Gemmothérapie : bourgeon de Myrtillier (Vaccinium myrtillus)
Résumé : Le bourgeon de myrtillier (Vaccinium myrtillus) est l’un des macérats de référence de la gemmothérapie pour la protection des petits vaisseaux sanguins, en particulier au niveau des yeux, des reins et des extrémités. La tradition en gemmothérapie lui associe également un rôle de soutien de la glycémie, ce qui en fait un macérat souvent cité en accompagnement du terrain diabétique, ainsi qu’une action apaisante sur la sphère digestive. Cette fiche technique détaille son origine botanique, ses usages traditionnels, sa posologie et ses précautions d’emploi.
➤ Note : la gemmothérapie relève du bien-être traditionnel et ne constitue pas un traitement médical. Un avis médical reste nécessaire en cas de pathologie, de grossesse, d’allaitement ou de traitement en cours.
Tout savoir sur le bourgeon de Myrtillier – Navigation rapide dans l’article
- Qu’est-ce que le bourgeon de Myrtillier ?
- Bienfaits et propriétés
- Utilisations pratiques
- Comment utiliser le bourgeon de Myrtillier ?
- Synergies recommandées
- Précautions d’emploi
- Composition et principes actifs
- Références bibliographiques
- Foire aux questions
Qu’est-ce que le bourgeon de Myrtillier ?
Le myrtillier (Vaccinium myrtillus) est un petit arbrisseau des sols acides et riches en silice, que l’on trouve en altitude, dans les tourbières et dans les landes acides, souvent au voisinage de l’airelle, du bouleau et du genévrier. Sa présence sur un terrain témoigne généralement d’un sol en voie de dégradation, qu’il contribue à protéger grâce à un réseau de tiges très ramifiées. Ses fruits, les myrtilles, sont traditionnellement utilisés en phytothérapie pour leurs atouts sur la vision et la sphère digestive, tandis que ses feuilles sont connues pour des vertus hypoglycémiantes. La gemmothérapie s’intéresse pour sa part aux jeunes pousses du myrtillier, récoltées fraîches, et non aux baies ou aux feuilles.
La gemmothérapie est une branche de la phytothérapie qui utilise les tissus embryonnaires des plantes, c’est-à-dire les bourgeons et jeunes pousses, plutôt que la feuille, la fleur ou le fruit de la plante adulte. Ces tissus en pleine croissance concentrent une diversité de composés (polyphénols, acides aminés, minéraux, hormones végétales de croissance) que l’on ne retrouve pas nécessairement avec la même intensité dans la plante mature. Cette approche a été formalisée au XXe siècle par le médecin belge Pol Henry sous le nom de thérapeutique par les extraits embryonnaires végétaux, puis diffusée plus largement sous le terme de « gemmothérapie ».
Les bourgeons de myrtillier sont récoltés au printemps, puis mis à macérer dans un mélange à parts égales d’eau, d’alcool et de glycérine végétale. Le produit obtenu, appelé macérat-mère (ou macérat « 0 DH »), est la forme non diluée du bourgeon, considérée comme la plus concentrée et la plus représentative du bourgeon frais. Certains laboratoires proposent également une version diluée au dixième, appelée « 1 DH » (DH signifiant dilution homéopathique) : le macérat-mère y est alors dilué dans un mélange d’alcool et de glycérine sans eau, ce qui impose de multiplier la posologie par dix pour obtenir un effet comparable. Laurine Pineau souligne que le macérat-mère, plus simple à doser et à utiliser, est aujourd’hui la forme la plus largement employée en gemmothérapie.
Bienfaits et propriétés
Propriétés principales
- Protection des petits vaisseaux sanguins et de la microcirculation. Le bourgeon de myrtillier est traditionnellement décrit comme renforçant la paroi des petits vaisseaux sanguins, ce qui leur permet de conserver leur tonicité et favorise une meilleure circulation dans ce réseau de très fins canaux. La tradition en gemmothérapie lui attribue également une action régulatrice sur la perméabilité vasculaire et une capacité à limiter l’agrégation des plaquettes, ce qui réduit le risque de formation de petits caillots dans les capillaires. Cette action toucherait en particulier les organes richement vascularisés par de petits vaisseaux : les yeux, les oreilles, le cerveau, les reins et les extrémités, où elle serait également utile contre les varicosités.
- Soutien traditionnel de la glycémie. Les feuilles de myrtillier sont connues de longue date pour leur action hypoglycémiante, favorisant l’assimilation et l’utilisation des sucres. En gemmothérapie, le bourgeon est traditionnellement associé à cette même sphère : il est rapporté comme protégeant le réseau vasculaire du pancréas, richement composé de petits vaisseaux, tout en participant à la régulation de la glycémie. Cette double action, sur le pancréas et sur la microcirculation, placerait le myrtillier parmi les macérats les plus souvent cités en accompagnement traditionnel du diabète, en particulier de type 2, où il est parfois associé au bourgeon de noyer. Un contrôle régulier de la glycémie reste nécessaire chez toute personne sous traitement hypoglycémiant, afin d’ajuster ce traitement si besoin avec un professionnel de santé.
