Huile essentielle de Myrte rouge (Myrtus communis)

Résumé : L’huile essentielle de Myrte rouge est obtenue par distillation des feuilles de Myrtus communis, un arbuste méditerranéen de la famille des Myrtacées. Cette fiche traite exclusivement du chémotype à acétate de myrtényle, dit myrte rouge, dont la biochimie et les indications diffèrent de celles du myrte à cinéole. Elle est reconnue en aromathérapie scientifique pour son action antispasmodique et pour une propriété décongestionnante veineuse et lymphatique particulièrement marquée, ce qui en fait une huile essentielle de référence pour le confort circulatoire. Elle est également documentée pour son tropisme respiratoire, son usage traditionnel en cas de troubles digestifs spasmodiques et sa place dans le registre de l’aromathérapie énergétique.

Note : Les informations présentées dans cette fiche sont fournies à titre documentaire et ne remplacent en aucun cas un avis médical ou la consultation d’un professionnel de santé qualifié en aromathérapie. Une huile essentielle est un produit concentré et actif : respectez systématiquement les dilutions, les voies d’administration et les précautions d’emploi indiquées plus bas, et demandez conseil avant toute utilisation chez la femme enceinte ou allaitante, chez l’enfant, ou en cas de pathologie ou de traitement en cours.

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Qu’est-ce que le Myrte rouge ?

Myrtus communis est un arbuste buissonnant toujours vert, originaire du pourtour méditerranéen, où il pousse spontanément en maquis et en garrigue jusqu’à plusieurs centaines de mètres d’altitude. D’une hauteur pouvant atteindre 5 mètres, il peut vivre plusieurs siècles. Ses rameaux sont très ramifiés, ses feuilles opposées, ovales, à pointe aiguë et vernissées de couleur vert foncé. La floraison débute en juin et fait apparaître, à l’aisselle des feuilles, des fleurs blanches solitaires à cinq pétales, portant une touffe centrale d’étamines bien visibles qui dégagent un parfum caractéristique. Les fruits sont de petites baies ovoïdes de couleur pourpre noir.

L’huile essentielle est obtenue par distillation par entraînement à la vapeur d’eau des feuilles de la plante. Selon la tradition classique, le myrte est associé depuis l’Antiquité gréco-romaine à des usages symboliques et cérémoniels, notamment dans la composition de couronnes végétales ; cette dimension historique s’ajoute à un usage botanique et médicinal beaucoup plus ancien du feuillage et des baies dans le bassin méditerranéen.

Le point le plus important à retenir concerne la précision chémotypique : Myrtus communis existe sous plusieurs chémotypes, dont la biochimie et donc les propriétés diffèrent sensiblement. Cette fiche traite exclusivement du chémotype à acétate de myrtényle, dit myrte rouge, caractérisé par une teneur notable en cet ester terpénique aux côtés d’oxydes et de monoterpènes. Il se distingue, sur le plan strictement botanique et documentaire, du chémotype à cinéole (parfois appelé myrte vert), dont la biochimie est dominée par le 1,8 cinéole et les propriétés davantage tournées vers l’action expectorante classique. Selon Dominique Baudoux, le myrte riche en acétate de myrtényle provient généralement d’Afrique du Nord, tandis que le myrte à dominante cinéole est plutôt originaire de Corse et de Turquie. Les deux chémotypes ne doivent pas être confondus, ni dans leur composition, ni dans leurs indications.

