Gemmothérapie : bourgeon d’Olivier (Olea europaea)
Résumé : Le bourgeon d’olivier (Olea europaea) est l’un des macérats de référence de la gemmothérapie pour la sphère cardiovasculaire et le métabolisme des graisses. La tradition qui s’est construite autour de ce bourgeon, notamment à travers les travaux du docteur Pol Henry, lui attribue une action favorable sur le cholestérol, la protection des vaisseaux sanguins, la tension artérielle et la mémoire, en particulier chez les personnes avançant en âge. Il est également rapporté, de façon traditionnelle, comme utile en accompagnement de la glycémie et de certains troubles nerveux comme les phobies. Cette fiche technique détaille son origine, ses usages traditionnels, sa posologie et ses précautions d’emploi.
➤ Note : la gemmothérapie relève du bien-être traditionnel et ne constitue pas un traitement médical. Un avis médical reste nécessaire en cas de pathologie, de grossesse, d’allaitement ou de traitement en cours.
Tout savoir sur le bourgeon d’Olivier – Navigation rapide dans l’article
- Qu’est-ce que le bourgeon d’Olivier ?
- Bienfaits et propriétés
- Utilisations pratiques
- Comment utiliser le bourgeon d’Olivier ?
- Synergies recommandées
- Précautions d’emploi
- Composition et principes actifs
- Références bibliographiques
- Foire aux questions
Qu’est-ce que le bourgeon d’Olivier ?
L’olivier (Olea europaea) est un arbre de la famille des Oléacées, originaire du pourtour méditerranéen et du Proche-Orient. Il s’est parfaitement adapté aux sols secs et aux expositions chaudes, grâce à un système racinaire puissant capable de capter l’eau même en période de sécheresse prolongée. Sa longévité exceptionnelle, sa capacité à repartir depuis la souche lorsque le tronc principal dépérit, et sa résistance aux conditions difficiles en ont fait, depuis l’Antiquité, un symbole de force et de continuité dans de nombreuses cultures méditerranéennes.
La gemmothérapie est une branche de la phytothérapie qui s’intéresse aux tissus embryonnaires des plantes, c’est-à-dire aux bourgeons et jeunes pousses, plutôt qu’à la feuille, la fleur ou le fruit de la plante adulte. Ces tissus en pleine croissance concentrent une diversité de composés (polyphénols, acides aminés, vitamines, oligo-éléments) qui évoluent ou disparaissent partiellement une fois le tissu arrivé à maturité. Cette approche a été formalisée au XXe siècle par le médecin belge Pol Henry, qui en a posé les bases cliniques et biologiques sous le nom de thérapeutique par les extraits embryonnaires végétaux.
Pour le bourgeon d’olivier, les jeunes pousses sont récoltées au printemps puis mises à macérer dans un mélange d’eau, d’alcool et de glycérine végétale. Le résultat de cette macération, appelé macérat-mère (ou macérat « 0 DH »), constitue la forme non diluée du bourgeon : c’est la préparation la plus concentrée et la plus représentative du tissu frais. Certains laboratoires proposent aussi une version diluée au dixième, dite « 1 DH » (DH signifiant dilution homéopathique), obtenue en diluant le macérat-mère dans un mélange d’alcool et de glycérine sans eau. Cette dilution impose de multiplier la posologie par dix pour obtenir un effet jugé comparable à celui du macérat-mère.
Bienfaits et propriétés
Propriétés principales
- Soutien traditionnel du métabolisme des lipides et du cholestérol. Le bourgeon d’olivier est traditionnellement rapporté comme favorisant une meilleure utilisation des corps gras par l’organisme, ceux-ci étant alors moins stockés et mieux redirigés vers les organes qui en ont besoin (fabrication d’hormones, souplesse tissulaire, fonctionnement cérébral). Laurine Pineau indique dans son ouvrage de référence que ce bourgeon contribuerait à faire diminuer le taux de cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) et de triglycérides, tout en favorisant, en conséquence, une meilleure proportion de cholestérol HDL. Cette action sur les graisses circulantes est au cœur de la plupart des usages traditionnels attribués à ce bourgeon.
