Huile végétale d’Amarante (Amaranthus caudatus)

Résumé : L’huile végétale d’amarante est obtenue à partir des graines de plantes du genre Amaranthus, notamment Amaranthus caudatus et Amaranthus cruentus, de la famille des Amaranthacées. Elle se distingue par une fraction insaponifiable riche en squalène et en tocophérols, associée à un profil d’acides gras dominé par l’acide linoléique et l’acide oléique. Le produit présenté dans cette fiche est extrait par CO2 supercritique, un procédé qui permet de concentrer efficacement ces composés à partir d’une graine naturellement pauvre en matière grasse. Elle est traditionnellement employée par voie cutanée pour le confort des peaux sèches, sensibles ou matures.

Note : Les informations présentées dans cette fiche sont issues de publications scientifiques et de l’usage traditionnel en cosmétique. Elles ne constituent pas un avis médical et ne dispensent pas de l’avis d’un professionnel de santé qualifié, en particulier en cas de pathologie cutanée, d’allergie connue ou de doute.

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Qu’est-ce que l’huile végétale d’amarante ?

L’amarante est une plante herbacée de la famille des Amaranthacées, cultivée depuis l’Antiquité en Amérique centrale et andine comme pseudo-céréale, c’est-à-dire une plante dont les graines se consomment comme celles d’une céréale bien qu’elle n’appartienne pas botaniquement à cette famille. Plusieurs espèces du genre Amaranthus sont cultivées pour leurs graines, en particulier Amaranthus caudatus, Amaranthus cruentus et Amaranthus hypochondriacus. Ces espèces partagent des caractéristiques biochimiques proches, mais des différences de composition existent d’une espèce à l’autre : cette fiche précise, chaque fois que possible, l’espèce concernée par les données citées.

Les graines d’amarante sont naturellement pauvres en matière grasse par rapport à d’autres graines oléagineuses : leur teneur en huile se situe le plus souvent entre 5 et 9 % selon l’espèce et l’origine des graines. Cette faible richesse lipidique, combinée à la petite taille des graines, rend la pression à froid classique relativement peu productive pour cette matière première. C’est pourquoi l’huile proposée ici est obtenue par extraction au CO2 supercritique, un procédé au cours duquel le dioxyde de carbone est porté à une pression et une température qui lui confèrent des propriétés intermédiaires entre celles d’un gaz et celles d’un liquide. Dans cet état, le CO2 se comporte comme un solvant capable de dissoudre sélectivement les composés lipidiques de la graine, avant d’être ramené à pression atmosphérique : il redevient alors gazeux et s’échappe naturellement, sans laisser de résidu de solvant dans l’huile obtenue. Ce procédé, documenté pour l’extraction de l’huile et du squalène à partir du grain d’amarante, permet de travailler à des températures modérées et d’obtenir un extrait concentré en composés lipophiles fragiles tels que le squalène et les tocophérols.

L’huile d’amarante obtenue se présente sous la forme d’un liquide de couleur jaune pâle à dorée, à la texture relativement fluide et à l’odeur discrète, légèrement végétale. Sa richesse en squalène, un lipide également présent naturellement dans le sébum humain où il joue un rôle de protection et de lubrification de la peau, explique en partie sa bonne affinité avec le film hydrolipidique cutané.

Bienfaits et propriétés

Propriétés principales

  1. Apport en squalène. Le squalène est un hydrocarbure lipidique naturellement présent dans le sébum humain, où sa production diminue avec l’âge. Les huiles végétales riches en squalène, dont l’huile d’amarante fait partie, sont étudiées pour leurs propriétés émollientes, antioxydantes et leur bonne affinité avec les lipides cutanés.
  2. Contribution antioxydante liée aux tocophérols. Les tocophérols, formes naturelles de la vitamine E, sont des molécules qui protègent les lipides de l’oxydation. Associés au squalène, ils participent à la fraction insaponifiable de l’huile, c’est-à-dire la partie de l’huile qui ne se transforme pas en savon lors d’une réaction de saponification et qui concentre vitamines, stérols et autres composés bioactifs.
  3. Soutien du métabolisme du collagène face au stress UVA, observé in vitro. Une étude menée sur des fibroblastes cutanés humains exposés aux UVA a montré que l’huile de graines d’Amaranthus cruentus limitait l’inhibition de la biosynthèse de collagène induite par ce rayonnement, en modèle de laboratoire. Ce résultat, obtenu in vitro, ne permet pas de conclure directement à un effet anti-âge clinique, mais il documente un mécanisme d’intérêt.
  4. Profil d’acides gras insaturés majoritaire. L’acide linoléique (un acide gras oméga-6) et l’acide oléique (un acide gras oméga-9) dominent la composition de l’huile, ce qui lui confère une texture relativement fluide et une bonne pénétration cutanée par rapport à des huiles plus riches en acides gras saturés.
  5. Texture non occlusive. Le toucher de l’huile d’amarante est généralement décrit comme fluide et peu gras après application, ce qui la rend agréable en usage cutané quotidien, seule ou en mélange.

