Huile végétale de Périlla (Perilla frutescens)

Résumé : L’huile végétale de Périlla est obtenue par pression à froid des graines de Perilla frutescens, une plante de la famille des Lamiacées originaire d’Asie. Elle se distingue par sa teneur exceptionnelle en acide alpha-linolénique (oméga-3), l’une des plus élevées connues parmi les huiles végétales, ce qui en fait un actif de choix pour les soins de peaux sèches, réactives ou sujettes aux tiraillements. Elle est traditionnellement utilisée en cuisine et en cosmétique en Asie de l’Est.

Note : les informations de cette fiche sont données à titre documentaire et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé ou d’un aromathérapeute qualifié. Cette huile végétale, extraite des graines par pression à froid, ne doit pas être confondue avec l’hydrolat de périlla, obtenu par distillation des parties aériennes de la même plante : les deux produits ont une composition et des usages différents (voir la foire aux questions).

Tout savoir sur l’huile végétale de Périlla – Navigation rapide dans l’article

Qu’est-ce que l’huile végétale de Périlla ?

Perilla frutescens (L.) Britton, famille des Lamiacées, est une plante herbacée annuelle et aromatique originaire d’Asie, cultivée notamment en Inde, au Vietnam, en Corée, en Chine et au Japon, où elle est connue sous les noms d’égoma ou de shiso. C’est la seule espèce du genre Perilla. La graine, riche en huile (41 à 45 % selon les sources techniques), est pressée à froid pour donner une huile fluide, de couleur jaune paille, utilisée aussi bien en alimentation qu’en cosmétique.

Cette huile ne doit pas être confondue avec l’hydrolat de périlla, qui est obtenu par distillation à la vapeur d’eau des parties aériennes (feuilles et sommités) de la même plante. Les deux produits proviennent de la même espèce botanique mais de parties différentes de la plante, avec des procédés d’extraction et des profils de composition totalement distincts : l’huile est un corps gras concentré en acides gras insaturés, tandis que l’hydrolat est une eau aromatique diluée, sans corps gras. Leurs usages et leurs indications ne sont donc pas interchangeables.

Bienfaits et propriétés

Propriétés principales

  1. Nourrissante et anti-déshydratante. Sa teneur exceptionnelle en acide alpha-linolénique (oméga-3), l’une des plus élevées parmi les huiles végétales couramment disponibles, en fait une huile de choix pour soutenir la fonction barrière des peaux sèches et sujettes aux tiraillements.
  2. Apaisante. Une étude in vitro récente, menée sur un extrait éthanolique de graines de périlla appliqué à des kératinocytes humains stimulés en laboratoire pour reproduire une inflammation de type atopique, a montré une réduction de plusieurs marqueurs inflammatoires (voir références bibliographiques). Ce résultat de laboratoire est cohérent avec l’usage traditionnel de la plante sur les peaux réactives, sans pour autant constituer une preuve clinique sur l’huile pressée elle-même.
  3. Antioxydante. L’huile de périlla contient une teneur notable en vitamine E, majoritairement sous forme de gamma-tocophérol, ainsi qu’en phytostérols, qui participent à sa protection contre l’oxydation et à celle des lipides cutanés.
  4. Rééquilibrante du rapport oméga-6/oméga-3. Utilisée en cuisine, cette huile contribue au rééquilibrage du rapport entre acides gras oméga-6 et oméga-3 de l’alimentation moderne, structurellement déséquilibré en faveur des oméga-6.

Propriétés énergétiques

Le registre énergétique traditionnel n’est pas documenté de façon spécifique pour cette huile végétale dans les sources consultées pour cette fiche.

Utilisations pratiques

Sphère cutanée. Peaux sèches, déshydratées ou sujettes aux tiraillements, peaux réactives et sensibles, en application locale ou en soin du visage et du corps.

Alimentation. Dans les pays d’Asie de l’Est où elle est traditionnellement consommée, l’huile de périlla est utilisée comme huile d’assaisonnement (jamais en cuisson, sa richesse en acides gras polyinsaturés la rendant sensible à la chaleur), pour contribuer à l’apport en oméga-3 de l’alimentation.

Formulation cosmétique. En raison de sa forte proportion d’acides gras polyinsaturés, très sensibles à l’oxydation, cette huile est le plus souvent utilisée en association avec d’autres huiles végétales plus stables, en pourcentage minoritaire dans les formulations.

Comment utiliser l’huile végétale de Périlla ?

Mode d’utilisationConseils d’usage
Visage, en soin purQuelques gouttes le soir sur peau nettoyée, seule ou mélangée à une autre huile végétale plus stable.
Corps, peaux sèchesEn mélange avec une huile végétale de base (amande douce, jojoba) sur les zones sèches ou tiraillées.
AlimentationEn assaisonnement à froid uniquement (vinaigrettes, filet sur un plat déjà cuit), jamais en cuisson.
Formulation maisonIncorporée à hauteur de 5 à 15 % dans un mélange d’huiles végétales, en complément d’une huile de base plus stable à l’oxydation.