- Soutien traditionnel de la sphère cardiovasculaire. Au-delà de son action sur les lipides, l’olivier est décrit dans la tradition gemmothérapique comme un protecteur des tissus sanguins, capable de ralentir le durcissement et la sclérose des parois vasculaires liés à l’âge ou à un excès de cholestérol circulant. Le docteur Pol Henry, considéré comme le fondateur de la gemmothérapie, le classait déjà parmi les macérats indiqués en cas d’athérosclérose. Il est également rapporté comme un hypotenseur d’action progressive, particulièrement pertinent lorsque la tension artérielle élevée est associée à une surcharge en cholestérol ou à un mauvais état général des artères, plutôt qu’à une origine purement nerveuse.
- Soutien traditionnel de la mémoire et du fonctionnement cérébral. Une meilleure assimilation des corps gras profite directement au cerveau, dont la gaine de myéline qui entoure les neurones et permet la transmission de l’influx nerveux est composée en grande partie de lipides. La tradition en gemmothérapie attribue ainsi à l’olivier un rôle dans le soutien de la mémoire et de l’activité cérébrale, en particulier chez les personnes âgées ou présentant un taux de cholestérol élevé associé à des difficultés de concentration ou des pertes de mémoire. Le bourgeon est aussi cité, en synergie avec le figuier, pour les douleurs d’origine nerveuse comme la névralgie faciale.
- Soutien traditionnel de la régulation de la glycémie. L’olivier est traditionnellement utilisé en accompagnement du diabète de type 2 non insulino-dépendant, en association avec d’autres bourgeons comme le noyer ou le myrtillier pour une action plus complète sur le métabolisme du sucre et la protection vasculaire, cette dernière étant particulièrement recherchée chez la personne diabétique.
Autres bienfaits
- Régulation nerveuse traditionnelle en cas de phobies ou de troubles obsessionnels, une action souvent rapprochée de celle du bourgeon d’amandier.
- Soutien traditionnel de la fonction hépatique en cas d’insuffisance légère du foie, en lien avec son action générale sur le métabolisme des graisses.
- Effet traditionnellement décrit comme calmant et équilibrant sur le plan physique et mental.
Utilisations pratiques
Le bourgeon d’olivier est traditionnellement associé aux situations suivantes :
- Excès de cholestérol ou de triglycérides, notamment lorsqu’ils s’accompagnent d’un risque de dépôts sur les parois artérielles.
- Soutien du terrain cardiovasculaire chez la personne vieillissante, en particulier en cas de durcissement des artères.
- Tension artérielle élevée liée à une surcharge en cholestérol plutôt qu’à une cause nerveuse.
- Baisse de mémoire, difficultés de concentration ou vieillissement cérébral, notamment chez la personne âgée.
- Accompagnement traditionnel du diabète de type 2, en synergie avec d’autres bourgeons ciblant la glycémie.
- Phobies, troubles obsessionnels ou douleurs nerveuses comme la névralgie faciale, en synergie avec d’autres bourgeons du système nerveux.
Comment utiliser le bourgeon d’Olivier ?
Le macérat-mère (0 DH) de bourgeon d’olivier s’utilise par voie orale, en gouttes prises sous la langue ou diluées dans un peu d’eau, de préférence en dehors des repas. La posologie ci-dessous correspond aux usages traditionnellement rapportés par les sources de gemmothérapie ; elle doit être adaptée progressivement et, dans l’idéal, confirmée par un professionnel de santé ou un praticien formé à la gemmothérapie.
| Public | Posologie usuelle | Fréquence |
|---|---|---|
| Adulte | 5 à 15 gouttes par jour de macérat-mère | 1 à 3 prises, de préférence le matin et la mi-journée |
| Enfant | 1 goutte par année d’âge | 1 à 2 prises par jour, avis d’un professionnel de santé recommandé |
La cure classique s’organise traditionnellement sur trois semaines de prise par mois, ce cycle pouvant être reconduit sur plusieurs mois selon le besoin, notamment dans le cadre d’un accompagnement de fond du terrain cardiovasculaire. Comme pour tout macérat de bourgeons, il est conseillé de commencer par une dose minimale puis d’ajuster progressivement en fonction de la tolérance et des résultats observés.