- Accompagnement traditionnel de la santé oculaire. En dehors du contexte du diabète, le bourgeon de myrtillier est un des macérats les plus cités pour limiter la baisse de la vision, en particulier la vision nocturne. La tradition en gemmothérapie lui associe également un usage en accompagnement du glaucome, de la cataracte et de la dégénérescence maculaire, son action ne se limitant pas au seul réseau vasculaire de l’œil. Cette dimension oculaire, en lien avec la protection de la microcirculation rétinienne, fait l’objet d’un article dédié sur le tonus des yeux et le myrtillier, qui détaille plus largement cet usage traditionnel.
Autres bienfaits
- Soutien traditionnel de la sphère digestive : le macérat de bourgeon de myrtillier est rapporté comme calmant des inflammations digestives (brûlures d’estomac, ulcères, colites) et comme ayant une action anti-infectieuse et antidiarrhéique.
- Accompagnement traditionnel de la sphère urinaire, notamment en cas de cystite ou de calculs, cette sphère étant elle aussi irriguée par un réseau de petits vaisseaux.
Utilisations pratiques
Le bourgeon de myrtillier est traditionnellement associé aux situations suivantes :
- Accompagnement du terrain diabétique, en particulier de type 2, en soutien de la régulation de la glycémie et de la protection du réseau vasculaire souvent fragilisé par cette pathologie.
- Confort visuel au quotidien : fatigue oculaire, vision nocturne, accompagnement traditionnel du vieillissement de l’œil.
- Soutien de la microcirculation aux extrémités et prévention traditionnelle des varicosités.
- Confort digestif en cas d’inflammation de la muqueuse digestive (brûlures d’estomac, colites) ou de troubles diarrhéiques passagers.
- Cures saisonnières de terrain, en particulier chez les personnes présentant une fragilité vasculaire ou un déséquilibre glycémique.
Comment utiliser le bourgeon de Myrtillier ?
Le macérat-mère (0 DH) de bourgeon de myrtillier s’utilise par voie orale, en gouttes prises pures ou diluées dans un peu d’eau, de préférence en dehors des repas. Les sources de gemmothérapie consultées ne rapportent pas de posologie spécifique au myrtillier qui s’écarterait des usages généraux des macérats de bourgeons ; la posologie ci-dessous correspond donc à ces usages généraux et doit être adaptée progressivement, dans l’idéal avec l’avis d’un professionnel de santé ou d’un praticien formé à la gemmothérapie.
| Public | Posologie usuelle | Fréquence |
|---|---|---|
| Adulte | 5 à 10 gouttes par jour de macérat-mère | 1 à 3 prises par jour |
| Enfant (0 à 12 ans) | 1 goutte par année d’âge | 1 à 2 prises par jour, avis d’un professionnel de santé recommandé |
Une cure ponctuelle s’organise traditionnellement sur 21 jours. Pour un accompagnement de fond, comme celui d’un terrain diabétique ou d’une fragilité vasculaire installée, une cure plus longue peut être envisagée sur trois mois, à raison de trois semaines de prise suivies d’une semaine de pause, avec un dosage qui peut alors monter à 10-15, voire 20 gouttes par jour selon la tolérance. Comme pour tout macérat de bourgeons, il est conseillé de commencer par une dose minimale puis d’ajuster progressivement en fonction du ressenti.
Synergies recommandées
Autres bourgeons associés
- Bourgeon d’Amandier, traditionnellement cité en association avec le myrtillier pour revitaliser un réseau vasculaire rénal abîmé, notamment à la suite de pathologies rénales.
- Bourgeon d’Aulne glutineux, cité dans la même optique comme stimulant traditionnel de la reconstruction des petits vaisseaux sanguins, en complément du myrtillier.
- Bourgeon de Noyer, traditionnellement associé au myrtillier dans l’accompagnement du diabète de type 2, le noyer étant davantage tourné vers le fonctionnement du pancréas et la production d’insuline.
- Bourgeon de Châtaignier, traditionnellement décrit comme un draineur veino-lymphatique en cas de jambes lourdes ou de stase veineuse, en complément du myrtillier pour le soutien global du capital veineux.
Précautions d’emploi
- L’usage du bourgeon de myrtillier pendant la grossesse et l’allaitement est traditionnellement déconseillé ; l’avis d’un professionnel de santé est nécessaire avant toute utilisation dans cette situation.
- Par mesure de prudence, les sources de gemmothérapie consultées déconseillent également son usage chez les personnes ayant des antécédents de cancers hormono-dépendants.
