Huile essentielle de Myrte citronné (Leptospermum petersonii)
Résumé : L’huile essentielle de Myrte citronné est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des rameaux feuillés de Leptospermum petersonii, un arbuste de la famille des Myrtacées originaire d’Australie. Sa composition dominée par les aldéhydes citraliques, le néral et le géranial en particulier, lui confère des propriétés anti-infectieuses marquées ainsi qu’une action calmante et anti-inflammatoire. Réputée pour son parfum citronné intense, elle est utilisée en diffusion, en application cutanée diluée et en synergie avec d’autres huiles essentielles à visée respiratoire ou cutanée. Sa richesse en aldéhydes impose cependant des précautions d’usage précises, notamment en application sur la peau.
➤ Note : cette huile essentielle ne doit pas être confondue avec l’huile essentielle de Backhousia citriodora (myrte citronné de Backhousia, également appelée lemon myrtle), une autre espèce australienne au nom vernaculaire proche mais botaniquement distincte. Les informations de cette fiche concernent exclusivement Leptospermum petersonii.
Tout savoir sur le Myrte citronné – Navigation rapide dans l’article
- Qu’est-ce que l’huile essentielle de Myrte citronné ?
- Bienfaits et propriétés
- Utilisations pratiques
- Comment utiliser le Myrte citronné ?
- Synergies recommandées
- Précautions d’emploi
- Composition biochimique
- Références bibliographiques
- Foire aux questions
Qu’est-ce que l’huile essentielle de Myrte citronné ?
Le Myrte citronné (Leptospermum petersonii F.M.Bailey, synonyme Leptospermum citratum) est un arbuste australien de la famille des Myrtacées, proche parent du Manuka (Leptospermum scoparium), une autre espèce du même genre déjà bien connue en aromathérapie pour ses propriétés cutanées et anti-infectieuses. L’huile essentielle est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des rameaux feuillés et se distingue par une odeur citronnée puissante, due à sa forte concentration en aldéhydes terpéniques, principalement le néral et le géranial, regroupés sous le terme de citrals.
Il existe une confusion fréquente, y compris dans certains catalogues et sur internet, entre cette huile essentielle et celle de Backhousia citriodora, un arbre également originaire d’Australie et également désigné en anglais par l’appellation lemon myrtle. Ces deux espèces appartiennent bien à la famille des Myrtacées mais relèvent de genres botaniques différents, Leptospermum d’une part et Backhousia d’autre part, et leurs profils biochimiques ne sont pas superposables. Il convient donc de toujours vérifier le nom latin exact figurant sur l’étiquette avant tout usage, les deux huiles n’étant pas interchangeables en pratique.
Sur le plan botanique, Leptospermum petersonii se présente comme un arbuste ou petit arbre à feuillage persistant, aux feuilles étroites et lancéolées libérant, au froissement, une odeur citronnée caractéristique. C’est précisément cette richesse aromatique du feuillage qui justifie la distillation des rameaux feuillés, par entraînement à la vapeur d’eau, procédé classique en aromathérapie qui permet d’obtenir une huile essentielle sans recours à des solvants chimiques. L’huile obtenue se présente comme un liquide mobile, de couleur jaune pâle à jaune, dont la note olfactive de tête, très citronnée et légèrement herbacée, rappelle à la fois la verveine et la citronnelle, en cohérence avec sa parenté biochimique avec ces deux huiles essentielles.
D’un point de vue biochimique, le Myrte citronné appartient à la grande famille des huiles essentielles riches en aldéhydes terpéniques de type citrals, qui regroupe également des huiles essentielles bien connues comme la litsée citronnée, la citronnelle de Java, la verveine odorante ou la mélisse officinale. Cette parenté chimique explique certaines convergences de propriétés et justifie les associations proposées plus loin dans les synergies recommandées.
Bienfaits et propriétés
Propriétés principales
- Anti-infectieuse : les aldéhydes présents dans l’huile essentielle de Myrte citronné lui confèrent une action antifongique, antivirale et antibactérienne particulièrement puissante. Pierre Franchomme signale une efficacité notable contre le virus de l’herpès simplex et contre le poxvirus responsable du molluscum contagiosum, une affection cutanée bénigne et fréquente, en particulier chez l’enfant.
- Calmante et sédative : les citrals, néral et géranial, sont décrits comme des molécules dites négativantes, qui apportent des électrons à l’organisme et produisent un effet apaisant sur le système nerveux central, notamment par les voies de connexion neuro-olfactives. Cette action calmante est déjà bien marquée pour cette huile essentielle.
- Anti-inflammatoire : les aldéhydes agissent en neutralisant les radicaux libres au niveau des zones enflammées, jouant un rôle antioxydant, et interviennent également de façon plus indirecte en régulant le système psycho-neuro-endocrino-immunitaire. Cette propriété est là aussi déjà notable pour cette huile essentielle.