Synergies recommandées
Autres bourgeons associés
- Bourgeon d’Amandier, traditionnellement associé à l’olivier pour son action complémentaire sur le cholestérol, les plaques d’athérome et la mémoire, en particulier chez la personne âgée.
- Bourgeon d’Aubépine, cité en association avec l’olivier en cas d’hypertension, notamment lorsque l’anxiété ou le stress viennent renforcer une tension déjà élevée par la surcharge en cholestérol.
- Bourgeon de Figuier, traditionnellement associé à l’olivier dans le soutien de la circulation cérébrale et pour les douleurs nerveuses comme la névralgie faciale.
- Bourgeon de Noyer, cité comme complément traditionnel de l’olivier dans l’accompagnement du diabète de type 2, en particulier pour son action sur le pancréas.
- Bourgeon de Genévrier, traditionnellement associé à l’olivier en cas d’hypertension lorsqu’un travail de drainage hépatorénal est également recherché.
Précautions d’emploi
- Un suivi médical est traditionnellement recommandé en cas de prise d’un traitement fluidifiant sanguin, le bourgeon d’olivier étant lui-même rapporté comme exerçant une action fluidifiante sur le sang.
- L’action hypotensive traditionnellement décrite pour ce bourgeon justifie une vigilance particulière chez les personnes suivant un traitement antihypertenseur : un avis médical est nécessaire pour éviter un cumul d’effets sur la tension artérielle.
- L’action traditionnellement rapportée sur la régulation de la glycémie justifie la même vigilance chez les personnes suivant un traitement antidiabétique, afin d’éviter tout cumul d’effets sur le taux de sucre sanguin.
- Le macérat-mère traditionnel est obtenu dans un solvant contenant de l’alcool. Cette teneur impose une vigilance particulière chez la femme enceinte ou allaitante, chez l’enfant, ainsi que chez toute personne en situation de sevrage ou de vulnérabilité à l’égard de l’alcool.
- Le macérat doit être conservé à l’abri de la lumière et de la chaleur, flacon bien refermé, conformément aux recommandations usuelles pour ce type de préparation.
- Comme pour tout complément traditionnel, cette utilisation ne remplace ni un diagnostic ni un traitement médical prescrit par un professionnel de santé, en particulier dans le cadre d’une pathologie cardiovasculaire ou d’un diabète déjà diagnostiqué.
Composition et principes actifs
La composition phytochimique du bourgeon d’olivier lui-même a fait l’objet d’une analyse publiée en 2023 dans la revue scientifique Antioxidants. Cette étude a recensé, dans l’extrait de jeunes pousses d’olivier obtenu selon les principes de la gemmothérapie, quarante-deux composés bioactifs répartis en plusieurs familles : acides aminés, vitamines, polyphénols, flavonoïdes, coumarines, alcaloïdes, iridoïdes, acides carboxyliques, lignanes et terpénoïdes. Les iridoïdes forment une famille de composés végétaux à laquelle appartient l’oléuropéine, la molécule la plus étudiée et la plus caractéristique de la feuille d’olivier en phytothérapie ; sa présence exacte et sa concentration dans le bourgeon n’ont toutefois pas été quantifiées avec la même précision que dans la feuille.
La littérature scientifique publiée sur le macérat de bourgeon d’olivier reste limitée à ce jour ; les propriétés décrites dans cette fiche s’appuient donc principalement sur les ouvrages de référence en gemmothérapie, notamment ceux de Pol Henry, Laurine Pineau et Stéphane Boistard.
Références bibliographiques
Ouvrages
- Henry, Pol. Gemmothérapie : thérapeutique par les extraits embryonnaires végétaux. Westerlo : Imprimerie Saint-Norbert, 1982.
- Pineau, L., Le grand livre de la gemmothérapie, Éditions Leduc.
- Boistard, Stéphane. Gemmothérapie : les bourgeons au service de la santé, guide pratique et familial. Éditions Terran.
