Macérat huileux de Pâquerette (Bellis perennis)

Résumé : Le macérat huileux de Pâquerette est obtenu par macération de fleurs de Bellis perennis dans une huile végétale, traditionnellement de tournesol. Ce n’est pas une huile végétale pressée à partir de graines, mais un macérat, c’est-à-dire une huile de base enrichie par infusion des principes actifs de la plante. Il est traditionnellement utilisé en cosmétique naturelle pour ses propriétés tonifiantes, astringentes et raffermissantes, notamment sur les peaux matures et le buste. Cette fiche distingue clairement ce qui relève de l’usage traditionnel bien établi et ce qui a fait l’objet d’une étude scientifique publiée, en précisant à chaque fois si celle-ci porte sur un extrait isolé, sur la plante entière ou sur le macérat huileux lui-même.

Note : les informations de cette fiche sont données à titre documentaire et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé ou d’un aromathérapeute qualifié.

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Qu’est-ce que le macérat huileux de Pâquerette ?

La pâquerette, Bellis perennis L. (famille des Astéracées), est une petite plante herbacée vivace de 4 à 20 centimètres, très commune dans les pelouses et gazons de toute l’Europe. Elle forme une rosette de feuilles arrondies d’où émerge une tige portant un unique capitule, fleurs jaunes tubuleuses au centre entourées de ligules blanches ou roses à la périphérie. La plante entière fleurie est la partie utilisée, en phytothérapie comme en cosmétique. Elle apparaît dans les traités de médecine dès la Renaissance.

Le macérat huileux de pâquerette n’est pas une huile végétale au sens strict du terme, c’est-à-dire un corps gras extrait par pression de graines oléagineuses. C’est un macérat, obtenu en laissant infuser des fleurs de pâquerette fraîches dans une huile végétale de base, le plus souvent de l’huile de tournesol biologique, pendant plusieurs semaines, généralement à la chaleur du soleil (macération dite solaire). Cette technique permet à l’huile de base de s’enrichir en principes actifs de la plante, hydrosolubles et liposolubles selon leur nature. Le produit fini conserve la couleur et une partie des caractéristiques de l’huile de tournesol, teintée par les composés extraits des fleurs.

Cette distinction entre huile végétale pressée et macérat huileux n’est pas qu’une question de vocabulaire. Elle conditionne la composition du produit fini : contrairement à une huile de pépins ou de noyau, la teneur en principes actifs d’un macérat dépend de la durée et des conditions de macération, du ratio plante/huile et de la qualité de l’huile de base utilisée, ce qui explique la variabilité observée d’un fabricant à l’autre.

Bienfaits et propriétés

Propriétés principales

  1. Tonifiant et raffermissant. C’est l’usage cosmétique le plus établi et le plus documenté par la tradition d’usage du macérat de pâquerette, en particulier sur les peaux relâchées ou en perte de fermeté (buste, décolleté, peau du ventre après une grossesse).
  2. Astringent et décongestionnant. Propriété traditionnellement rapportée pour les sensations de jambes lourdes et les phénomènes de congestion cutanée superficielle.
  3. Apaisant. Le macérat de pâquerette est traditionnellement bien toléré par les peaux sensibles et réactives.
  4. Antioxydant. Les fleurs de pâquerette sont riches en composés phénoliques (flavonoïdes, acides phénoliques) dont l’activité antioxydante a été mesurée en laboratoire sur la plante entière (voir la section composition), ce qui est cohérent avec l’usage traditionnel du macérat dans les soins anti-âge.

Utilisations pratiques

Sphère cutanée, fermeté et tonicité. C’est l’usage central de ce macérat : application locale sur le buste, le décolleté, l’intérieur des bras ou l’abdomen, en massages circulaires, pour accompagner le maintien de la fermeté cutanée, notamment chez la femme enceinte ou après un amaigrissement.

Peaux matures. En soin du visage, seul ou associé à d’autres huiles végétales, pour les peaux marquées par le temps recherchant un effet tenseur.

Confort circulatoire superficiel. Utilisé traditionnellement en massage léger sur les jambes en cas de sensation de lourdeur, en complément d’une prise en charge globale de la circulation veineuse.