Propriétés énergétiques
En aromathérapie énergétique, les huiles essentielles riches en citrals sont traditionnellement associées à une action apaisante sur le mental, favorisant le lâcher-prise et la détente, en cohérence avec leur effet calmant décrit sur le plan physiologique.
Autres bienfaits
- Hypotenseur
- Eupeptique, favorisant la digestion
- Stomachique
- Litholytique
- Antalgique, propriété partagée par les huiles essentielles de la famille des aldéhydes terpéniques à laquelle appartient le Myrte citronné, selon Dominique Baudoux
- Utile comme soutien olfactif dans l’accompagnement du sevrage tabagique, l’odeur citronnée limitant certains effets du syndrome de manque, en particulier l’état de tension associé
Dominique Baudoux situe plus largement les huiles essentielles riches en citrals, dont le Myrte citronné, dans la famille biochimique des aldéhydes terpéniques, à laquelle il attribue des propriétés anti-inflammatoires, calmantes et sédatives, stomachiques et eupeptiques, antibactériennes, antifongiques, antivirales, litholytiques et antalgiques. Ces propriétés de famille recoupent et complètent celles rapportées spécifiquement pour le Myrte citronné par Pierre Franchomme.
Utilisations pratiques
L’huile essentielle de Myrte citronné trouve sa place dans l’accompagnement des affections cutanées d’origine virale localisées, comme le molluscum contagiosum, en application locale très diluée et sur avis d’un professionnel de santé pour les enfants. Sa dimension calmante et sédative en fait également une huile essentielle intéressante en diffusion atmosphérique dans les moments de tension nerveuse ou pour accompagner une démarche de sevrage tabagique, où l’inhalation olfactive contribue à limiter certains effets du manque. Sur le plan digestif, ses propriétés eupeptiques et stomachiques peuvent être sollicitées en usage cutané abdominal dilué. En diffusion, elle est plus généralement employée pour assainir l’atmosphère et pour son parfum citronné frais et enveloppant.
Sa parenté avec les autres huiles essentielles riches en aldéhydes terpéniques oriente également son emploi, en application cutanée locale et diluée, vers l’accompagnement des inconforts articulaires, tendineux et musculaires, un usage classiquement décrit pour cette famille biochimique dans les massages de bien-être et de confort. Comme pour toute huile essentielle destinée à un usage ciblé, il est recommandé de respecter les dilutions indiquées et de solliciter un avis professionnel en cas de doute sur l’indication ou la durée d’utilisation.
Comment utiliser le Myrte citronné ?
| Usage | Mode d’application | Dilution / dosage indicatif |
|---|---|---|
| Application cutanée locale (peau normale) | Diluée dans une huile végétale, sur la zone concernée | Dilution à 20 % maximum dans l’huile végétale |
| Application cutanée (peau sensible) | Diluée dans une huile végétale, après test cutané préalable | Dilution à 10 % dans l’huile végétale |
| Diffusion atmosphérique | En mélange avec d’autres huiles essentielles dans le diffuseur, jamais pure | Dilution à 20 % dans d’autres huiles essentielles, courtes sessions |
| Voie orale | Réservée à la prescription médicale | Selon avis médical uniquement |
Avant toute application cutanée, il est recommandé de réaliser un test de tolérance au creux du coude, à raison de deux gouttes diluées, et de surveiller la zone pendant au moins vingt-quatre heures.
Synergies recommandées
Huiles essentielles associées recommandées
- Tea tree, autre représentante de la famille des Myrtacées, pour renforcer l’action anti-infectieuse cutanée
- Litsée citronnée, également riche en citrals, pour prolonger l’effet calmant en diffusion
- Eucalyptus citronné, pour une synergie olfactive fraîche à visée apaisante
- Lavande fine, pour adoucir le profil olfactif et renforcer l’effet relaxant
- Ravintsara, en synergie hivernale à visée anti-infectieuse générale
Huiles végétales associées recommandées
- Huile végétale de noisette, pour les applications cutanées locales
- Huile végétale de jojoba, comme base de dilution pour peaux sensibles
- Huile végétale d’amande douce, pour les massages diluant l’huile essentielle
Précautions d’emploi
L’huile essentielle de Myrte citronné est riche en aldéhydes, des molécules connues pour leur caractère dermocaustique modéré : elle peut irriter la peau et les muqueuses en cas d’usage pur ou insuffisamment dilué, avec un risque accru d’action lacrymogène ou tussigène chez les personnes sensibles. Un test cutané préalable est recommandé avant toute application. Elle est fortement dosée en composants biochimiques reconnus comme allergènes, en particulier les citrals, ainsi que dans une moindre mesure le linalol et le géraniol. Les personnes asthmatiques doivent demander un avis médical avant toute utilisation. En diffusion, elle ne doit pas être diffusée pure et doit être diluée avec d’autres huiles essentielles, en particulier pour les personnes aux voies respiratoires sensibles. L’usage par voie orale est réservé à la prescription médicale. Comme pour toute huile essentielle, l’usage chez la femme enceinte ou allaitante et chez le jeune enfant doit faire l’objet d’un avis professionnel préalable.