Synergies recommandées

Huiles essentielles associées recommandées

Huiles végétales associées recommandées

  • Jojoba, comme huile de base stable pour prolonger la conservation d’une synergie
  • Bourrache, pour renforcer l’apport en acides gras essentiels sur les peaux très sèches
  • Amande douce, comme huile de base neutre pour un usage corporel plus économique

Précautions d’emploi

  • Aucune contre-indication majeure n’est rapportée pour cette huile en usage cutané aux doses habituelles.
  • Un test cutané préalable au pli du coude est recommandé avant une première utilisation.
  • Cette huile est très riche en acides gras polyinsaturés, donc particulièrement sensible à l’oxydation : elle se conserve au réfrigérateur ou dans un endroit frais, à l’abri de la lumière et de l’air, flacon bien refermé après chaque usage, et doit être consommée rapidement une fois ouverte en usage alimentaire.
  • En usage alimentaire, elle ne doit jamais être chauffée, sous peine de dégradation de ses acides gras polyinsaturés et de formation de composés d’oxydation indésirables.
  • Ne pas confondre avec l’hydrolat de périlla, qui est un produit distinct de la même plante, sans corps gras.

Profil en acides gras

L’huile de périlla se distingue par l’une des concentrations les plus élevées connues en acide alpha-linolénique (oméga-3) parmi les huiles végétales, supérieure à celle de l’huile de lin ou de l’huile de sacha inchi, et proche de celle de l’huile de chia.

ComposantProportion approximative
Acide alpha-linolénique (oméga-3)de l’ordre de 60 %, selon les sources jusqu’à environ 70 %
Acide linoléique (oméga-6)environ 10 à 15 %
Acide oléique (oméga-9)environ 10 à 20 %
Acide palmitiqueenviron 1 à 2 %
Vitamine E (majoritairement gamma-tocophérol)de l’ordre de 870 mg/kg selon une étude de référence
Phytostérols totauxsupérieurs à 3000 mg/kg, principalement bêta-sitostérol

Le rapport oméga-6/oméga-3 de cette huile, très favorable aux oméga-3 (proche de 0,3), en fait l’une des sources végétales les plus concentrées en cet acide gras, ce qui explique son intérêt tant en cosmétique qu’en complément alimentaire pour rééquilibrer une alimentation moderne généralement trop riche en oméga-6.

Références bibliographiques

Études scientifiques (PubMed)

  • Kaur S., Seem K., Ali A. et al. (2024). A comprehensive review on nutritional, nutraceutical, and industrial perspectives of perilla (Perilla frutescens L.) seeds – An orphan oilseed crop. Heliyon, 10(12):e33281. Revue de synthèse sur la composition et les usages de la graine et de l’huile de périlla. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39022021
  • Ezaki O., Takahashi M., Shigematsu T. et al. (1999). Long-term effects of dietary alpha-linolenic acid from perilla oil on serum fatty acids composition and on the risk factors of coronary heart disease in Japanese elderly subjects. Journal of Nutritional Science and Vitaminology, 45(6):759-772. Étude clinique chez l’humain, portant sur la consommation alimentaire de l’huile de périlla (usage oral), et non sur son usage cutané. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/10737229
  • Choi H.J., Kim J.H., Kim H.D. et al. (2026, mise en ligne 2025). The Anti-atopic Perilla Seed Oil and Ethanol Extract on TNF-α/IFN-γ-Stimulated Inflammatory Responses in Human HaCaT Keratinocytes. Molecular Biotechnology, 68:2509-2517. Étude in vitro sur un extrait éthanolique de graines de périlla appliqué à des kératinocytes humains en culture, et non sur l’huile pressée à froid telle que commercialisée. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41085638

Foire aux questions

Quelle est la différence entre l’huile végétale de périlla et l’hydrolat de périlla ?

Ce sont deux produits différents issus de la même plante. L’huile végétale est extraite par pression à froid des graines et se présente comme un corps gras concentré en acides gras oméga-3. L’hydrolat est obtenu par distillation à la vapeur d’eau des parties aériennes (feuilles, sommités fleuries) et se présente comme une eau aromatique, sans corps gras, à la composition et aux usages très différents. Les deux ne sont pas interchangeables.

L’huile de périlla peut-elle remplacer l’huile de poisson comme source d’oméga-3 ?

Pas directement. L’huile de périlla apporte de l’acide alpha-linolénique (ALA), un oméga-3 d’origine végétale que l’organisme peut convertir en acides gras à longue chaîne (EPA et DHA), mais ce taux de conversion reste limité chez l’être humain. Les huiles de poisson apportent directement l’EPA et le DHA. L’huile de périlla est donc un complément intéressant à une alimentation équilibrée, mais pas un substitut direct des sources marines d’oméga-3.

Pourquoi l’huile de périlla ne doit-elle pas être chauffée ?

Parce qu’elle est très riche en acides gras polyinsaturés (jusqu’à 70 % d’acide alpha-linolénique), des molécules chimiquement fragiles qui se dégradent rapidement sous l’effet de la chaleur, formant des composés d’oxydation indésirables. Elle doit être réservée à un usage à froid, en cuisine comme en cosmétique, et conservée au frais et à l’abri de la lumière.

L’huile de périlla convient-elle aux peaux à tendance atopique ?

Une étude de laboratoire récente a montré qu’un extrait de graines de périlla réduisait certains marqueurs de l’inflammation sur des cellules de peau cultivées reproduisant un contexte atopique, ce qui est encourageant. Il ne s’agit toutefois pas d’un essai clinique mené sur des personnes atopiques utilisant l’huile pressée, et cette piste ne remplace pas un avis dermatologique adapté à chaque situation.