Hydrolat de Périlla (Perilla frutescens)
Résumé : L’hydrolat de Périlla est le coproduit aqueux obtenu par distillation à la vapeur d’eau des feuilles de Perilla frutescens, une lamiacée annuelle originaire d’Asie de l’Est connue en cuisine japonaise sous le nom de shiso. Peu documenté en langue française, il est surtout décrit dans la littérature spécialisée anglo-saxonne pour son intérêt en cas de terrain allergique et pour le confort hépatique, digestif et métabolique, généralement en cure par voie orale. Son profil olfactif épicé et boisé et sa saveur amère et astringente en font un hydrolat de caractère, traditionnellement pris dilué dans de l’eau plutôt qu’appliqué sur la peau, cet usage cutané restant peu décrit dans les sources consultées. Cette fiche rassemble les éléments disponibles sur son origine, ses propriétés documentées, ses usages et ses précautions.
➤ Note : Cette fiche a une visée exclusivement informative et éditoriale. Elle ne remplace pas un avis médical, en particulier en cas de grossesse, d’allaitement, de pathologie chronique, de traitement en cours ou de terrain allergique sévère.
Tout savoir sur l’hydrolat de Périlla – Navigation rapide dans l’article
- Qu’est-ce que l’hydrolat de Périlla ?
- Bienfaits et propriétés
- Utilisations pratiques
- Comment utiliser l’hydrolat de Périlla ?
- Synergies recommandées
- Précautions d’emploi
- Profil aromatique
- Références bibliographiques
- Foire aux questions
Qu’est-ce que l’hydrolat de Périlla ?
Perilla frutescens est une plante annuelle de la famille des lamiacées (la famille de la menthe, de la lavande ou du romarin), originaire d’Asie de l’Est. Elle pousse à l’état spontané ou cultivé à Taïwan, au Japon, en Corée et en Chine, et elle est également documentée en Inde, en Thaïlande et au Vietnam où elle occupe une place ancienne en médecine traditionnelle. La plante mesure environ soixante centimètres de hauteur, avec des feuilles ovales opposées et des fleurs disposées en épis. Selon les variétés, le feuillage peut être vert ou pourpre : cette seconde variété, aux larges feuilles rouges, a valu à la plante le surnom de « beefsteak plant » (littéralement « plante bifteck ») dans certaines régions d’immigration asiatique aux États-Unis au dix-neuvième siècle, où on l’utilisait notamment pour la conservation de la viande.
En japonais, la plante se nomme shiso ; le nom périlla, dérivé de sa désignation botanique, est celui le plus couramment employé en Occident. Ses feuilles constituent un condiment traditionnel de la cuisine japonaise, où elles accompagnent notamment les préparations à base de poisson cru, un usage culinaire ancien associé de longue date à une meilleure tolérance digestive de ces plats. Dans plusieurs cultures d’Asie de l’Est, la plante est aussi entourée d’un profond respect : au Japon, des gestes rituels précèdent traditionnellement sa récolte, et certaines populations aborigènes de Taïwan la plantent près des habitations pour son pouvoir protecteur supposé.
L’hydrolat est obtenu par distillation à la vapeur d’eau des feuilles de la plante. Cette distillation produit en parallèle une huile essentielle peu courante, dont le composant caractéristique est un aldéhyde terpénique appelé perillaldéhyde. Cette fiche ne concerne que l’hydrolat, un produit aqueux et faiblement concentré : elle ne doit pas être confondue avec l’huile végétale de périlla, un produit gras obtenu par pression des graines de la même plante, vendu séparément dans la catégorie des huiles végétales cosmétiques et destiné à des usages très différents.
Sur le plan organoleptique, l’hydrolat de périlla se distingue par une odeur épicée et boisée, assez éloignée des hydrolats floraux plus classiques, et par une saveur marquée, à la fois amère, légèrement douce et astringente (qui laisse une sensation de resserrement en bouche). Ce profil gustatif prononcé explique qu’il soit le plus souvent consommé dilué dans une grande quantité d’eau plutôt que pris pur.