Études scientifiques (PubMed)
- Aleya A, Mihok E, Pecsenye B, et al. Phytoconstituent Profiles Associated with Relevant Antioxidant Potential and Variable Nutritive Effects of the Olive, Sweet Almond, and Black Mulberry Gemmotherapy Extracts. Antioxidants (Basel). 2023;12(9):1717. Étude portant directement sur l’extrait de bourgeon (jeunes pousses) d’olivier obtenu selon les principes de la gemmothérapie, analysant son profil phytochimique et son potentiel antioxydant sur un modèle translationnel animal ; il ne s’agit pas d’une étude clinique chez l’humain. PMID : 37760021.
- Héjja M, Mihok E, Alaya A, et al. Specific Antimicrobial Activities Revealed by Comparative Evaluation of Selected Gemmotherapy Extracts. Antibiotics (Basel). 2024;13(2):181. Étude in vitro évaluant l’activité antimicrobienne de plusieurs extraits de bourgeons de gemmothérapie, dont celui d’olivier, sur diverses souches bactériennes ; résultats obtenus en laboratoire, non transposables directement à un usage thérapeutique chez l’humain. PMID : 38391567.
- Tomczyk M, Dżugan M. Bioactive Compounds and Therapeutic Potential of Plant Buds: Current Evidence and Future Perspectives of Gemmotherapy. Molecules. 2026;31(10):1559. Revue générale sur les macérats de bourgeons en gemmothérapie, qui souligne le caractère encore limité des preuves cliniques disponibles pour cette famille de préparations, olivier compris. PMID : 42197114.
Foire aux questions
Le bourgeon d’olivier est-il efficace contre le cholestérol ?
La tradition en gemmothérapie, en particulier les travaux de Pol Henry, de Laurine Pineau et de Stéphane Boistard, rapporte une action du bourgeon d’olivier sur la baisse du cholestérol LDL et des triglycérides. Il ne s’agit pas d’un traitement médical validé par des essais cliniques randomisés portant sur le bourgeon lui-même, mais d’un usage traditionnel consolidé par la pratique en gemmothérapie.
Peut-on associer le bourgeon d’olivier à un traitement pour la tension ou le diabète ?
Le bourgeon d’olivier est traditionnellement décrit comme hypotenseur et comme régulateur de la glycémie. En cas de traitement antihypertenseur ou antidiabétique en cours, un avis médical préalable est nécessaire afin d’éviter tout cumul d’effets et d’adapter, le cas échéant, le suivi du traitement.
Quelle est la différence entre le bourgeon d’olivier et la feuille d’olivier utilisée en phytothérapie ?
La feuille d’olivier, riche notamment en oléuropéine, est un tissu distinct du bourgeon et fait l’objet, de son côté, de nombreux travaux scientifiques. Le bourgeon, utilisé en gemmothérapie, provient du tissu embryonnaire de la jeune pousse : ses propriétés reposent principalement sur l’usage traditionnel transmis par les ouvrages de référence en gemmothérapie plutôt que sur des études menées sur le bourgeon lui-même.
Quelle est la différence entre le macérat-mère et le macérat dilué à 1 DH ?
Le macérat-mère, aussi appelé « 0 DH », est la forme non diluée obtenue directement par macération des bourgeons frais. Le macérat à 1 DH correspond à une dilution supplémentaire au dixième dans un mélange d’alcool et de glycérine, ce qui implique une posologie environ dix fois plus élevée en gouttes pour un effet jugé comparable.
Le bourgeon d’olivier convient-il aux personnes âgées ?
Il fait partie des bourgeons traditionnellement les plus cités pour accompagner le vieillissement du système cardiovasculaire et de la mémoire, ce qui en fait un macérat fréquemment évoqué chez les personnes avançant en âge. Un avis médical reste toutefois recommandé en cas de traitement en cours, notamment pour la tension, la glycémie ou la fluidité sanguine.
Le bourgeon d’olivier remplace-t-il un traitement médical ?
Non. Le bourgeon d’olivier s’inscrit dans une démarche de bien-être traditionnel et d’accompagnement du terrain cardiovasculaire et métabolique. Il ne se substitue pas à un diagnostic ni à un traitement médical prescrit pour une pathologie cardiovasculaire, un diabète ou tout autre trouble établi.