Bienfaits et propriétés

Propriétés principales

  1. L’huile essentielle de Myrte rouge possède une action antispasmodique reconnue, avec un tropisme thoraco-abdominal ; elle est décrite comme sympatholytique, c’est-à-dire capable de modérer l’activité du système nerveux sympathique.
  2. Sa propriété la plus marquante est une action décongestionnante veineuse et lymphatique particulièrement puissante, l’une des plus notables de cette huile essentielle selon la littérature aromathérapeutique de référence. Cette action en fait une huile de premier plan dans l’accompagnement du confort circulatoire, notamment en cas de sensation de jambes lourdes, de varices ou d’hémorroïdes, indications pour lesquelles son efficacité est également décrite comme très élevée.
  3. Elle est traditionnellement indiquée dans l’accompagnement de l’entérocolite spasmodique, des crampes d’estomac et des coliques, en cohérence avec son tropisme digestif et son action antispasmodique.
  4. Elle est utilisée en complément dans l’accompagnement des dysménorrhées (règles douloureuses), en synergie avec d’autres huiles essentielles à visée antispasmodique et hormone-like.
  5. Elle est reconnue comme décongestionnante lymphatique et prostatique, propriété qui la rapproche d’autres huiles essentielles utilisées pour le drainage.
  6. Elle présente un tropisme respiratoire documenté : elle est traditionnellement employée comme expectorante, mucolytique et anticatarrhale, et le massage drainant des espaces intercostaux avec cette huile essentielle est décrit par Franchomme, Jollois et Pénoël comme une technique majeure chez les personnes souffrant d’encombrement respiratoire.
  7. Elle est également considérée comme anti-infectieuse et comme un bon reconstituant général de l’organisme, et elle possède une action hypotensive documentée par la tradition aromathérapeutique.

Sur le plan scientifique, une revue de synthèse récente publiée en 2024 dans les Naunyn-Schmiedeberg’s Archives of Pharmacology recense, à l’échelle de l’espèce Myrtus communis dans son ensemble, un large éventail d’activités pharmacologiques : anti-inflammatoire, analgésique, antimicrobienne, antiparasitaire, antioxydante, antidiabétique, immunomodulatrice, ainsi que des effets protecteurs sur les plans dermatologique, cardiovasculaire, nerveux central et gastro-intestinal. Ces travaux confortent, à l’échelle du genre, la place du myrte dans la pharmacopée traditionnelle méditerranéenne, sans se substituer aux données spécifiques au chémotype à acétate de myrtényle traité ici.

Propriétés énergétiques

Dans le registre traditionnel de l’aromathérapie énergétique, présenté ici à titre culturel et non scientifique, le Myrte rouge est associé à une action de purification des corps subtils. Il est traditionnellement utilisé pour accompagner le sevrage de dépendances diverses, et pour aider à éloigner des états intérieurs tels que la jalousie, l’intolérance, le matérialisme excessif, le désespoir ou la peur de la maladie et de la mort. Il est dit donner du courage pour affronter les problèmes et les conflits, aider à se dégager de situations vécues comme sans issue et favoriser la cicatrisation de blessures psychiques importantes. Sur le plan émotionnel, il est considéré comme harmonisant, calmant, anxiolytique et euphorisant, et il est associé au développement de la joie ainsi qu’au sens de l’amour universel et de la communication sociale. Dans cette approche traditionnelle, il est rattaché aux chakras du cœur, du thymus et de la gorge.

Autres bienfaits

  • Une odeur fraîche et boisée, très appréciée en diffusion atmosphérique.
  • Un usage traditionnel comme antiseptique atmosphérique, notamment en période d’épidémies hivernales.
  • Une huile essentielle documentée pour un usage par toutes les voies, ce qui en fait un outil polyvalent en aromathérapie familiale, sous réserve du respect des précautions d’usage.

Utilisations pratiques

Confort circulatoire (jambes lourdes, varices, hémorroïdes)
C’est l’usage le plus documenté de cette huile essentielle. En massage local, diluée dans une huile végétale, elle est appliquée en mouvements doux orientés vers le haut, dans le sens du retour veineux, sur les jambes ou localement en cas d’hémorroïdes. Elle est fréquemment associée à d’autres huiles essentielles à tropisme circulatoire pour renforcer son action décongestionnante.

Confort digestif (spasmes, coliques, entérocolite)
En cas de crampes d’estomac, de coliques ou de spasmes intestinaux, l’huile essentielle de Myrte rouge peut être appliquée diluée en massage doux sur l’abdomen, en synergie avec d’autres huiles essentielles antispasmodiques digestives.

Confort féminin (dysménorrhée)
En complément d’une prise en charge plus globale, elle est utilisée en massage sur le bas-ventre en cas de règles douloureuses, généralement en association avec d’autres huiles essentielles à visée antispasmodique.

Confort respiratoire
En cas de bronches encombrées, le massage du thorax et du haut du dos avec cette huile essentielle diluée, en synergie avec d’autres huiles essentielles à tropisme respiratoire, est une pratique classique de l’aromathérapie familiale. Elle peut également être diffusée dans l’atmosphère en période d’infections respiratoires hivernales, pour assainir l’air ambiant.