Bienfaits et propriétés
Propriétés principales
- Antihistaminique et apaisante pour les muqueuses respiratoires : l’hydrolat de périlla est décrit par la thérapeute et enseignante Lydia Bosson comme antihistaminique (limitant les effets de l’histamine, un médiateur chimique libéré par l’organisme lors d’une réaction allergique) et anti-asthmatique, une propriété traditionnellement mobilisée pour accompagner le confort en cas de rhinite allergique, d’asthme, de bronchite chronique et de faiblesse pulmonaire.
- Dépurative et détoxifiante, en particulier pour le foie et le pancréas : elle est associée à un soutien de l’insuffisance et de l’inflammation hépatique et pancréatique, ainsi qu’à un usage traditionnel en cas de cholestérol élevé, de diabète, d’insuffisance métabolique et de lithiases.
- Tonique digestive : l’hydrolat est traditionnellement recommandé en cas de nausées, de digestion difficile, de manque d’appétit et d’intolérances alimentaires.
- Anti-inflammatoire et analgésique (qui atténue la douleur) : cette action est décrite pour les inflammations urogénitales chroniques, les douleurs menstruelles, les rhumatismes, l’arthrite et les spasmes musculaires.
- Soutien du terrain immunitaire : l’hydrolat est cité comme immunostimulant en cas de faiblesse immunitaire.
Propriétés énergétiques
Dans les approches énergétiques de l’hydrolathérapie, la périlla est rattachée au sixième chakra (dans les traditions énergétiques indiennes, un centre d’énergie subtile associé au corps), nommé Ajna et situé au niveau du front, au « troisième œil ». Elle est décrite comme une plante qui aide à prendre conscience des projections mentales et des croyances limitantes, à clarifier le mental et à se défaire de schémas de pensée devenus inutiles. Cette dimension reste une lecture traditionnelle et symbolique, distincte des propriétés physiologiques documentées ci-dessus.
Utilisations pratiques
Le terrain allergique et histaminique constitue l’axe d’utilisation le plus souvent mis en avant pour cet hydrolat, notamment en période de sensibilité saisonnière (pollens, changements de saison). Il est alors pris en cure par voie orale, généralement dilué dans de l’eau tout au long de la journée. Un article consacré aux allergies et à l’aromathérapie revient sur cette piste, en soulignant l’intérêt traditionnellement attribué à l’hydrolat de périlla pour la régulation de l’histamine et l’accompagnement de l’organisme en période de sensibilisation environnementale.
Le confort digestif et hépatopancréatique forme le second axe d’usage documenté : l’hydrolat est traditionnellement utilisé en cure pour accompagner une digestion difficile, un manque d’appétit ou une fonction hépatique et pancréatique fragilisée, généralement pris chaud, après les repas.
Concernant la peau, les sources consultées pour cette fiche ne documentent pas d’usage cutané ou cosmétique spécifique pour l’hydrolat de périlla. Contrairement à de nombreux autres hydrolats employés aussi bien en interne qu’en externe, celui-ci apparaît dans la littérature spécialisée presque exclusivement comme un hydrolat de cure par voie orale. En l’absence de données disponibles sur son usage cutané, la prudence invite à réserver son emploi à la voie interne, sauf avis contraire d’un professionnel formé à l’hydrolathérapie.
Comment utiliser l’hydrolat de Périlla ?
| Usage | Mode d’application | Dilution ou dosage indicatif |
|---|---|---|
| Terrain allergique et confort respiratoire saisonnier | Voie orale, cure prolongée | 1 à 2 cuillères à soupe diluées dans un litre d’eau, à boire tout au long de la journée, cure de 30 jours minimum |
| Intolérance alimentaire, confort digestif | Voie orale, après les repas | 1 cuillère à café dans une tasse d’eau chaude, après le repas, 3 fois par jour, cure de 40 jours (pause de 2 semaines puis reprise si besoin) |
| Confort hépatique, pancréatique et métabolique (cholestérol, glycémie) | Voie orale, cure | 1 cuillère à café dans un litre d’eau, à boire dans la journée, cure prolongée |
| Détoxication générale, période de convalescence | Voie orale, cure | 1 cuillère à soupe dans un litre d’eau de préférence chaude, quotidiennement, cure de 40 jours |
Synergies recommandées
L’hydrolat est une phase aqueuse et ne se mélange pas spontanément à une huile essentielle, lipophile. Pour la cure interne, l’huile essentielle ne se verse jamais directement dans l’hydrolat bu : elle se prend à part, sur un comprimé neutre ou dans une cuillère de miel. Par voie cutanée, elle se dilue dans une huile végétale et s’applique séparément de l’hydrolat.
