Huile essentielle de Bois de Hô (Cinnamomum camphora ct linalol)

Résumé : L’huile essentielle de Bois de Hô est distillée à partir des rameaux feuillés d’un arbre chinois de la famille des Lauracées, cousin du camphrier et du ravintsara. Sa composition, dominée à plus de 80 % par le linalol, lui vaut une activité anti-infectieuse à large spectre cotée au niveau maximal par la littérature aromathérapeutique de référence, ainsi que des propriétés toniques cutanées et apaisantes pour le système nerveux. Elle est aujourd’hui la principale alternative à l’huile essentielle de bois de rose, dont la ressource s’est raréfiée.

Note : les informations ci-dessous sont données à titre documentaire et ne remplacent pas un avis médical ou pharmaceutique. Toute utilisation d’huile essentielle, y compris par voie cutanée diluée, doit tenir compte du terrain de la personne, de son âge et de ses antécédents.

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Qu’est-ce que le Bois de Hô ?

Le Bois de Hô, aussi appelé Bois de Shiu ou Laurier de Chine (Ho Wood en anglais), provient de Cinnamomum camphora (L.) J. Presl, chémotype à linalol, parfois désigné dans la littérature comme var. glavescens ou var. linaloolifera. C’est un arbre de la famille des Lauracées pouvant atteindre 15 à 25 mètres de haut, originaire de Chine, de Taïwan et du Japon. Ses feuilles coriaces, persistantes et de forme ovale dégagent une odeur aromatique caractéristique lorsqu’on les froisse, et ses fruits sont de petites drupes charnues qui virent au noir violacé à maturité.

Cinnamomum camphora est une espèce qui produit plusieurs chémotypes botaniquement identiques mais chimiquement très différents selon le climat et le terroir : le chémotype à camphre (arbre du camphrier proprement dit), le chémotype à cinéole (donnant l’huile essentielle de Ravintsara) et le chémotype à linalol qui nous intéresse ici. Le Bois de Hô est donc, comme le rappelle Dominique Baudoux, un véritable « cousin chinois » du ravintsara et du camphrier : même espèce botanique, mais profil biochimique et propriétés radicalement différents.

L’organe distillé fait l’objet d’une légère divergence entre les sources consultées. Le nom commercial « Bois de Hô » renvoie historiquement à une distillation du bois, mais la pratique actuelle privilégie le rameau feuillé (jeunes branches et feuilles), une méthode plus durable qui évite l’abattage de l’arbre. Une étude comparative de 2021 sur les huiles essentielles extraites de différents tissus de Cinnamomum camphora (feuille, branche, bois, racine) confirme que la composition chimique varie sensiblement d’un tissu à l’autre, ce qui explique en partie ces divergences de désignation selon les fournisseurs et les époques. Quelle que soit la partie exacte utilisée, l’extraction se fait par distillation à la vapeur d’eau.

Le succès commercial du Bois de Hô doit beaucoup à la raréfaction de l’huile essentielle de Bois de rose (Aniba rosaeodora), une espèce amazonienne aujourd’hui protégée en raison de la surexploitation de ses populations sauvages. Le Bois de Hô présente une composition biochimique comparable, dominée par le linalol, et une fragrance apparentée, ce qui en fait un substitut reconnu. Il ne s’agit toutefois pas de la même plante : les deux huiles essentielles proviennent d’espèces botaniques distinctes, et leur qualité olfactive comme leur richesse en linalol peuvent varier sensiblement d’un lot à l’autre, ce qui justifie une vigilance particulière sur l’origine et l’analyse chromatographique du produit.

Bienfaits et propriétés

Propriétés principales

  1. Anti-infectieuse à large spectre. C’est la propriété la plus affirmée de cette huile essentielle : antibactérienne, antivirale et antifongique, cotée au niveau maximal par la littérature aromathérapeutique de référence. Cette activité repose sur sa très forte teneur en linalol, un monoterpénol reconnu pour son action sur les membranes bactériennes.
  2. Fongicide marquée. Cette activité antifongique, également cotée au niveau le plus élevé, justifie son usage traditionnel dans les mycoses cutanées et unguéales.
  3. Tonique et stimulante générale. L’huile essentielle est décrite comme tonique et stimulante du système nerveux, utile dans les états de fatigue et de surmenage.
  4. Tonique et astringente cutanée. Elle ralentit la formation des rides et ridules et est traditionnellement associée aux soins des peaux matures ou sujettes aux vergetures.
  5. Stimulante du système immunitaire et régénératrice tissulaire. Ces deux propriétés, rapportées de façon convergente par plusieurs sources professionnelles, complètent son profil anti-infectieux.
  6. Apaisante et relaxante. Une propriété plus discrète dans la cotation, mais réelle, qui rejoint son usage traditionnel contre l’asthénie nerveuse et le stress.
  7. Antiparasitaire, aphrodisiaque et analgésique douce. Trois propriétés secondaires, rapportées avec un niveau de cotation plus modeste que les précédentes, mais qui n’en restent pas moins documentées par la littérature professionnelle.

