Gemmothérapie : bourgeon de Gingko (Ginkgo biloba)
Résumé : Le bourgeon de Gingko (Ginkgo biloba) est un macérat de jeunes pousses traditionnellement associé au soutien de la microcirculation, c’est-à-dire la circulation dans les plus petits vaisseaux sanguins, et à la lutte contre le vieillissement cellulaire lié à l’oxydation. Ces indications reposent essentiellement sur l’usage traditionnel en gemmothérapie. Elles ne doivent pas être confondues avec les données scientifiques disponibles sur l’extrait standardisé de feuille EGb 761, un produit pharmaceutique distinct du macérat de bourgeon (voir la section Composition et principes actifs).
➤ Note : la gemmothérapie relève du bien-être traditionnel et de l’accompagnement naturel. Elle ne constitue pas un traitement médical et ne remplace ni un diagnostic, ni un suivi, ni un traitement prescrit par un professionnel de santé.
Tout savoir sur le bourgeon de Gingko – Navigation rapide dans l’article
- Qu’est-ce que le bourgeon de Gingko ?
- Bienfaits et propriétés
- Utilisations pratiques
- Comment utiliser le bourgeon de Gingko ?
- Synergies recommandées
- Précautions d’emploi
- Composition et principes actifs
- Références bibliographiques
- Foire aux questions
Qu’est-ce que le bourgeon de Gingko ?
Le Ginkgo biloba est un arbre considéré comme l’un des plus anciens encore vivants sur Terre, parfois qualifié de fossile vivant : les premières formes de ginkgoacées remonteraient à environ 270 millions d’années, et le genre Ginkgo est aujourd’hui le seul survivant de cette famille botanique. Originaire de Chine, cet arbre s’est révélé capable de s’adapter à des climats très variés et de résister à des conditions extrêmes, notamment à la pollution urbaine ; il est aussi connu pour avoir compté parmi les rares végétaux ayant survécu à proximité de l’explosion d’Hiroshima. Ses feuilles caractéristiques, divisées en deux lobes distincts reliés à leur base, sont à l’origine du nom d’espèce « biloba ».
En gemmothérapie, discipline de la phytothérapie qui utilise les tissus embryonnaires des plantes (bourgeons, jeunes pousses, radicelles) plutôt que la plante adulte, ce sont les jeunes pousses de Ginkgo biloba récoltées au printemps qui sont mises à macérer. Ce procédé, parfois appelé phyto-embryothérapie, part du principe que le tissu en formation concentre une activité biologique et une richesse en composés actifs supérieures à celles du végétal arrivé à maturité.
Le résultat de cette macération est appelé macérat-mère : c’est la préparation obtenue directement après macération des jeunes pousses dans un mélange d’eau, d’alcool et de glycérine, sans dilution ultérieure. Dans une partie de la tradition gemmothérapique, les préparations sont exprimées en degrés de dilution homéopathique (DH), une échelle de dilution décimale : un macérat à 1 DH correspond à une dilution au dixième du macérat-mère. Un produit à 0 DH signifie qu’aucune dilution n’a été appliquée : il s’agit du macérat-mère à l’état brut, à sa concentration la plus élevée. Les macérats non dilués demandent en général un dosage en gouttes plus mesuré que les préparations diluées, à quantité de matière active égale.
Une remarque d’orthographe s’impose : le nom scientifique correct du genre botanique est « Ginkgo » (avec un « n »), c’est la graphie retenue par la nomenclature botanique internationale. Le terme « Gingko » (sans le « n » après le premier « g »), bien que fréquent dans le langage courant et dans certains catalogues commerciaux, constitue une déformation orthographique. Cette fiche utilise « Ginkgo biloba » pour le nom scientifique et conserve la graphie « Gingko » dans le titre par cohérence avec la dénomination employée par ailleurs.
Bienfaits et propriétés
Propriétés principales
- Soutien de la microcirculation : le ginkgo est traditionnellement considéré comme un tonique des plus petits vaisseaux sanguins (capillaires). La microcirculation désigne la circulation du sang dans ce réseau de vaisseaux très fins qui irriguent les tissus et les extrémités. Le bourgeon de ginkgo est associé à une régulation de la perméabilité de ces capillaires et à un renforcement de leurs parois.
- Action antioxydante : le ginkgo est traditionnellement présenté comme un antioxydant, c’est-à-dire une substance qui limite l’impact des radicaux libres, ces molécules instables produites par l’organisme (métabolisme, effort physique) ou issues de l’environnement (pollution, alimentation), et qui contribuent au vieillissement des tissus lorsqu’elles sont en excès.