Huiles essentielles associées recommandées
- Tanaisie annuelle, huile essentielle riche en chamazulène traditionnellement utilisée par voie cutanée diluée pour accompagner le confort respiratoire en période de sensibilité saisonnière, en complément de la cure d’hydrolat.
- Camomille matricaire, autre huile essentielle riche en chamazulène et en bisabolol, associée au confort en cas d’hypersensibilité et de réactions allergiques.
- Camomille romaine, dont l’action apaisante complète celle de la périlla sur le terrain inflammatoire et allergique.
- Estragon, huile essentielle traditionnellement reconnue pour son action antispasmodique digestive, en complément de l’action tonique digestive de l’hydrolat de périlla.
Autres hydrolats
Lydia Bosson mentionne l’intérêt de mélanger l’hydrolat de périlla à d’autres hydrolats dans une même cure, notamment l’hydrolat de Camomille romaine pour le confort en période de sensibilité saisonnière. Aucune synergie avec une huile végétale n’est documentée dans les sources consultées pour cette fiche : l’hydrolat de périlla étant employé presque exclusivement par voie orale, il ne nécessite pas de support gras comme c’est le cas pour une application cutanée diluée.
Précautions d’emploi
- Les sources consultées pour cette fiche, notamment l’ouvrage de référence de Lydia Bosson sur l’hydrolathérapie, ne rapportent aucune contre-indication connue pour l’hydrolat de périlla aux doses traditionnellement utilisées.
- Cette absence de contre-indication documentée ne dispense pas de la prudence générale déjà mentionnée en tête de cette fiche, en particulier pendant la grossesse, l’allaitement, chez le jeune enfant ou en cas de traitement médicamenteux en cours : ces situations ne sont pas spécifiquement documentées pour cet hydrolat et justifient un avis professionnel avant usage prolongé.
- L’usage cutané n’étant pas documenté dans les sources consultées, il est préférable de réserver cet hydrolat à la voie orale, en cure, plutôt que de l’utiliser par analogie avec d’autres hydrolats mieux caractérisés pour un usage cutané.
- Comme pour tout hydrolat pris par voie interne, il convient de choisir un produit pur, sans conservateur, garanti de qualité alimentaire, et de ne pas prolonger une cure au-delà des durées habituellement décrites sans avis d’un professionnel formé à l’hydrolathérapie.
Profil aromatique
La documentation analytique spécifique à l’hydrolat de périlla reste limitée dans les sources consultées pour cette fiche. L’huile essentielle obtenue lors de la même distillation contient, selon Lydia Bosson, des aldéhydes de type perillaldéhyde ainsi que des monoterpènes et des sesquiterpènes ; l’hydrolat, produit aqueux beaucoup moins concentré, n’en retient que des traces solubles dans l’eau, sans que leur dosage précis soit détaillé dans les ouvrages consultés.
Les feuilles de périlla sont par ailleurs connues pour leur richesse en acide rosmarinique, un polyphénol hydrosoluble identifié dans plusieurs études scientifiques comme le principal composé responsable de l’effet antihistaminique de la plante. Sa présence effective, et sa concentration, dans l’hydrolat lui-même n’ont toutefois pas été spécifiquement analysées dans les sources disponibles pour cette fiche : cette hypothèse, cohérente avec les propriétés traditionnellement décrites, reste donc à confirmer par des données analytiques propres à l’hydrolat.