Propriétés énergétiques

Dans le registre traditionnel de l’aromathérapie énergétique, le Bois de Hô est associé au chakra du plexus solaire (Manipura) et à celui du cœur (Anahata). On lui prête la capacité de favoriser la méditation, la créativité et la compassion, et d’apaiser les émotions conflictuelles ainsi que le sentiment d’abandon. Ce registre relève du savoir traditionnel en aromathérapie énergétique et non d’une validation scientifique.

Autres bienfaits

  • Soin des peaux sèches et sensibles, en synergie avec des huiles végétales apaisantes
  • Soutien de la fonction respiratoire lors des infections ORL et broncho-pulmonaires
  • Accompagnement des infections urogénitales basses (cystites, vaginites)
  • Usage en diffusion atmosphérique pour combattre le surmenage et la fatigue nerveuse

Utilisations pratiques

Sur la peau et les muqueuses. Diluée dans une huile végétale, l’huile essentielle de Bois de Hô s’utilise en onctions locales pour les infections cutanées (mycoses, petites lésions) et pour les soins de peau, en particulier associée à l’huile végétale de calophylle ou de calendula pour apaiser les peaux sensibles ou sèches. Sa propriété tonique et astringente cutanée en fait également un ingrédient recherché dans les soins anti-âge.

Sphère respiratoire. Elle est traditionnellement employée, en synergie avec d’autres huiles essentielles anti-infectieuses, dans l’accompagnement des rhino-pharyngites, bronchites et épisodes grippaux, par voie cutanée diluée sur le thorax ou par diffusion atmosphérique.

Sphère urinaire et gynécologique. Diluée et appliquée en onctions sur le bas-ventre, elle est utilisée dans l’accompagnement traditionnel des cystites, vaginites à Candida albicans, leucorrhées et vulvites.

Terrain nerveux et émotionnel. Sa dimension tonique et apaisante en fait une huile essentielle utilisée en diffusion ou en olfaction lors des états d’asthénie nerveuse, de surmenage intellectuel et de stress, ainsi que dans l’accompagnement traditionnel des pathologies infectieuses chez le jeune enfant, toujours à des dilutions adaptées à l’âge.

Comment utiliser l’huile essentielle de Bois de Hô ?

Mode d’utilisationDilution / dosage indicatifConseils
Cutanée (voie de prédilection)Diluée à 10-30 % dans une huile végétale selon le public viséVoir le tableau des limites d’emploi ci-dessous pour les publics sensibles
OraleQuelques gouttes diluées dans un support (huile végétale, miel, comprimé neutre)Réservée à l’adulte, à faire valider par un professionnel de santé formé à l’aromathérapie
Diffusion atmosphériqueQuelques gouttes en synergiePar courtes séquences, pièce ventilée
Olfaction directeAu flacon ou sur un support neutreUsage ponctuel
RectaleRéservée à des préparations galéniques spécifiquesSuppositoires, sous encadrement professionnel
VaginaleToujours diluéeUsage plus ponctuel

Les limites d’emploi par voie et par public, rapportées par Dominique Baudoux, donnent les repères de dilution suivants : voie cutanée 10 % chez le bébé de moins d’un an et de un à trente mois, 20 % chez la femme enceinte ou allaitante ; voie orale ou sublinguale non recommandée avant un an puis 10 % ensuite ; voie rectale 10 % chez le nourrisson puis 10 à 20 % selon l’âge et le terrain ; voie olfactive 20 % chez le nourrisson, 30 % chez la femme enceinte, allaitante ou chez les patients au terrain neurologique fragilisé. Ces pourcentages désignent la proportion maximale d’huile essentielle dans le mélange final, à adapter au cas par cas.