Accompagnement émotionnel et rituel de bien-être
Dans une approche plus traditionnelle, quelques gouttes diluées peuvent être appliquées au niveau du thymus (haut du sternum) et respirées directement au flacon, en particulier lors de moments de tension émotionnelle ou pour accompagner un sevrage.

Comment utiliser le Myrte rouge ?

UsageVoie d’administrationDilution / dosage indicatif
Massage circulatoire (jambes, chevilles, varices)Voie cutanéeDiluée entre 10 et 20 % dans une huile végétale, en massage doux et ascendant, une à deux fois par jour
Application locale (hémorroïdes)Voie cutanée localiséeDiluée à 20 % dans une huile végétale, application locale douce
Massage abdominal (spasmes digestifs)Voie cutanéeDiluée à 20 % dans une huile végétale, sur le ventre, en mouvements circulaires
Massage thoracique (confort respiratoire)Voie cutanéeDiluée à 20 % dans une huile végétale, sur le thorax et le haut du dos, en synergie
Diffusion atmosphériqueVoie olfactiveQuelques minutes, en mélange avec d’autres huiles essentielles, plusieurs fois par jour
Bain aromatiqueVoie cutanée (bain)Toujours diluée dans une base dispersante avant ajout à l’eau du bain
Application ponctuelle (plexus, thymus)Voie cutanée localiséeUne à deux gouttes diluées, en application locale
Voie oraleVoie oraleUsage documenté dans la littérature professionnelle, à réserver à une prescription ou un encadrement par un praticien formé
Voie rectaleVoie rectaleUsage documenté dans la littérature professionnelle, à réserver à une préparation et une prescription professionnelles

Synergies recommandées

Huiles essentielles associées

  • Cyprès de Provence, pour renforcer l’action décongestionnante veineuse et le confort circulatoire.
  • Hélichryse italienne, en synergie classique dans l’accompagnement des varices et des hémorroïdes.
  • Genévrier, pour soutenir le drainage lymphatique.
  • Ravintsara, en synergie respiratoire lors des périodes hivernales.
  • Eucalyptus radié, pour compléter l’action sur la sphère respiratoire encombrée.
  • Camomille romaine, pour une synergie apaisante et harmonisante sur le plan émotionnel.

Huiles végétales associées recommandées

  • Huile végétale de noisette, pour les massages circulatoires des jambes, appréciée pour sa texture pénétrante.
  • Huile végétale de calophylle inophylle, classiquement utilisée en massage pour accompagner le confort veineux.
  • Huile végétale d’amande douce, comme base neutre et bien tolérée pour les dilutions cutanées courantes.

Précautions d’emploi

Selon les sources professionnelles consultées, aucune contre-indication n’est connue pour l’huile essentielle de Myrte rouge aux doses physiologiques usuelles. Elle est néanmoins déconseillée durant les trois premiers mois de la grossesse.

Comme pour toute huile essentielle, il convient de respecter les dilutions recommandées avant toute application cutanée, d’éviter tout contact avec les yeux et les muqueuses, et de réaliser un test cutané au pli du coude avant une première utilisation. L’usage chez le jeune enfant, la femme enceinte ou allaitante, ainsi que chez les personnes sous traitement médical, doit faire l’objet d’un avis préalable auprès d’un professionnel de santé ou d’un aromathérapeute qualifié.

Conservation : à conserver à l’abri de la lumière et de la chaleur, flacon soigneusement refermé après chaque utilisation, hors de portée des enfants.