- Un suivi médical est nécessaire chez toute personne suivant un traitement hypoglycémiant (notamment l’insuline) ou un traitement antiagrégant plaquettaire, la dose du traitement pouvant nécessiter un ajustement.
- Le macérat-mère traditionnel est obtenu dans un solvant contenant de l’alcool. Cette teneur impose une vigilance particulière chez la femme enceinte ou allaitante, chez l’enfant, ainsi que chez toute personne en situation de sevrage ou de vulnérabilité à l’égard de l’alcool.
- Le macérat doit être conservé au réfrigérateur, à l’abri de la lumière, flacon bien refermé ; ainsi conservé, il se garde généralement de trois à six mois.
- Comme pour tout complément traditionnel, cette utilisation ne remplace ni un diagnostic ni un traitement médical prescrit par un professionnel de santé.
Composition et principes actifs
La littérature scientifique publiée sur le macérat de bourgeon de myrtillier reste limitée à ce jour ; les propriétés décrites ci-dessus s’appuient principalement sur les ouvrages de référence en gemmothérapie. La composition phytochimique documentée de Vaccinium myrtillus concerne très majoritairement le fruit (la myrtille) et, dans une moindre mesure, la feuille, qui ont fait l’objet de nombreux travaux scientifiques : le fruit est notamment reconnu comme une source importante d’anthocyanosides, des pigments antioxydants auxquels sont attribuées les propriétés vasculaires et oculaires les plus étudiées, tandis que la feuille est étudiée pour ses composés à action hypoglycémiante. La tradition en gemmothérapie rapproche les jeunes pousses de ces propriétés, sans que la composition exacte du macérat de bourgeon soit documentée avec la même précision.
Références bibliographiques
Ouvrages
- Henry, Pol. Gemmothérapie : thérapeutique par les extraits embryonnaires végétaux. Westerlo : Imprimerie Saint-Norbert, 1982.
- Pineau, L. Le grand livre de la gemmothérapie. Éditions Leduc.
- Tétau, M., Scimeca, D. Rajeunir nos tissus avec les bourgeons : guide pratique de gemmothérapie familiale. Paris : Guy Trédaniel éditeur, 2011.
- Boistard, Stéphane. Gemmothérapie : les bourgeons au service de la santé, guide pratique et familial. Éditions Terran.
Études scientifiques (PubMed)
- Tomczyk M, Dżugan M. Bioactive Compounds and Therapeutic Potential of Plant Buds: Current Evidence and Future Perspectives of Gemmotherapy. Molecules. 2026;31(10):1559. Revue générale sur les macérats de bourgeons en gemmothérapie ; ne porte pas spécifiquement sur le myrtillier. PMID : 42197114.
Foire aux questions
Le bourgeon de myrtillier est-il utile pour les yeux ?
La tradition en gemmothérapie rapporte une action du bourgeon de myrtillier sur la microcirculation oculaire, notamment pour la vision nocturne et en accompagnement du vieillissement de l’œil. Il ne s’agit pas d’un traitement médical validé par des essais cliniques randomisés sur le bourgeon lui-même, mais d’un usage traditionnel consolidé par la pratique en gemmothérapie.
Le bourgeon de myrtillier convient-il en cas de diabète ?
Il est l’un des macérats les plus cités en accompagnement traditionnel du terrain diabétique, en particulier de type 2, souvent associé au bourgeon de noyer. Toute personne diabétique, en particulier sous traitement hypoglycémiant ou insuline, doit néanmoins conserver un suivi médical régulier et ne pas modifier son traitement sans avis professionnel.
Quelle est la différence entre le macérat-mère et le macérat dilué à 1 DH ?
Le macérat-mère, aussi appelé « 0 DH », est la forme non diluée obtenue directement par macération des bourgeons frais. Le macérat à 1 DH correspond à une dilution supplémentaire au dixième dans un mélange d’alcool et de glycérine, ce qui implique une posologie environ dix fois plus élevée en gouttes.
Le bourgeon de myrtillier convient-il pendant la grossesse ?
Son usage est traditionnellement déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement. Un avis médical préalable est nécessaire dans ces deux situations.
Le macérat de myrtillier est-il fait à partir des baies de myrtille ?
Non. La gemmothérapie utilise exclusivement les jeunes pousses (bourgeons) du myrtillier récoltées fraîches au printemps, et non les baies ni les feuilles de la plante adulte, qui relèvent d’autres usages en phytothérapie.
Le bourgeon de myrtillier remplace-t-il un traitement médical du diabète ou d’une pathologie oculaire ?
Non. Le bourgeon de myrtillier s’inscrit dans une démarche de bien-être traditionnel et d’accompagnement du terrain vasculaire, glycémique et oculaire. Il ne se substitue pas à un diagnostic ni à un traitement médical prescrit pour une pathologie du même ordre.