Synergies recommandées

Huiles essentielles associées

  • Ravintsara, pour les synergies respiratoires hivernales et les infections virales
  • Laurier noble, pour renforcer l’action anti-infectieuse et immunostimulante
  • Lemongrass, en synergie cutanée et anti-infectieuse
  • Niaouli, pour les affections cutanées et respiratoires de l’enfant
  • Clou de girofle, à dose très mesurée, pour les synergies anti-infectieuses puissantes

Huiles végétales associées recommandées

  • Calophylle, pour apaiser et régénérer les peaux sensibles ou abîmées
  • Calendula (huile de macération), pour les peaux sèches et réactives
  • Noyau d’abricot, comme support neutre pour les soins cutanés de l’enfant

Précautions d’emploi

Les sources professionnelles consultées sont concordantes : il n’existe aucune contre-indication connue à l’huile essentielle de Bois de Hô aux doses physiologiques et thérapeutiques usuelles. Une vigilance particulière reste toutefois recommandée chez les personnes ayant un terrain allergique marqué, en raison de la très forte proportion de linalol, un constituant pouvant être sensibilisant en cas d’usage cutané prolongé ou de dose excessive, comme pour toute huile essentielle riche en alcools terpéniques.

L’usage chez le nourrisson, la femme enceinte ou allaitante, et chez les patients présentant une fragilité neurologique, reste possible selon les repères de dilution donnés plus haut, mais doit être encadré par un professionnel de santé formé à l’aromathérapie. Comme pour toute huile essentielle, un test cutané préalable dans le pli du coude est recommandé avant toute première utilisation, et la voie orale est à réserver à l’adulte, sur des durées courtes.

Sur le plan toxicologique, la dose létale 50 (DL50) rapportée par voie orale est de 3,90 g/kg et par voie dermique de 4,70 g/kg, des valeurs qui situent cette huile essentielle parmi les huiles essentielles à faible toxicité aiguë. Cette huile essentielle doit être conservée à l’abri de la lumière et de la chaleur, dans un flacon bien fermé, et tenue hors de portée des enfants.

Composition biochimique

Le constituant très largement majoritaire de l’huile essentielle de Bois de Hô est le linalol, un monoterpénol dont la proportion varie, selon les sources et les lots, entre 80 % et plus de 95 % de la composition totale. Les autres constituants restent minoritaires mais participent au profil olfactif et à l’activité biologique de l’huile essentielle.

Famille biochimiqueConstituants principauxProportion approximative
Alcools monoterpéniquesLinalol (très largement majoritaire), terpinène-1-ol-4, citronellol80 à 95 %
Oxydes terpéniquesCis- et trans-linalol oxyde, 1,8-cinéole1 à 3 %
CétonesCamphre, méthylvinylcétone, méthylisobutylcétone (traces)0,5 à 2 %
MonoterpènesMyrcène, limonène, béta-phellandrène, ocimènes, gamma-terpinènetraces à 1 %
Alcools sesquiterpéniquesTagétonol, tr-hotriénoltraces

Cette dominance très nette du linalol distingue le Bois de Hô des deux autres chémotypes botaniquement reconnus de Cinnamomum camphora : le chémotype à cinéole, qui donne le Ravintsara, riche en 1,8-cinéole et pauvre en linalol, et le chémotype à camphre, riche en camphre et potentiellement neurotoxique à doses élevées. Une même espèce botanique peut donc donner des huiles essentielles aux profils et aux précautions d’emploi radicalement différents selon le chémotype distillé, un point de vigilance à l’achat déjà détaillé pour une confusion voisine entre espèces malgaches de Lauracées dans l’article Ravensare ou Ravintsara ? La confusion à connaître avant d’acheter.

Références bibliographiques

Ouvrages

  • Franchomme P., Jollois R., Pénoël D., L’aromathérapie exactement, Roger Jollois Éditeur, 2001.
  • Baudoux D., Aromathérapie : se soigner par les huiles essentielles, Éditions Amyris / Dunod.

