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Sébastien Naturo

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Qu’est ce que la naturopathie et que peut-elle nous apporter

Deux naturopathes peuvent avoir des pratiques presque totalement différentes, et tous les deux être parfaitement compétents. C’est un fait peu intuitif, mais l’OMS recense près de quatre cents disciplines distinctes sous le terme naturopathie. Il ne s’agit pas d’un flou réglementaire regrettable, c’est la nature même de ce métier : un cadre large, à l’intérieur duquel chaque praticien construit sa propre boîte à outils.

Voici la mienne, et comment je m’en sers.

Un socle, quatre outils

Ma pratique quotidienne s’appuie sur quatre disciplines principales : l’aromathérapie, la gemmothérapie, la mycothérapie et la nutripuncture. Ce ne sont pas des options que je propose en vitrine, ce sont les outils avec lesquels je travaille concrètement, session après session.

L’aromathérapie

C’est ma formation la plus poussée, certifiée deuxième degré à la Faculté Libre de Médecine Naturelle et d’Ethnomédecine de Paris sous la direction de Pierre Franchomme. Les huiles essentielles occupent une place centrale dans mes accompagnements parce qu’elles offrent une réactivité que peu d’autres outils naturels permettent : une synergie bien construite peut agir vite sur un terrain précis, tout en s’inscrivant dans une approche de fond respectueuse des mécanismes physiologiques.

Ce qui distingue l’aromathérapie clinique d’un simple usage de bien-être, c’est la précision chémotypée : une même plante peut donner des huiles essentielles aux propriétés très différentes selon son lieu de culture, la partie distillée, la saison de récolte. Une lavande fine n’a pas le même profil biochimique qu’un lavandin, et confondre les deux peut changer complètement l’effet recherché. C’est cette exigence de précision, héritée de ma formation FLMNE, qui structure la façon dont je construis chaque synergie.

La gemmothérapie

Les bourgeons et jeunes pousses travaillent différemment des huiles essentielles : leur action est plus progressive, plus profonde, souvent orientée vers le terrain de fond plutôt que le symptôme immédiat. J’y ai recours quand un accompagnement demande de la durée plutôt que de l’intensité, en complément ou en relais d’une synergie aromatique.

La spécificité de la gemmothérapie tient à la concentration en méristèmes, ces tissus embryonnaires du végétal encore en pleine croissance, qui contiennent l’ensemble du potentiel biochimique de la plante à un stade concentré. C’est une approche qui demande de la patience : contrairement à l’aromathérapie, les effets se construisent sur plusieurs semaines, ce qui en fait un outil de fond plutôt qu’une réponse immédiate.

La mycothérapie

C’est un outil plus récent dans ma pratique, et probablement le moins connu du grand public. Les champignons médicinaux (reishi, shiitaké, hericium, agaricus) apportent des ressources spécifiques, notamment sur le terrain immunitaire et la vitalité générale, qui complètent utilement l’aromathérapie et la gemmothérapie sans les concurrencer.

Ce que la mycothérapie apporte de spécifique, ce sont des composés que l’on ne retrouve ni chez les plantes ni dans les huiles essentielles, notamment les bêta-glucanes, des polysaccharides propres aux champignons dont la structure biochimique diffère de celle des végétaux. C’est cette différence de nature qui justifie de ne pas la traiter comme un simple substitut à la phytothérapie, mais comme une famille d’outils à part entière, avec ses propres indications de terrain.

La nutripuncture

Une approche plus ciblée, qui vient soutenir des points précis de déséquilibre identifiés lors du bilan. C’est souvent l’outil que j’associe aux trois précédents plutôt qu’un point de départ en soi, pour affiner un accompagnement déjà orienté par les autres disciplines.

La nutripuncture repose sur des complexes oligo-minéraux micro-dosés, destinés à « nourrir » des points perturbés plutôt qu’à s’attaquer directement à un trouble, dans une logique de soutien de l’homéostasie et de la communication cellulaire. Cette discipline, née en France dans les années 1980 sous l’impulsion du Dr P. Véret, s’appuie à la fois sur les connaissances de l’acupuncture et sur des travaux plus récents concernant les signaux faibles émis par le vivant. C’est un outil que j’intègre volontiers pour affiner un accompagnement déjà engagé sur les trois autres axes.

Pourquoi ces quatre-là, et pas d’autres

Sur les quatre cents disciplines recensées par l’OMS, on pourrait légitimement se demander pourquoi je me suis arrêté sur cette combinaison précise plutôt qu’une autre, tout aussi valable ailleurs.

La réponse tient à la fois à mon parcours de formation et à une conviction de fond : je préfère aller en profondeur sur un nombre limité d’outils que je maîtrise réellement, plutôt que de proposer un catalogue large mais superficiel. L’aromathérapie est mon socle historique, celui sur lequel j’ai le plus investi en formation continue. La gemmothérapie, la mycothérapie et la nutripuncture sont venues s’y greffer progressivement, chacune pour répondre à des situations où l’aromathérapie seule ne suffisait pas à couvrir la globalité du terrain.