Composition biochimique

Famille biochimiqueComposés principauxTeneur indicative
Esters terpéniquesAcétate de myrtényle (marqueur du chémotype), acétate de linalyle, acétate de bornyle, acétate de terpényleAcétate de myrtényle : de l’ordre de 10 à 21 % selon les échantillons analysés et l’origine géographique
Oxydes terpéniques1,8 cinéoleTeneur variable selon les échantillons et l’origine, de l’ordre de 16 à 45 %
MonoterpènesAlpha pinène, bêta pinène, limonène, para cymène, terpinolèneAlpha pinène notable ; autres composés présents en proportions mineures
Alcools monoterpéniquesLinalol, terpinène 1 ol 4, alpha terpinéol, myrténol, géraniolPrésents en proportions mineures à modérées
SesquiterpènesAlpha copaène, bêta caryophyllène, alpha humulène, delta cadinènePrésents en proportions mineures
Aldéhydes terpéniquesMyrténalPrésent en trace

La composition biochimique de l’huile essentielle de Myrte rouge varie naturellement selon l’origine géographique, le terroir et la période de récolte. Une étude tunisienne publiée en 2007 par Aidi Wannes et ses collègues a par exemple mesuré, sur des échantillons du chémotype à acétate de myrtényle, une teneur de cet ester avoisinant 20 %, aux côtés du 1,8 cinéole, de l’alpha pinène, du linalol et du limonène comme composés majoritaires.

Références bibliographiques

Ouvrages

  • Franchomme P., Jollois R., Pénoël D., L’aromathérapie exactement, Éditions Roger Jollois, 2001.
  • Baudoux D., Aromathérapie, Dunod, 2017.

Études scientifiques (PubMed)

  • Aidi Wannes W., Mhamdi B., Marzouk B., « Essential oil composition of two Myrtus communis L. varieties grown in North Tunisia », Italian Journal of Biochemistry, 2007. PMID 17722662
  • Ben Hsouna A. et al., « Myrtus communis Essential Oil: Chemical Composition and Antimicrobial Activities against Food Spoilage Pathogens », Chemistry & Biodiversity, 2014. PMID 24706627
  • Bouzabata A. et al., « Myrtus communis L. as source of a bioactive and safe essential oil », Food and Chemical Toxicology, 2015. PMID 25446467
  • Al-Snafi A. E. et al., « The therapeutic value of Myrtus communis L.: an updated review », Naunyn-Schmiedeberg’s Archives of Pharmacology, 2024. PMID 38319389

Foire aux questions

Quelle est la différence entre le myrte rouge, le myrte vert et le myrte citronné ?

Ce sont des plantes ou des chémotypes biochimiquement distincts. Le myrte rouge, traité dans cette fiche, correspond au chémotype à acétate de myrtényle de Myrtus communis. Le myrte vert correspond au chémotype à cinéole de la même espèce botanique, dont la biochimie et les indications diffèrent, en particulier une action expectorante plus marquée. Le myrte citronné, quant à lui, est une espèce botaniquement différente, dont la composition et les propriétés n’ont rien de commun avec le myrte rouge. Ces trois huiles essentielles ne doivent pas être confondues ni substituées l’une à l’autre.

Pour quels usages l’huile essentielle de Myrte rouge est elle la plus documentée ?

Elle est surtout reconnue pour son action décongestionnante veineuse et lymphatique, particulièrement utile en cas de jambes lourdes, de varices ou d’hémorroïdes. Elle est également documentée pour son action antispasmodique digestive et son tropisme respiratoire.

Peut-on utiliser l’huile essentielle de Myrte rouge pendant la grossesse ?

Elle est déconseillée durant les trois premiers mois de la grossesse. Au-delà, comme pour toute huile essentielle, un avis professionnel préalable est recommandé avant toute utilisation.

L’huile essentielle de Myrte rouge peut elle s’utiliser par voie orale ?

La voie orale fait partie des voies documentées dans la littérature professionnelle pour cette huile essentielle, mais elle doit être réservée à un encadrement par un praticien formé, qui adaptera la posologie à la situation individuelle.

Comment reconnaître la qualité d’une huile essentielle de Myrte rouge ?

Il convient de vérifier la dénomination botanique complète (Myrtus communis) ainsi que la précision du chémotype (acétate de myrtényle), l’organe distillé (la feuille), le mode d’extraction (distillation à la vapeur d’eau) et l’origine géographique, ces éléments conditionnant directement la composition biochimique et donc les propriétés de l’huile essentielle.

Avec quelles huiles essentielles associer le Myrte rouge pour le confort circulatoire ?

Les associations les plus classiques se font avec le cyprès de Provence, l’hélichryse italienne et le genévrier, trois huiles essentielles également reconnues pour leur tropisme circulatoire et lymphatique.