Utilisations pratiques

L’huile végétale d’amarante s’utilise exclusivement par voie cutanée, pure ou en mélange avec d’autres huiles végétales et, le cas échéant, quelques gouttes d’huiles essentielles. Elle trouve sa place dans plusieurs types d’usages :

  • Soin quotidien du visage pour les peaux sèches, sensibles ou matures, en application directe ou intégrée à un sérum maison.
  • Soin du corps, notamment sur les zones sujettes à la sécheresse cutanée.
  • Application sur les longueurs de cheveux ou en bain d’huile avant shampoing, dans une logique de soin traditionnel de la fibre capillaire, par analogie avec d’autres huiles végétales fluides riches en insaponifiable.
  • Incorporation dans des préparations cosmétiques faites maison (baumes, crèmes, sérums), en synergie avec d’autres huiles végétales et huiles essentielles.

Cette huile est destinée à un usage externe uniquement et ne doit pas être ingérée ni diffusée dans l’atmosphère.

Comment utiliser l’huile végétale d’amarante ?

UsageMode d’applicationUsage conseillé
Visage (peaux sèches, sensibles, matures)Quelques gouttes sur peau légèrement humide, en massage douxQuotidien, matin ou soir
CorpsApplication locale sur les zones sèches, seule ou en mélangeSelon besoin
Cheveux et cuir cheveluApplication sur les longueurs ou bain d’huile avant shampoingOccasionnel, une à deux fois par semaine
Mélange cosmétique maisonIncorporation à un baume, un sérum ou une crème en phase huileuseSelon la formule utilisée

Un test cutané préalable dans le pli du coude est recommandé avant toute première utilisation. L’huile se conserve à l’abri de l’air, de la chaleur et de la lumière, dans son flacon d’origine bien refermé.

Synergies recommandées

Huiles essentielles associées recommandées

Autres huiles végétales associées

  • Huile végétale de jojoba, pour sa texture proche du sébum humain.
  • Huile végétale d’argan, pour son apport en vitamine E et en acides gras insaturés.
  • Huile végétale de rose musquée, en synergie pour les peaux matures ou marquées.

Précautions d’emploi

  • Usage externe exclusivement : ne pas ingérer, ne pas diffuser.
  • Test cutané préalable recommandé avant la première utilisation.
  • Une hypersensibilité cutanée reste possible, bien que rare.
  • En cas de dermatose, d’antécédent allergique ou de doute, l’avis d’un professionnel de santé est recommandé avant utilisation.
  • Conserver hors de portée des enfants.

Profil en acides gras et composés actifs

Les données de composition de l’huile d’amarante varient selon l’espèce d’Amaranthus considérée, l’origine géographique des graines et la méthode d’extraction. Le tableau suivant rassemble des valeurs publiées dans la littérature scientifique, en précisant chaque fois l’espèce ou le périmètre de l’étude source.

ComposéTeneur rapportéeSource et espèce concernée
Acide linoléique (oméga-6)Environ 44,6 % en moyenne des acides gras de l’huileHe & Corke, 2003 ; étude portant sur 104 génotypes de 30 espèces d’Amaranthus
Acide oléique (oméga-9)Environ 29,1 % en moyenneHe & Corke, 2003
Acide palmitique (saturé)Environ 22,2 % en moyenneHe & Corke, 2003
Teneur en huile de la graine5,0 % en moyenne (de 1,9 à 8,7 % selon les génotypes) ; 7,1 % pour A. caudatus et 8,5 % pour A. cruentus dans une étude comparativeHe & Corke, 2003 (multi-espèces) ; Gamel et al., 2007 (A. caudatus et A. cruentus)
SqualèneDe trace à 7,3 % de l’huile, moyenne 4,2 % (multi-espèces) ; 4,8 à 4,9 % pour A. caudatus et A. cruentus dans une étude comparativeHe & Corke, 2003 ; Gamel et al., 2007
Tocophérols (vitamine E)Présents dans la fraction insaponifiable, teneur variable selon l’espèce et le procédé d’extractionLittérature générale sur l’huile d’amarante
PhytostérolsPrésents, dont bêta-sitostérol notammentLittérature générale sur l’huile d’amarante

L’extraction par CO2 supercritique appliquée au grain d’amarante a été documentée dans la littérature scientifique comme une méthode permettant d’extraire à la fois l’huile et de concentrer le squalène, en travaillant à des paramètres de pression et de température ajustables selon le composé recherché.