- Confort des extrémités : la tradition gemmothérapique associe le ginkgo au confort des mains et des pieds lorsque la microcirculation y est déficiente, se traduisant par une sensation de froid, des rougeurs ou des douleurs.
- Soutien de la circulation cérébrale : en accompagnant la microcirculation au niveau du cerveau, le ginkgo est traditionnellement utilisé pour soutenir la concentration et la vigilance, en particulier chez les personnes âgées, les étudiants ou les personnes exerçant une activité intellectuelle soutenue.
- Confort veineux superficiel : le macérat de ginkgo est traditionnellement utilisé pour les petits vaisseaux dilatés visibles en surface de la peau (varicosités), bien qu’il ne soit pas considéré comme le macérat le plus spécifique pour les troubles veineux de plus grande ampleur (varices, jambes lourdes).
Autres bienfaits
- Accompagnement traditionnel de la nidation et de la mise en place de la circulation placentaire lors des premiers mois de grossesse, selon la tradition gemmothérapique, sans qu’il existe de données cliniques spécifiques sur ce point.
- Soutien traditionnel de l’angiogenèse, c’est-à-dire la formation de nouveaux petits vaisseaux sanguins, notamment après une atteinte tissulaire.
- Utilisation traditionnelle en cas de bourdonnements d’oreilles (acouphènes), lorsque la piste d’une microcirculation défaillante est envisagée parmi d’autres causes possibles.
Utilisations pratiques
Le bourgeon de Gingko biloba est traditionnellement mobilisé dans plusieurs contextes du quotidien, toujours en tant qu’accompagnement de bien-être et non comme substitut à un avis médical.
Confort circulatoire des extrémités. Dans les situations de mains ou de pieds anormalement froids, de sensations de picotements ou de rougeurs associées à une microcirculation ralentie, le ginkgo est le macérat traditionnellement mis en avant en priorité, en raison de son action combinée sur la microcirculation, l’oxydation et l’inflammation des capillaires.
Couperose et petits vaisseaux du visage. La couperose correspond à la dilatation de très petits vaisseaux cutanés du visage, entraînant des rougeurs diffuses. Le macérat de ginkgo est traditionnellement utilisé en priorité sur cette problématique, éventuellement associé à d’autres bourgeons pour compléter son action (voir la section synergies).
Activité intellectuelle et vigilance. En stimulant traditionnellement la microcirculation cérébrale, le ginkgo est utilisé de façon informelle en période de sollicitation intellectuelle importante (examens, périodes de concentration soutenue) ou chez la personne âgée, en complément d’une hygiène de vie générale favorable à la santé cognitive.
Bourdonnements d’oreilles. Les approches gemmothérapiques envisagent le ginkgo lorsque des acouphènes sont associés à une hypothèse de microcirculation défaillante au niveau de l’oreille. Il s’agit d’une piste parmi d’autres : les causes des acouphènes sont multiples et un avis ORL ou ostéopathique reste indiqué pour explorer les différentes origines possibles (voir l’article consacré aux acouphènes).
Accompagnement du sportif. Le ginkgo est traditionnellement utilisé chez le sportif pour accompagner la récupération après l’effort, en lien avec son action traditionnelle sur l’oxydation et l’irrigation musculaire, notamment lors d’une reprise d’activité ou d’une intensification des entraînements.
Comment utiliser le bourgeon de Gingko ?
Les protocoles usuels en gemmothérapie reposent sur une prise quotidienne de gouttes diluées dans un peu d’eau, en dehors des repas, sur des cures de plusieurs semaines renouvelables.
| Forme | Posologie usuelle | Durée de cure | Remarques |
|---|---|---|---|
| Macérat-mère de bourgeon de Gingko (0 DH) | 5 à 15 gouttes par jour, diluées dans un verre d’eau | 3 semaines par mois, cure renouvelable sur plusieurs mois | Prise en dehors des repas, répartie en une à trois prises quotidiennes selon la sensibilité individuelle |
Ces repères correspondent à un usage traditionnel général et ne constituent pas une prescription. Le dosage peut être adapté à la baisse en début de cure pour évaluer la tolérance, puis ajusté progressivement. En cas de traitement médical en cours, de grossesse, d’allaitement ou d’usage chez l’enfant, l’avis d’un professionnel de santé ou d’un praticien formé en gemmothérapie est recommandé avant toute utilisation.
Synergies recommandées
Le bourgeon de Gingko est fréquemment associé à d’autres macérats de bourgeons dans les approches traditionnelles de gemmothérapie, en fonction de la problématique circulatoire ou cérébrale visée.
Autres bourgeons associés
- Cassis : associé au ginkgo pour accompagner la récupération du sportif, notamment pour son action traditionnelle sur le drainage et l’élimination des déchets produits par l’effort musculaire (voir aussi l’article dédié au macérat de bourgeons de cassis).
