 à 15 % |
| Esters terpéniques | Acétate de linalyle | Présent en proportion mineure |
| Sesquiterpènes | Bêta-caryophyllène, alpha-humulène | Présents en proportions mineures |
Références bibliographiques
Ouvrages- Baudoux D., Aromathérapie, Dunod, 2017.
- Franchomme P., Jollois R., Pénoël D., L’aromathérapie exactement, Éditions Roger Jollois, 2001.
Études scientifiques (PubMed)
- Caputo L. et al., « Chemical composition, antibiofilm, cytotoxic, and anti-acetylcholinesterase activities of Myrtus communis L. leaves essential oil », étude sur la composition chimique et les activités biologiques de l’huile essentielle de feuilles de Myrtus communis. PMID 35596201
- Ben Hsouna A. et al., « Myrtus communis Essential Oil: Chemical Composition and Antimicrobial Activities against Food Spoilage Pathogens », Chemistry & Biodiversity, 2014. PMID 24706627
- Bouzabata A. et al., « Myrtus communis L. as source of a bioactive and safe essential oil », Food and Chemical Toxicology, 2015. PMID 25446467