Références bibliographiques

Études scientifiques (PubMed / DOI vérifiés)

  • He HP, Corke H. Oil and squalene in amaranthus grain and leaf. J Agric Food Chem. 2003;51(27):7913-7920. PMID : 14690373.
  • He HP, Corke H, Cai JG. Supercritical carbon dioxide extraction of oil and squalene from amaranthus grain. J Agric Food Chem. 2003;51(27):7921-7925. PMID : 14690374.
  • Gamel TH, Mesallam AS, Damir AA, Shekib LA, Linssen JP. Characterization of amaranth seed oils. J Food Lipids. 2007;14(3):323-334. DOI : 10.1111/j.1745-4522.2007.00089.x.
  • Huang ZR, Lin YK, Fang JY. Biological and pharmacological activities of squalene and related compounds: potential uses in cosmetic dermatology. Molecules. 2009;14(1):540-554. PMID : 19169201.
  • Srivastava S, Sreerama YN, Dharmaraj U. Effect of processing on squalene content of grain amaranth fractions. J Cereal Sci. 2021;100:103218. DOI : 10.1016/j.jcs.2021.103218.
  • Wolosik K, Chalecka M, Palka J, Mitera B, Surazynski A. Amaranthus cruentus L. seed oil counteracts UVA-radiation-induced inhibition of collagen biosynthesis and wound healing in human skin fibroblasts. Int J Mol Sci. 2024;25(2):925. PMID : 38256000.

Foire aux questions

Qu’est-ce que le squalène présent dans l’huile d’amarante ?

Le squalène est un lipide naturellement produit par la peau humaine, présent dans le sébum où il contribue à la protection et à la souplesse cutanée. On le retrouve aussi dans certaines huiles végétales, dont l’huile d’amarante, qui en contient une proportion notable comparée à de nombreuses autres huiles végétales courantes.

Quelle différence entre une huile d’amarante extraite par CO2 supercritique et une huile pressée à froid ?

La pression à froid consiste à presser mécaniquement la graine pour en extraire l’huile, sans chauffage ni solvant. L’extraction par CO2 supercritique utilise du dioxyde de carbone porté à une pression et une température particulières, qui lui donnent un pouvoir dissolvant sélectif ; le CO2 s’évapore ensuite entièrement, sans laisser de résidu. Ce procédé est particulièrement adapté aux graines d’amarante, naturellement pauvres en huile, car il permet d’obtenir un extrait concentré en composés lipophiles comme le squalène.

L’huile végétale d’amarante convient-elle aux peaux à tendance grasse ?

Sa texture relativement fluide et non occlusive la rend généralement bien tolérée sur de nombreux types de peau, mais elle est surtout recommandée pour les peaux sèches, sensibles ou matures. Un test cutané préalable permet d’évaluer la tolérance individuelle avant un usage régulier.

Peut-on utiliser l’huile d’amarante sur les cheveux ?

Elle est traditionnellement appliquée sur les longueurs ou utilisée en bain d’huile avant shampoing, à l’image d’autres huiles végétales fluides riches en insaponifiable. Cet usage relève de la pratique cosmétique traditionnelle plutôt que d’une démonstration clinique spécifique.

Existe-t-il une différence entre Amaranthus caudatus et Amaranthus cruentus ?

Ce sont deux espèces distinctes du genre Amaranthus, toutes deux cultivées pour leurs graines. Une étude comparative a montré des teneurs en huile et en squalène proches mais non identiques entre ces deux espèces. Les publications scientifiques ne portent pas toujours sur la même espèce, ce qui explique que certaines données de cette fiche soient rapportées par espèce lorsque cela est précisé dans la source.

Quelles précautions respecter avant la première utilisation ?

Un test cutané préalable dans le pli du coude est recommandé. L’huile est destinée à un usage externe exclusivement. En cas de dermatose, d’antécédent allergique ou de doute, l’avis d’un professionnel de santé qualifié est recommandé avant toute utilisation.