Cordyceps (Cordyceps sinensis)

Résumé : Le Cordyceps sinensis, surnommé « champignon chenille » en raison de son cycle de vie unique au sein d’une larve d’insecte, est un champignon historiquement réservé à la cour impériale chinoise, aujourd’hui cultivé pour être largement accessible. Il est particulièrement étudié pour son action sur l’énergie, l’endurance physique et la fonction respiratoire, ce qui en fait un champignon de référence pour les sportifs et les personnes en convalescence.

➤ Note : la mycothérapie relève du bien-être traditionnel et n’a pas vocation à se substituer à un traitement médical. Un avis médical reste nécessaire en cas de pathologie déclarée, de grossesse, d’allaitement, de traitement en cours ou avant toute automédication prolongée.

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Qu’est-ce que le Cordyceps ?

Cordyceps sinensis est un champignon entomopathogène qui se développe à partir d’une larve d’insecte qu’il colonise avant d’émerger sous forme de sporophore, d’où son nom chinois « dong chong xia cao », littéralement « ver d’hiver, herbe d’été ». Il se développe naturellement dans les prairies d’altitude de l’Himalaya et du plateau tibétain, à environ 5 000 mètres. Historiquement très rare et cher, il était réservé à l’empereur de Chine et à sa cour ; sa culture sur substrat, découverte plus récemment, permet aujourd’hui une production plus importante et moins dépendante de la récolte sauvage.

En médecine traditionnelle chinoise, le Cordyceps est considéré comme un champignon anti-âge qui stimule le rein, agit contre la sénilité et renforce le « jing-qi », l’énergie ancestrale. Il est également utilisé pour les troubles respiratoires, le poumon et le rein étant liés dans la théorie des cinq mouvements.

Bienfaits et propriétés

Propriétés principales

  1. Soutien de l’énergie et de l’endurance. Chez l’animal, des essais ont montré une augmentation de la résistance à la fatigue de jusqu’à 73 % après trois semaines de consommation, un effet attribué à la teneur en adénine du champignon. Chez des cyclistes de haut niveau, une étude de l’Université de Pavie a montré qu’une supplémentation en Cordyceps et en Reishi permettait de maintenir les niveaux de cortisol et de testostérone, contrairement au groupe placebo, suggérant un rôle dans la modulation du syndrome de surentraînement.
  2. Action cardiovasculaire et respiratoire. Une action de relaxation des parois vasculaires et de stimulation de la production d’oxyde nitrique est rapportée chez l’animal, avec un effet hypotenseur. Plusieurs études citées par les sources de mycothérapie indiquent également un effet stimulant de la fonction respiratoire chez des patients asthmatiques ou atteints de bronchite chronique, bien que ces données restent à confirmer par des essais contemporains de bonne qualité.
  3. Renforcement du système immunitaire. Une augmentation des leucocytes, en particulier des macrophages intestinaux, et des interleukines est rapportée, ainsi qu’une inhibition de l’activité de la transcriptase inverse dans des travaux in vitro liés au VIH.
  4. Protection rénale. Une diminution de la protéinurie et une amélioration de la clairance de la créatinine sont rapportées chez l’animal, de même qu’une réduction de la néphrotoxicité associée à un traitement prolongé par ciclosporine.
  5. Action cardiotonique. Une étude réalisée à l’école de médecine de Guangzhou aurait montré qu’une administration de 1,5 g par jour d’extrait aide à réguler les arythmies chez les patients traités, selon les sources de mycothérapie consultées ; cette donnée ancienne mériterait une vérification par des travaux plus récents.

Autres propriétés rapportées

  • Action hépatoprotectrice décrite dans le contexte de l’hépatite B et C, avec une diminution rapportée du tissu fibrotique lié à la cirrhose.
  • Action antioxydante par activation de la superoxyde dismutase et de la glutathion peroxydase.
  • Action hypoglycémiante rapportée.
  • Effet rapporté sur le niveau plasmatique de cortisol et de testostérone, associé à une augmentation de l’activité sexuelle dans des essais chez l’animal, probablement lié à une stimulation des glandes surrénales.

Utilisations pratiques

Le Cordyceps est particulièrement envisagé chez les sportifs en période d’entraînement intensif, les personnes en convalescence ou en état de fatigue chronique, ainsi qu’en soutien des fonctions respiratoires lors des efforts prolongés. Son profil en fait un champignon souvent cité en complément d’une récupération après une période de surentraînement.

Comment utiliser le Cordyceps ?

UsageFormeDosage indicatif
Soutien de l’énergie et de l’enduranceExtrait standardisé de mycélium (gélule végétale ou extrait liquide)Selon la concentration du produit utilisé, en cure de plusieurs semaines ; se référer à l’étiquetage du fabricant
Accompagnement respiratoire à l’effortExtrait standardiséCure de plusieurs semaines, en amont d’une période d’activité physique soutenue

À la différence de la plupart des autres champignons de mycothérapie, les extraits de Cordyceps sont le plus souvent obtenus à partir de la culture du mycélium plutôt que du corps fructifère, ce qui rend la standardisation du produit particulièrement importante à vérifier sur l’étiquetage.

Synergies recommandées

Autres champignons associés

  • Reishi, association étudiée chez des cyclistes de haut niveau pour la modulation du syndrome de surentraînement.

Précautions d’emploi

Un avis médical est recommandé en cas de traitement médicamenteux en cours, en particulier les traitements anticoagulants, ainsi qu’en cas de grossesse ou d’allaitement. Il est conseillé de suspendre la prise d’extraits de Cordyceps quelques jours avant une intervention chirurgicale ou une extraction dentaire. Le Cordyceps est déconseillé en cas d’allergie connue aux champignons et chez l’enfant de moins de 6 ans sans avis médical.

Composition et principes actifs

L’extrait de mycélium de Cordyceps contient environ 33 % de polysaccharides, dont 24,6 % de bêta-glucanes, environ 13 % d’acide cordycépique (D-mannitol), environ 1 % de cordycépine (nucléoside dérivé de la désoxyadénosine), ainsi que de l’ergostérol et divers stérols, selon les sources de mycothérapie consultées.

Références bibliographiques

Ouvrages

  • Mirre Gavalda, Juan Carlos ; Fernández de Ana Portela, Catalina. 12 champignons médicinaux. Hifas da Terra, 3e édition, 2016.
  • Hobbs, Christopher. Medicinal Mushrooms: An Exploration of Tradition, Healing, and Culture. Botanica Press.

Foire aux questions

Le Cordyceps est-il un dopant autorisé en compétition sportive ?

Le Cordyceps n’est pas une substance dopante au sens réglementaire, mais toute personne pratiquant un sport encadré par une fédération doit vérifier la composition exacte de l’extrait utilisé et se renseigner sur la réglementation antidopage applicable à sa discipline, certains extraits pouvant contenir des traces d’autres composés.

Le Cordyceps sinensis vendu dans le commerce est-il sauvage ?

Non, la quasi-totalité des extraits disponibles proviennent aujourd’hui d’une culture sur substrat, le Cordyceps sauvage étant devenu rare et très coûteux.

Le Cordyceps convient-il en cas de pathologie rénale ?

Certaines données animales rapportent un effet protecteur rénal, mais toute pathologie rénale déclarée nécessite un avis médical préalable avant toute prise de complément, y compris de mycothérapie.