Plus largement, les huiles essentielles riches en aldéhydes terpéniques ne présentent pas de toxicité systémique marquée aux doses usuelles, mais leur caractère irritant pour la peau et les muqueuses est bien documenté dans la littérature aromathérapeutique et justifie une dilution prudente, en particulier chez les personnes à peau réactive et chez les enfants, pour lesquels une dilution plus faible que pour un adulte à peau normale est recommandée. Cette prudence s’applique de façon générale à l’ensemble des huiles essentielles de cette famille biochimique, et pas uniquement au Myrte citronné.
Comme toute huile essentielle, le Myrte citronné doit être conservé à l’abri de la lumière et de la chaleur, flacon bien fermé, hors de portée des enfants, et tenu éloigné de toute flamme en raison de son caractère inflammable.
Composition biochimique
| Famille chimique / molécule | Proportion indicative |
|---|---|
| Citrals (néral et géranial) | 76 à 96 % |
| Linalol | 3 % maximum |
| Géraniol | 2 % maximum |
Cette dominante en aldéhydes citraliques, propre au chémotype de Leptospermum petersonii, explique à la fois l’intensité de son parfum citronné et la nécessité des précautions de dilution cutanée évoquées plus haut. Le néral et le géranial, les deux isomères regroupés sous le terme de citrals, constituent l’essentiel de cette fraction aldéhydique et sont également les molécules mises en avant dans les travaux de laboratoire portant sur l’activité antifongique de cette huile essentielle, présentés dans les références bibliographiques ci-dessous.
Références bibliographiques
Ouvrages
- Franchomme P., Pénoël D., Jollois R., L’aromathérapie exactement, Roger Jollois Éditeur.
- Baudoux D., Aromathérapie, Dunod.
Études scientifiques (PubMed)
- Hood J.R., Burton D., Wilkinson J.M., Cavanagh H.M.A., « Antifungal activity of Leptospermum petersonii oil volatiles against Aspergillus spp. in vitro and in vivo », Journal of Antimicrobial Chemotherapy, 2010 (étude in vitro et modèle murin). PMID 19952013
- Kim E., Park I.K., « Fumigant antifungal activity of Myrtaceae essential oils and constituents from Leptospermum petersonii against three Aspergillus species », Molecules, 2012 (étude in vitro). PMID 22945026
Foire aux questions
Quelle est la différence entre le Myrte citronné et le Backhousia citriodora ?
Le Myrte citronné de cette fiche est issu de Leptospermum petersonii, tandis que Backhousia citriodora est une autre espèce australienne de la famille des Myrtacées, parfois appelée elle aussi lemon myrtle en anglais. Les deux plantes n’appartiennent pas au même genre botanique et leurs profils de composition diffèrent : il est important de vérifier le nom latin exact indiqué sur le flacon avant tout usage.
Le Myrte citronné est-il apparenté au Manuka ?
Oui, les deux plantes appartiennent au même genre botanique, Leptospermum. Le Manuka correspond à l’espèce Leptospermum scoparium, tandis que le Myrte citronné correspond à Leptospermum petersonii. Leurs compositions biochimiques et leurs usages diffèrent néanmoins nettement, le Myrte citronné étant dominé par les citrals alors que le Manuka présente un profil différent.
Peut-on appliquer l’huile essentielle de Myrte citronné pure sur la peau ?
Non, cette huile essentielle est riche en aldéhydes et présente un caractère dermocaustique modéré. Elle doit toujours être diluée dans une huile végétale avant application cutanée, et un test de tolérance préalable est recommandé.
Le Myrte citronné peut-il être diffusé pur dans l’atmosphère ?
Il est préférable de ne pas la diffuser pure, en particulier pour les personnes aux voies respiratoires sensibles, mais de la diluer avec d’autres huiles essentielles dans le diffuseur.
Cette huile essentielle convient-elle aux personnes asthmatiques ?
Les personnes asthmatiques doivent demander un avis médical avant toute utilisation de l’huile essentielle de Myrte citronné, en raison de son caractère potentiellement irritant pour les voies respiratoires.
Le Myrte citronné a-t-il fait l’objet d’études scientifiques ?
Plusieurs études de laboratoire, réalisées in vitro et parfois complétées par un modèle animal, ont exploré l’activité antifongique de l’huile essentielle de Leptospermum petersonii, en particulier contre différentes espèces d’Aspergillus. Ces travaux, référencés en bibliographie, restent des données de laboratoire et ne remplacent pas un avis médical.