Cette combinaison n’a rien d’universel ni de supérieur à d’autres approches. Un naturopathe formé en iridologie, en réflexologie ou en médecine traditionnelle chinoise construira une pratique tout aussi légitime, avec d’autres outils, d’autres angles d’entrée sur le même objectif : soutenir les capacités naturelles de régulation de l’organisme.

Pas de hiérarchie fixe entre les quatre

Je n’ai pas de protocole standard qui commencerait systématiquement par l’un de ces quatre outils avant les autres. Le choix dépend entièrement de ce que révèle le bilan initial : le terrain de la personne, ses priorités, ce qu’elle a déjà tenté, ce qui lui correspond dans sa vie quotidienne.

Pour une personne qui cherche un soutien rapide sur un inconfort précis, l’aromathérapie sera souvent la porte d’entrée la plus directe. Pour un terrain qui demande un travail de fond sur plusieurs mois, la gemmothérapie prendra naturellement une place plus centrale. La mycothérapie intervient plus spécifiquement quand le terrain immunitaire ou la vitalité générale sont au cœur de la demande. La nutripuncture vient le plus souvent en complément, pour affiner un accompagnement déjà engagé sur l’un des trois autres axes.

Cette absence de hiérarchie fixe n’est pas un manque de méthode, c’est au contraire ce qui permet d’ajuster réellement l’accompagnement à la personne plutôt que de plaquer un protocole identique sur des situations différentes.

Le temps et l’écoute, avant les outils

Si je devais isoler un seul élément de ma pratique qui compte plus que le choix entre aromathérapie, gemmothérapie, mycothérapie ou nutripuncture, ce serait le temps que je consacre à l’écoute avant de proposer quoi que ce soit.

Le bilan initial n’est pas une formalité administrative, c’est le moment où se construit la compréhension réelle du terrain de la personne, de son histoire, de ce qui a déjà été tenté, de ce qui n’a pas fonctionné et pourquoi. Cette écoute prend du temps, et je considère que c’est un temps non négociable, quel que soit l’outil qui sera finalement mobilisé.

Je ne dirai pas que cette qualité d’écoute me distingue d’autres praticiens, ce serait prétentieux et invérifiable. Mais c’est ce qui, de mon côté, structure concrètement chaque accompagnement : sans une compréhension fine du terrain, le meilleur outil du monde reste mal ajusté.

Ce que cette approche implique concrètement

Travailler avec quatre disciplines plutôt qu’une seule signifie aussi accepter une forme de complexité assumée. Je ne propose pas de solution unique et universelle à un déséquilibre donné, parce que le même symptôme peut avoir des origines très différentes selon les personnes, et appeler des réponses différentes.

Cette approche demande du temps, autant pour comprendre le terrain que pour ajuster l’accompagnement dans la durée. Elle n’a pas vocation à remplacer un suivi médical quand la situation le nécessite, mais à l’accompagner, en s’appuyant sur des outils dont je maîtrise réellement le fonctionnement et les limites.

Une pratique qui continue de se former

Ces quatre disciplines ne sont pas figées une fois pour toutes depuis mes diplômes initiaux. Au-delà de mon socle FLMNE en aromathérapie et EIBE en naturopathie, je continue à me former régulièrement, notamment auprès de spécialistes reconnus dans des domaines complémentaires : nutripuncture, microbiote intestinal, ou encore Reiki Usui.

Cette formation continue n’est pas un argument commercial, c’est une nécessité pratique. Les connaissances évoluent, de nouvelles études affinent la compréhension de mécanismes que l’on pensait établis, et un praticien qui cesserait de se former prendrait le risque de proposer un accompagnement figé sur des bases datées. C’est particulièrement vrai en mycothérapie, une discipline dont la recherche scientifique progresse vite, avec de nouvelles données publiées régulièrement sur les composés actifs des champignons médicinaux.

Les limites que je respecte

Ces quatre disciplines s’appuient sur des substances actives, pas sur de simples habitudes de bien-être. Les huiles essentielles en particulier peuvent présenter de vraies contre-indications, interactions médicamenteuses ou précautions selon les populations. Je ne les utilise jamais comme des solutions anodines, et j’oriente systématiquement vers une consultation médicale quand un symptôme dépasse le champ de ce que la naturopathie peut raisonnablement accompagner.

Pour l’ensemble des précautions générales d’usage des huiles essentielles, consultez notre page dédiée : sécurité et précautions d’usage des huiles essentielles.

En résumé

Ma pratique de la naturopathie repose sur quatre outils que je maîtrise en profondeur, aromathérapie, gemmothérapie, mycothérapie et nutripuncture, mobilisés selon ce que révèle chaque bilan, sans hiérarchie ni protocole figé. Le temps consacré à l’écoute reste, avant tout choix d’outil, ce qui structure réellement chaque accompagnement.

Sébastien Brame Sébastien Naturo

Sébastien Brame

Naturopathe diplomé EIBE et aromathérapeute FLMNE