Formulation cosmétique maison. Le macérat de pâquerette s’intègre facilement dans des crèmes, baumes ou huiles de massage formulées à la maison, en remplacement total ou partiel de l’huile végétale de base.

Comment utiliser le macérat huileux de Pâquerette ?

Mode d’utilisationConseils d’usage
Buste et décolletéQuelques gouttes en massage circulaire, du bas vers le haut, matin et/ou soir, pur ou en synergie.
Visage, peaux maturesQuelques gouttes le soir sur peau nettoyée, en légers massages ascendants.
Jambes, confort circulatoireEn massage léger du bas vers le haut, de préférence en fin de journée.
Formulation maisonUtilisable pur comme base d’une synergie, ou incorporé à hauteur de 10 à 30 % dans un mélange d’huiles végétales.

Synergies recommandées

Huiles essentielles associées recommandées

  • Géranium rosat, pour renforcer l’effet tonifiant et astringent sur la peau
  • Hélichryse italienne, pour son usage traditionnel dans les soins de fermeté et de circulation
  • Carotte, pour compléter l’action sur les peaux matures

Huiles végétales associées recommandées

  • Jojoba, pour prolonger et stabiliser une synergie de massage du buste
  • Rose musquée, pour renforcer l’action régénérante sur les peaux marquées
  • Amande douce, comme huile de base neutre pour un usage corporel plus économique

Précautions d’emploi

  • Aucune contre-indication majeure n’est rapportée pour ce macérat en usage cutané aux doses habituelles.
  • Un test cutané préalable au pli du coude est recommandé avant une première utilisation, notamment chez les personnes allergiques aux Astéracées (famille qui comprend aussi l’arnica, la camomille ou l’achillée), en raison d’un risque de sensibilisation croisée.
  • Ce macérat étant préparé à partir d’une huile végétale de base (généralement du tournesol), il en partage la sensibilité à l’oxydation : il se conserve à l’abri de la lumière et de la chaleur, flacon bien refermé après chaque usage.
  • La composition en principes actifs d’un macérat huileux dépend du procédé de fabrication (durée de macération, ratio plante/huile, méthode solaire ou à chaud) : elle peut varier d’un fournisseur à l’autre, ce qui explique certaines différences observées entre produits du commerce.

 

Références bibliographiques

  • Les huiles végétales, huiles de santé et de beauté, Chantal Clergeaud, Lionel Clergeaud, Editions Amyris

 

Foire aux questions

Le macérat de pâquerette est-il une huile végétale comme les autres ?

Non. C’est une huile végétale de base, généralement du tournesol, dans laquelle des fleurs de pâquerette ont macéré pour lui transmettre une partie de leurs principes actifs. Ce n’est donc pas une huile pressée à partir de graines, mais un macérat, une distinction importante pour comprendre sa composition et sa variabilité d’un fabricant à l’autre.

Le macérat de pâquerette a-t-il été testé scientifiquement pour son effet raffermissant ?

Aucune étude clinique publiée et vérifiable n’a été identifiée sur le macérat huileux lui-même pour son effet raffermissant sur la peau. L’usage tonifiant et raffermissant repose sur une tradition d’usage en cosmétique naturelle, cohérente avec la richesse de la fleur en composés antioxydants et astringents, mais cette tradition n’équivaut pas à une preuve clinique. Les études scientifiques publiées portent soit sur la fleur séchée entière, soit sur un extrait ou des composés isolés, jamais sur le macérat huileux fini.

Peut-on utiliser le macérat de pâquerette pendant la grossesse ?

En usage cutané externe, aucune contre-indication particulière n’est rapportée pour ce macérat, ce qui explique son usage traditionnel pour accompagner la tonicité de la peau pendant et après la grossesse. Un avis professionnel reste recommandé en cas de doute.

Le macérat de pâquerette convient-il aux peaux allergiques ?

La pâquerette appartient à la famille des Astéracées, qui comprend plusieurs plantes reconnues comme allergisantes (arnica, camomille, achillée). Un test cutané préalable est donc recommandé chez les personnes ayant des antécédents d’allergie à cette famille botanique.