Études scientifiques (PubMed)

  • Poudel D.K., Rokaya A., Ojha P.K., Timsina S., Satyal R., Dosoky N.S., Satyal P., Setzer W.N., « The Chemical Profiling of Essential Oils from Different Tissues of Cinnamomum camphora L. and Their Antimicrobial Activities », Molecules, 2021, 26(17):5132. PMID 34500567. Étude in vitro comparant les huiles essentielles extraites de différents tissus (feuille, branche, bois, racine) de Cinnamomum camphora et leur activité antimicrobienne testée en laboratoire.
  • Wu K. et al., « Mechanisms of vapor-phase antibacterial action of essential oil from Cinnamomum camphora var. linaloofera Fujita against Escherichia coli », Food Science & Nutrition, 2019, 7(8):2546-2554. PMID 31428342. Étude in vitro en phase vapeur sur le chémotype à linalol de Cinnamomum camphora, démontrant une action bactéricide sur Escherichia coli ; ce résultat de laboratoire ne constitue pas une preuve d’efficacité clinique chez l’humain.
  • Harada H., Kashiwadani H., Kanmura Y., Kuwaki T., « Linalool Odor-Induced Anxiolytic Effects in Mice », Frontiers in Behavioral Neuroscience, 2018, 12:241. PMID 30405369. Étude menée sur un modèle animal (souris) avec du linalol isolé et non avec l’huile essentielle entière de Bois de Hô ; une étude plus récente menée chez l’humain (2024) n’a pas retrouvé d’effet anxiolytique statistiquement significatif de l’inhalation de linalol seul, ce qui invite à la prudence sur l’extrapolation directe de ces résultats.

Foire aux questions

Le Bois de Hô est-il la même huile essentielle que le Bois de rose ?

Non. Ce sont deux espèces botaniques distinctes : le Bois de Hô provient de Cinnamomum camphora ct linalol (Lauracées, Asie), le Bois de rose provient d’Aniba rosaeodora (Lauracées également, mais originaire d’Amazonie). Leur composition biochimique, toutes deux dominées par le linalol, et leur fragrance sont proches, ce qui explique que le Bois de Hô se soit imposé comme alternative depuis que le Bois de rose est devenu rare et protégé, mais il ne s’agit pas de la même plante.

L’huile essentielle de Bois de Hô est-elle extraite du bois ou des feuilles de l’arbre ?

Les sources divergent sur ce point précis. Le nom commercial renvoie à une distillation historique du bois, mais la production actuelle se fait le plus souvent à partir des rameaux feuillés (jeunes branches et feuilles), une pratique plus durable qui ne nécessite pas l’abattage de l’arbre. La composition biochimique varie sensiblement selon le tissu distillé, ce qui explique une partie des écarts observés entre lots et entre fournisseurs.

Quelle est la différence entre le Bois de Hô et le Ravintsara ?

Les deux huiles essentielles proviennent de la même espèce botanique, Cinnamomum camphora, mais de chémotypes différents. Le Ravintsara est le chémotype à cinéole (riche en 1,8-cinéole, orienté vers les infections respiratoires virales), tandis que le Bois de Hô est le chémotype à linalol (riche en linalol, avec un profil anti-infectieux plus large et une dimension cutanée et apaisante plus marquée). Ces deux huiles essentielles ne sont pas interchangeables malgré leur origine botanique commune.

Le Bois de Hô présente-t-il un risque allergique ?

Sa très forte teneur en linalol impose une vigilance particulière chez les personnes ayant un terrain allergique marqué, comme le rapportent les sources professionnelles consultées. Un test cutané préalable dans le pli du coude est recommandé avant toute première utilisation, en particulier par voie cutanée.

Peut-on utiliser le Bois de Hô chez le nourrisson ou pendant la grossesse ?

Oui, selon les repères de dilution rapportés par la littérature professionnelle (voir la section Comment utiliser), mais toujours à des concentrations réduites et adaptées à l’âge ou à l’état physiologique, et idéalement sous le regard d’un professionnel de santé formé à l’aromathérapie. Aucune contre-indication formelle n’est rapportée aux doses physiologiques, mais la prudence reste de mise chez ces publics sensibles.

Les propriétés du Bois de Hô sont-elles validées par des études scientifiques ?

Certaines activités, notamment antibactérienne, ont été démontrées en laboratoire, en particulier sur le chémotype à linalol de Cinnamomum camphora face à Escherichia coli. Ces résultats sont obtenus in vitro, en conditions de laboratoire, et ne permettent pas à eux seuls de conclure à une efficacité clinique chez l’humain. Les propriétés apaisantes et toniques nerveuses, quant à elles, reposent en grande partie sur l’usage traditionnel et sur des données animales encore incomplètes chez l’humain.