- Aulne glutineux : mentionné en complément du ginkgo pour soutenir la reconstruction du réseau de petits vaisseaux, en particulier après une atteinte de la circulation rénale ou cérébrale ; les deux bourgeons sont également rapprochés sur la sphère de la mémoire dans certaines synthèses de gemmothérapie.
- Aubépine : associé au ginkgo sur la sphère de la mémoire dans certaines synthèses de gemmothérapie, en complément de son action traditionnelle plus connue sur le confort cardiaque.
- Figuier : cité aux côtés du ginkgo, de l’olivier et du sorbier dans les approches traditionnelles visant à préserver la circulation cérébrale, notamment à la suite d’un traumatisme crânien.
- Marronnier (sans fiche technique associée sur le site) : macérat traditionnellement combiné au ginkgo pour la couperose et les varicosités, en raison de son action décongestionnante veineuse complémentaire.
- Noyer (sans fiche technique associée sur le site) : associé au ginkgo lorsque la couperose s’accompagne d’un terrain hépatique engorgé, pour son action traditionnelle de drainage du foie.
- Sorbier (sans fiche technique associée sur le site) : combiné au ginkgo dans l’approche traditionnelle des bourdonnements d’oreilles, pour accompagner une éventuelle congestion de liquide cérébral.
- Romarin (sans fiche technique associée sur le site) : cité en complément du ginkgo pour la couperose, en particulier lorsqu’un soutien hépatique est également recherché.
- Olivier et pommier (sans fiche technique associée sur le site) : mentionnés dans les approches traditionnelles de la circulation cérébrale et des maux de tête d’origine vasculaire, aux côtés du ginkgo.
Huile essentielle complémentaire
En usage cutané dilué, l’huile essentielle d’Hélichryse italienne (Immortelle) est traditionnellement associée aux problématiques de microcirculation et de fragilité capillaire, notamment la couperose, en complément du macérat de bourgeon de ginkgo.
Précautions d’emploi
Certaines précautions, documentées dans la tradition gemmothérapique elle-même pour le macérat de bourgeon de ginkgo, méritent une attention particulière.
Traitement anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire. Un avis médical est recommandé avant toute utilisation du bourgeon de ginkgo chez une personne suivant un traitement anticoagulant ou antiagrégant. Cette précaution est documentée de longue date pour l’extrait de feuille standardisé (EGb 761), dont l’effet sur l’agrégation plaquettaire a été étudié dans la littérature pharmacologique ; elle n’a pas fait l’objet d’études d’interaction spécifiques sur le macérat de bourgeon, mais elle est reprise par principe de précaution dans les sources traditionnelles de gemmothérapie consultées pour cette fiche.
Antécédents de cancer. Par principe de précaution, certaines sources traditionnelles de gemmothérapie déconseillent le bourgeon de ginkgo en cas de cancer, en lien avec son action traditionnelle de stimulation de l’angiogenèse (la formation de nouveaux vaisseaux sanguins), une propriété qui pourrait théoriquement favoriser la vascularisation d’un tissu tumoral. Aucune donnée clinique ne permet d’objectiver ce risque pour le macérat de bourgeon, mais la prudence recommandée dans les sources consultées justifie de solliciter un avis médical dans ce contexte.
Teneur en alcool. Le macérat-mère est préparé dans un solvant composé d’eau, d’alcool et de glycérine. Cette teneur en alcool justifie une vigilance particulière chez la femme enceinte ou allaitante, chez l’enfant, ainsi que chez toute personne devant éviter l’alcool pour des raisons médicales ou personnelles ; un avis professionnel est recommandé dans ces situations, en l’absence de contre-indication spécifique et documentée identifiée par ailleurs pour ce bourgeon.
Conservation. Le flacon doit être conservé à l’abri de la lumière et de la chaleur, refermé soigneusement après chaque utilisation, et tenu hors de portée des enfants.
Composition et principes actifs
La composition phytochimique du ginkgo la mieux documentée dans la littérature scientifique concerne l’extrait standardisé de feuille EGb 761, un extrait pharmaceutique obtenu par un procédé d’extraction et de purification spécifique, distinct du macérat de bourgeon. Cet extrait est traditionnellement standardisé pour contenir une proportion définie de flavonoïdes (flavonol-glycosides) et de lactones terpéniques, une famille qui regroupe les ginkgolides et le bilobalide, des composés propres au ginkgo et étudiés pour leurs propriétés antioxydantes et leur action sur la microcirculation dans le cadre de cet extrait standardisé.