De façon générale, les hydrolats présentent un pH légèrement acide, le plus souvent compris entre 5 et 6 selon Lydia Bosson, mais cette donnée n’a pas été mesurée spécifiquement pour la périlla dans les sources consultées. De même, un hydrolat pur et sans conservateur, obtenu dans de bonnes conditions d’hygiène, peut généralement se conserver plusieurs mois, entre douze et vingt-quatre mois selon Patricia Dalmas, à condition d’être stocké au frais et à l’abri de la lumière : cette indication générale n’est pas non plus documentée de façon spécifique pour l’hydrolat de périlla.
Références bibliographiques
Ouvrages
- Bosson, Lydia. Hydrolathérapie : guérir avec les eaux subtiles des plantes. Éditions Amyris, 2015 (édition anglaise : Hydrosol Therapy: A Handbook for Aromatherapists and Other Practitioners, Jessica Kingsley Publishers, 2019).
- Dalmas, Patricia. Guide des eaux florales et hydrolats. Éditions Médicis, 2012 (rééditions 2016, 2019).
- Faucon, Michel. Traité d’aromathérapie scientifique et médicale, les hydrolats. Éditions Le sang de la Terre, 2018.
Études scientifiques (PubMed)
- Makino T, et al. « Anti-allergic effect of Perilla frutescens and its active constituents ». Phytotherapy Research, 2003. PMID 12672153. Étude portant sur un extrait de feuilles de Perilla frutescens et sur l’acide rosmarinique isolé, testés chez la souris, et non sur l’hydrolat lui-même.
- Takano H, et al. « Extract of Perilla frutescens enriched for rosmarinic acid, a polyphenolic phytochemical, inhibits seasonal allergic rhinoconjunctivitis in humans ». Experimental Biology and Medicine, 2004. PMID 14988517. Essai clinique contrôlé chez l’humain, portant sur un extrait de feuilles enrichi en acide rosmarinique administré par voie orale, et non sur l’hydrolat lui-même.
- « Effect of Perilla frutescens var. acuta Kudo and rosmarinic acid on allergic inflammatory reactions ». Food and Chemical Toxicology, 2011. PMID 21239739. Étude portant sur un extrait de feuilles et sur l’acide rosmarinique, testés dans un modèle murin de rhinite allergique, et non sur l’hydrolat lui-même.
Foire aux questions
Quelle est la différence entre l’hydrolat de périlla et l’huile végétale de périlla ?
Ce sont deux produits différents issus de la même plante. L’hydrolat est un liquide aqueux, faiblement concentré, obtenu par distillation à la vapeur des feuilles. L’huile végétale de périlla est un corps gras obtenu par pression des graines, vendu dans une catégorie distincte destinée à des usages cosmétiques. Cette fiche traite uniquement de l’hydrolat.
L’hydrolat de périlla convient-il aux personnes ayant un terrain allergique ou histaminique ?
Il est traditionnellement décrit, notamment par Lydia Bosson, comme antihistaminique et utilisé en cure en période de sensibilité saisonnière. Cette réputation traditionnelle ne remplace pas un diagnostic ni un traitement prescrit en cas d’allergie avérée : il s’agit d’un accompagnement complémentaire, à discuter avec un professionnel de santé en cas de terrain allergique marqué.
Peut-on appliquer l’hydrolat de périlla sur la peau ?
Les sources consultées pour cette fiche ne documentent pas d’usage cutané spécifique pour cet hydrolat, qui est décrit presque exclusivement pour un usage par voie orale, en cure. En l’absence de données sur son emploi cutané, il est préférable de le réserver à la voie interne.
Combien de temps se conserve un hydrolat de périlla une fois ouvert ?
Aucune donnée de conservation spécifique à cet hydrolat n’a été identifiée dans les sources consultées. À titre général, un hydrolat pur et sans conservateur, correctement stocké au frais et à l’abri de la lumière, se conserve habituellement plusieurs mois selon les ouvrages de référence sur les hydrolats.
L’hydrolat de périlla peut-il remplacer un traitement contre les allergies saisonnières ?
Non. Il s’utilise traditionnellement en complément du confort général pendant les périodes de sensibilité saisonnière, mais ne se substitue pas à un traitement antihistaminique ou à un suivi médical prescrit en cas d’allergie diagnostiquée, en particulier si les symptômes sont marqués ou persistants.