La littérature scientifique publiée sur le macérat de bourgeon de ginkgo reste limitée à ce jour ; les propriétés décrites dans cette fiche s’appuient principalement sur les ouvrages de référence en gemmothérapie. La tradition gemmothérapique attribue au tissu embryonnaire une richesse en composés polyphénoliques et une activité antioxydante propre, sans que cela ait fait l’objet d’une caractérisation quantifiée et publiée comparable à celle de l’extrait de feuille standardisé, dont les données ne peuvent donc pas être transposées telles quelles au macérat de bourgeon.
Références bibliographiques
Ouvrages
- Henry P., Gemmothérapie, thérapeutique par les extraits embryonnaires végétaux, Imprimerie Saint-Norbert, Westerlo, 1982.
- Pineau L., Le Grand Livre de la Gemmothérapie, Éditions Leduc.s, 2019.
- Boistard, Stéphane. Gemmothérapie : les bourgeons au service de la santé, guide pratique et familial, Éditions Terran.
Études scientifiques (PubMed)
- Gauthier S., Schlaefke S., « Efficacy and tolerability of Ginkgo biloba extract EGb 761® in dementia: a systematic review and meta-analysis of randomized placebo-controlled trials », Clinical Interventions in Aging, 2014. PMID : 25506211. Méta-analyse mettant en évidence un bénéfice de l’extrait de feuille standardisé EGb 761 sur les troubles cognitifs et mnésiques ; résultats obtenus avec l’extrait de feuille, non transposables tels quels au macérat de bourgeon (voir la distinction en section Composition et principes actifs).
- « Bioactive Compounds and Therapeutic Potential of Plant Buds: Current Evidence and Future Perspectives of Gemmotherapy », Molecules, 2026. PMID : 42197114. Revue portant sur les extraits de bourgeons en général (gemmothérapie), et non spécifiquement sur le bourgeon de ginkgo.
Foire aux questions
Quelle est la différence entre l’extrait de feuille standardisé EGb 761 et le macérat de bourgeon de Gingko utilisé en gemmothérapie ?
L’EGb 761 est un extrait pharmaceutique obtenu à partir de feuilles de ginkgo adultes, standardisé en laboratoire selon une teneur définie en flavonoïdes et en lactones terpéniques (ginkgolides, bilobalide). C’est ce produit qui a fait l’objet de la grande majorité des essais cliniques publiés sur le ginkgo. Le macérat de bourgeon utilisé en gemmothérapie est obtenu à partir des jeunes pousses macérées, selon un procédé différent : les résultats obtenus avec l’EGb 761 ne s’appliquent donc pas directement à lui.
Le bourgeon de Gingko peut-il remplacer un traitement contre les troubles de la mémoire ou de la circulation ?
Non. Le bourgeon de Gingko relève d’un usage traditionnel de bien-être et ne se substitue à aucun traitement médical. Toute problématique de mémoire, de circulation ou d’audition (acouphènes) persistante justifie une consultation médicale pour en identifier la cause.
Peut-on associer le bourgeon de Gingko à un traitement anticoagulant ?
Un avis médical est recommandé avant toute association, par principe de précaution. Cette prudence est habituellement retenue dans la tradition gemmothérapique elle-même pour ce bourgeon, en écho aux données existantes sur l’extrait de feuille standardisé.
Combien de temps dure une cure de bourgeon de Gingko ?
Les usages traditionnels en gemmothérapie proposent généralement des cures de trois semaines par mois, renouvelables sur plusieurs mois selon l’évolution ressentie, avec une pause d’une semaine entre chaque cycle.
Faut-il écrire « Gingko » ou « Ginkgo » ?
La graphie scientifiquement correcte du genre botanique est « Ginkgo », avec un « n ». La forme « Gingko » est une variante orthographique répandue dans le langage courant, mais elle ne correspond pas à la nomenclature botanique internationale.
Le macérat de bourgeon de Gingko est-il déconseillé pendant la grossesse ?
Les sources de gemmothérapie consultées pour cette fiche ne mentionnent pas de contre-indication spécifique et documentée du macérat de bourgeon de ginkgo pendant la grossesse. Le macérat contenant toutefois de l’alcool du fait de son mode de préparation, un avis professionnel est recommandé avant toute utilisation chez la femme enceinte ou allaitante, comme pour tout produit de phytothérapie dans ce contexte.
Le bourgeon de Gingko est-il utile pour les acouphènes ?
Il fait partie des macérats traditionnellement envisagés en gemmothérapie lorsque des acouphènes sont associés à l’hypothèse d’une microcirculation défaillante au niveau de l’oreille. Cette indication relève de l’usage traditionnel et non d’essais cliniques menés sur le bourgeon lui-même ; les causes des acouphènes étant multiples, un avis ORL reste recommandé en parallèle.